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Début de campagne mouvementé en Kabylie

Le pire a été évité
 
La ville qui a connu une matinée ordinaire a brusquement basculé dans la violence quand des groupes de jeunes, scandant les slogans des archs, commencèrent à se rassembler.
samedi 20 mars 2004.

C’est dans un climat des plus tendus et une ambiance électrique qu’a débuté, jeudi dernier, la campagne électorale à Tizi Ouzou, où les archs et le RCD, qui se disputaient le terrain depuis déjà quelque temps, ont organisé, chacun de son côté, des activités pour marquer le coup d’envoi de cette campagne.

La ville de Tizi Ouzou qui donnait, dans la matinée, l’apparence plutôt d’une journée des plus ordinaires, n’a pas tardé à être paralysée, notamment au centre-ville. Vers 10h, lorsque des groupuscules de jeunes, scandant des slogans des archs, commençaient à se former, puis à se diriger, sous le regard d’un impressionnant dispositif sécuritaire, vers le centre-ville, où le meeting des archs devait avoir lieu, les commerçants, inquiets quant à d’éventuels affrontements, baisseront tous rideau. Les services d’ordre, voulant éviter tout risque de dérapage, ne tarderont pas à intervenir pour disperser la foule qui se rabattra ensuite sur le quartier des Genêts, où se tiendra finalement le meeting. Quelque temps avant le début du meeting, la tension commençait à s’exacerber, notamment lorsque les militants du RCD, après une réunion tenue au siège du Bâtiment bleu, sortirent spontanément dans la rue pour initier une marche vers le centre-ville en scandant “Sadi Président”.

L’affrontement évité miraculeusement, lors de cette marche, a fini par avoir lieu à la fin du meeting, mais cette fois, entre les services d’ordre et les archs qui ont voulu à leur tour organiser une marche vers le centre-ville. Le dispositif de sécurité placé non loin du siège du RCD est intervenu pour disperser cette foule et éviter tout dérapage même si la police a effectué quelques interpellations. Toutefois, si cette grève lancée pour démontrer l’adhésion de la population à l’option de rejet des élections peut être considérée comme réussie au chef-lieu de la wilaya, dans la plupart des autres localités de la région, le mot d’ordre de grève n’a pas été suivi. Hormis Tizi Rached, Beni Douala, Mekla, Fréha et partiellement Azazga et Tizi Ghenif où une certaine adhésion a été constatée, dans les autres daïras, à l’instar de Larbaâ Nath Irathen, Aïn El-Hammam, Bouzeguène, Tigzirt, Draâ Ben Khedda, Ouacifs, Draâ El-Mizan et Boghni aucun signe de grève n’a été signalé. Les édifices publics et les commerces ont tous ouvert leurs portes dans ces localités.

Samir Leslous

Fréha

Le siège du RCD incendié

Le siège du conseil communal du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) de Fréha, daïra d’Azazga, a été incendié dans la nuit de mercredi à jeudi. Les pyromanes ont déversé de l’essence devant le portail d’entrée avant de mettre le feu au siège situé à quelques mètres du siège de l’APC. Du mobilier, des documents et le téléphone ont été ravagés par les flammes. Le RCD dénonce vigoureusement ce saccage. “C’est un acte terroriste commis en cachette, et de nuit”, réagit M. Aggoun, président du bureau régional du RCD. “Nous connaissons les commanditaires de cet acte criminel et lâche ; il s’agit de ceux qui veulent empêcher Saïd Sadi de mener campagne en Kabylie”, ajoute notre interlocuteur. Une plainte sera déposée aujourd’hui.

Y. A.

Le RCD réagit aux attaques contre ses sièges à El-Kseur et Sidi-Aïch

“Nous n’avons pas peur”

Suite aux incidents qui ont émaillé le premier jour de la campagne en Kabylie, le bureau régional du RCD a rendu publique une déclaration dans laquelle il s’en prend de façon virulente aux partisans de l’aile dialoguiste. “Pour ce premier jour de campagne électoral, le bureau de Tizi Ouzou du candidat Saïd Sadi a choisi de réunir ses militants et ses sympathisants au chef-lieu de wilaya”, lit-on dans cette déclaration qui indique que “ce grand rassemblement, très vite transformé en marche grandiose et qui rendit à la grande rue de Tizi Ouzou son image d’antan, s’est achevé par un meeting populaire, face à la place de la vieille mairie.”

Le bureau régional de Tizi Ouzou note que “c’est le même jour que les sous-traitants d’Ouyahia ont choisi pour appeler à une grève générale et à un meeting. Et ce jour-là, la population a choisi de venir massivement assister au rassemblement du RCD. La fermeture des commerçants de la grande rue serait le fait de menaces de la part de jeunes exhibant des armes blanches”, ajoute la déclaration qui précise que “le reste de la wilaya, y compris l’université, a normalement vaqué à ses occupations”. Selon les signataires de la déclaration, le meeting auquel a appelé les partisans de Belaïd Abrika “n’a pas pu se tenir à la grande place parce qu’il n’y avait pas foule, il a eu finalement lieu devant la cage d’escalier du bâtiment où réside ce dernier avec un groupe d’adolescents chauffés à blanc et à dessein”.

Le bureau du RCD dénonce le discours tenu au cours de ce rassemblement où le RCD et son président sont attaqués, “accusés de tous les maux, y compris d’être les commanditaires des 124 martyrs du Printemps noir, disculpant ainsi toute honte bue le trio Bouteflika-Ouyahia-Zerhouni.” Pour le RCD de Tizi Ouzou, “cet énième échec de Abrika et consorts confirme une fois de plus la maturité de la population kabyle et son rejet de l’aventurisme politique”. Par ailleurs, la Coordination des daïras, archs et communes de Tizi Ouzou, la CICB de Béjaïa, la CADC de Boumerdès et la Coordination des communes de Bouira ont rendu publique une autre déclaration dans laquelle elles fustigent les menaces brandies contre les commerçants de Tizi Ouzou pour les obliger à baisser rideau jeudi dernier. “La bande d’Ouyahia a fait une fois de plus parler d’elle, à l’occasion de la campagne électorale, s’étant aperçue que la population de Kabylie s’apprête à voter massivement”. Par ailleurs, à Béjaïa, mécontents de la mobilisation des sympathisants et militants en faveur de l’élection et du refus qui leur a été infligé par la population pour l’organisation d’un meeting à la place Gueydon, “ces pyromanes, comme des bêtes blessées, s’en sont pris au siège d’un parti politique à Sidi-Aïch et à El-Kseur par le biais de jeunes adolescents qu’ils ont manipulés”. Ces incidents ont contraint les présidences tournantes de Béjaïa, Tizi Ouzou Bouira et Boumerdès à se réunir pour “dénoncer ces pratiques fascistes”.

R. N.

Les archs dialoguistes NE ciblent que Sadi et Benflis Sabotages à El-Kseur, Sidi-Aïch et Amizour Dans la journée de jeudi dernier, un groupe de jeunes s’est déchaîné sur le siège communal du RCD dans le centre ville de Sidi-Aïch, quelques minutes seulement après la fin du meeting organisé la matinée sur l’esplanade de l’APC. Selon les témoignages de citoyens de la région, les assaillants qui auraient agi sur ordre de certains délégués locaux connus pour être des “exclus” du RCD, ont saccagé tout le mobilier et autres documents s’y trouvant, sans qu’ils s’inquiètent d’une éventuelle réaction des services de sécurité. Ces derniers ont fait preuve d’une passivité inexplicable, puisque le siège de la sûreté de daïra est situé non loin du bureau communal du RCD.

A El-Kseur, la permanence électorale du candidat Ali Benflis et le siège communal de la formation de Saïd Sadi ont connu le même sort durant cette première journée de la campagne électorale. C’est le même scénario que celui de Sidi- Aïch, puisque ces deux actes de sabotage perpétrés à El-Kseur, ont eu lieu après le meeting qu’a animé Ali Gherbi et ses compagnons sur la placette de la mairie. Il y a lieu de préciser que le mot d’ordre de grève générale décrété par les comités des archs d’El-Kseur et de Sidi-Aïch n’a pas eu l’écho escompté, notamment durant la matinée de ce jeudi, c’est à dire avant le recours aux actions de violence. Par ailleurs, à Amizour, c’est le magasin d’un enseignant qui a fait les frais d’une attaque d’un groupe de jeune manifestants.

Kamel Ouhnia

Bouira

Le meeting antivote empêché

La première action entrant dans le cadre du rejet des élections tentée, jeudi dernier, par les membres de la CCWB, prônant le boycott, a été sévèrement empêchée par les services de sécurité au niveau de la place des martyrs de Bouira. Le meeting, qui devait se tenir à 10h, n’a pas eu lieu en raison de l’impressionnante présence de policiers sur les lieux pour dissuader ceux qui étaient venus écouter les représentants des localités de Takerboust, Taghzout, Aït Laâziz, Ath-Mansour et El-Esnem. Et c’est au moment où quelques jeunes chauffés scandant “Ulac el vote ulac” ont mis le cap sur la salle Errich, où se tenait le meeting de Benflis, que les services d’ordre sont entrés en action, en chargeant les jeunes manifestants avant de les embarquer en compagnie des délégués du mouvement.

Ces derniers ont été relâchés en fin de journée. “Parmi les manifestants interpellés, certains ont été sérieusement tabassés par les policiers à l’intérieur du commissariat”, soulignent les délégués de la CCWB, rencontrés dans la soirée de jeudi dernier.

R.H

MEETING DE LA CADC À TIZI OUZOU

Abrika : “Le combat des archs continue !”

Malgré l’interdiction du meeting de la CADC, prévu jeudi dernier au centre-ville de Tizi Ouzou, les archs ont fini par tenir leur rassemblement dans leur fief habituel des “Genêts”. À l’occasion, plusieurs délégués se sont succédé à la tribune improvisée pour fustiger le pouvoir et exiger, une fois de plus, la satisfaction pleine et entière de la plate-forme de revendications d’El-Kseur et la reconnaissance de tamazight comme langue officielle. Intervenant en dernier, Belaïd Abrika devait notamment rappeler que “la plate-forme d’El-Kseur est un véritable projet de société” et dénoncer par là-même le dernier communiqué du Chef du gouvernement appelant à la reprise du dialogue. “C’est une nouvelle manœuvre du pouvoir dans la mesure où nous n’avons reçu aucune invitation. Pis, d’un côté, on nous invite à reprendre le dialogue alors que de l’autre côté, la répression s’est encore abattue sur le mouvement puisque l’on nous a interdit de nous exprimer sur la place publique et que de nombreux de nos délégués ont été bastonnés et interpellés par la police”, lancera Abrika. Concernant la principale revendication qui a fait capoter le dialogue archs-gouvernement, Abrika dira : “Nous exigeons le statut de langue officielle pour tamazight et nous refusons tout référendum sur cette question. Si vote il y a, c’est uniquement pour exiger le départ d’un pouvoir qui a ruiné le pays”, ajoutera-t-il. “Une chose est sûre, nous n’avons pas peur et nous continuerons notre combat jusqu’à la satisfaction de la plate-forme d’El-Kseur”, conclut Belaïd Abrika qui affirmera, à l’occasion, que “la CADC s’opposera énergiquement à la visite de Bouteflika en Kabylie”.

M. Hocine

Le parti est la seule victime des agressions des dialoguistes

Le RCD casse le mur de la peur

Les responsables de la formation de Sadi ont décidé de riposter par des “actions fortes” Campagne électorale sous tension en Kabylie. Si les archs dialoguistes ont appelé à une grève générale qui a été d’ailleurs peu suivie, les représentants des candidats ont réuni leurs troupes sans doute pour affûter leurs armes. Les partisans du président-candidat ont organisé un regroupement, jeudi dernier, pour peaufiner leur stratégie de campagne. Trois commissions ont été installées par le directeur de campagne de Tizi Ouzou, Mustapha Slimani. Il s’agit de la commission communication et information présidée par M. Mouazer, représentant du RND, la commission meetings et activités que dirige un militant du MSP, M. Mazouni en l’occurrence, et la commission moyens et finances chapeautée par le mouhafadh “redresseur” Saïd Naït Sidi Ahmed Saïd. Le comité de campagne de Bouteflika entamera ses activités officiellement, lundi prochain, à Draâ El-Mizan, où un meeting populaire sera animé par des membres du directoire de campagne. Mais même si Slimani a été installé par Abdelmalek Sellal, beaucoup parmi les comités de soutien à Bouteflika contestent ce choix qui n’est pas, à leurs yeux, judicieux.

Le PT et AHD 54 n’ont pas encore entamé leur campagne qui sera marquée par des actions de proximité à partir de cette semaine. Le comité de campagne d’Ali Benflis a entamé ses meetings sur les chapeaux de roues. Hier, le fédéral du FLN, Akli Arbouche, a animé deux meetings à Larbaâ Nath-Irathen et à Sidi Naâmane sans qu’il en soit empêché par les “délégués dialoguistes” qui semblent s’occuper uniquement du RCD.

La preuve, tout le monde mène campagne en Kabylie sans être inquiété. Exemple : Abou Djerra Soltani a organisé son meeting à Tizi Ouzou, Benflis a fait la même chose à Bouira et de même Ouyahia a eu son meeting dans la ville des Hammadites. De plus, des ministres “redresseurs” ont eu tout le loisir de se pavaner dans les rues de la Kabylie sans que les archs “dialoguistes” bougent le petit doigt. Ces derniers ne se gênent pas, par contre, à empêcher les activités du RCD, y compris par la violence. Dans la nuit de mercredi à jeudi, le siège du parti de Saïd Sadi à Fréha a été incendié.

L’objectif du rejet de l’élection présidentielle se précise chaque jour davantage.

C’est d’ailleurs pourquoi le RCD a décidé de riposter par des actions musclées. jeudi dernier, lors de l’assemblée générale, les responsables de la formation de Sadi ont eu du mal à dissuader les militants décidés, visiblement, à en découdre avec ceux qui ont pour mission de perturber la campagne du candidat Saïd Sadi. Les militants ont improvisé une marche au centre-ville pour dénoncer le saccage du siège du RCD à Fréha et scander des slogans favorables au vote et à Sadi. La marche s’est terminée par un meeting en présence d’une foule nombreuse qui scandait “Sadi Président”. Les services de sécurité veillaient au grain pour prévenir tout dérapage.

Yahia Arkat

NOUREDINE AÏT HAMOUDA ANIME UNE CONFÉRENCE À BÉJAÏA

“Bouteflika ne passera pas”

C’est ce qu’a affirmé, jeudi dernier, Amrane Aït Hamouda dit Nouredine, fils du colonel Amirouche, lors d’une conférence organisée par le RCD de Béjaïa, au Théâtre régional de la ville (TRB).

En campagne pour le compte du candidat de l’opposition démocratique, le Dr Saïd Sadi, le conférencier a tenu à rappeler à l’assistance que “lorsque le leader du RCD avait dit, en 1991, en direct à la télévision, à Abassi Madani, que les islamistes n’arriveront jamais au pouvoir, ces derniers ont f¦ni par le confirmer. Ce sera la même chose cette fois-ci pour le Président-candidat”.

Parlant des soutiens dont se targue le candidat Bouteflika, l’ancien député du RCD fustigera le secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia, et le premier responsable de l’UDR, Amara Benyounès. Ce dernier a été qualifié par l’orateur de “Hadj Bettou qui s’est vendu pour des intérêts bassement matériels, en soutenant un président dictateur”. Dans la même foulée, le conférencier affirmera que “ce personnage lugubre, profitant des largesses des services du gouvernement a déjà bénéficié en 2002 - en un temps record - d’un terrain d’assiette de 5 000 m2 à Boumerdès et de quelque 28 milliards de centimes, dans le cadre d’un projet d’investissement dans le domaine d’impression de journaux”, en exhibant des documents, comme preuve à l’appui. Concernant la position de l’aile dite “dialoguiste” des archs qui menace de recourir à l’empêchement de la tenue de la campagne électorale en Kabylie, Nouredine Aït Hamouda ne mâchera pas ses mots, puisqu’il qualifie ces délégués “d’un groupuscule composé de quatre chats dont des “repentis” du RCD qui ont participé au dialogue version Ahmed Ouyahia”. Avant d’enchaîner d’un air confiant : “Que ces gens-là sachent qu’ils ne pourront jamais nous empêcher d’activer en Kabylie.” Il est à noter qu’au moment où le RCD allait entamer sa conférence, quelques individus se réclamant de la Coordination interquartiers et villages de la commune de Béjaïa, une structure affiliée à l’aile favorable au dialogue de la CICB, ont tenté vainement de perturber la tenue de cette activité qui a connu une réussite totale. En revanche, pendant ce temps-là, le RND de Béjaïa, un parti qui soutient le Président-candidat, tenait en toute quiétude, faut-il le souligner, une réunion regroupant l’ensemble de ses cadres et militants à la salle de la cinémathèque, sise à la place Gueydon. S’il fallait une démonstration de cette complicité flagrante, ce qui s’est passé ce week-end à Béjaïa ne peut que confirmer une telle thèse.

Ainsi, la population locale a fini par constater de visu la politique de duplicité prônée par ceux qui prétendent être des animateurs d’un mouvement d’essence démocratique et à caractère pacifique.

Kamel Ouhnia

Le chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, à Béjaïa

“On attend les délégués pour un second dialogue”

Son assistance, triée sur le volet, a décelé tout de même dans le discours de l’orateur une certaine panique. Ahmed Ouyahia a animé, hier, un meeting au Théâtre régional de Béjaïa dans le cadre de la campagne électorale pour la présidentielle.

De prime abord, l’intervenant a entamé son discours sur les événements de Kabylie en soutenant que la plate-forme d’El-Kseur est acceptée par l’État tout en réitérant son appel aux délégués du mouvement pour un second round de dialogue.

“Il y a un programme complémentaire et on attend de revoir les délégués autour de la table du dialogue”, dira-t-il en substance. C’est à ce niveau de déclaration qu’il est difficile de situer le titre de l’intervenant. Celui du Chef du gouvernement ou de responsable du RND. Tout en appelant son auditoire à voter massivement le jour de l’élection et surtout en faveur de Bouteflika, M. Ahmed Ouyahia avertit : “La casse et les manifestations de rue servent plus la maffia.” “L’absence de l’État est synonyne du règne de la maffia”, martèle-t-il alors avant d’inviter les citoyens à voter massivement. Un vote massif qui doit s’exprimer, selon M. Ahmed Ouyahia, en faveur de Bouteflika, car il estime que le crime du Président sortant est d’avoir exercé son mandat à terme. “La guerre contre Bouteflika est ouverte parce que son crime est d’avoir duré”, soutient-il avant d’ironiser que c’est son cas aussi. “Ce sont les affairistes qui ont des problèmes avec moi”, dira-t-il alors.

L’intervenant n’a pas manqué de s’étaler sur la situation sociale de la population de la région, notamment sur celle des zones montagneuses. Il y a lieu de signaler que pendant son intervention, Ahmed Ouyahia a été quelquefois chahuté par l’assistance en scandant “non à la hogra”, “pouvoir assassin” et d’autres slogans. En somme, on dénote de cette première sortie publique d’Ahmed Ouyahia dans cette région de Kabylie une certaine panique quant à son choix de soutien au candidat Bouteflika. A souligner qu’à sa sortie du TRB, Ahmed Ouyahia a été accueilli par les cris de “pouvoir assassin”.

L. Oubira

LE MAK REJETTE LA PRÉSIDENTIELLE DU 8 AVRIL

“Non au traquenard électoral”

Le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK) vient de confirmer sa position quant à l’élection du 8 avril prochain. Réunies en conférence régionale, jeudi dernier, à Tizi Ouzou, les instances du mouvement viennent, en effet, de se prononcer en faveur du rejet de l’élection présidentielle “par des voies pacifiques” souligne un communiqué du MAK parvenu, hier, à notre rédaction. “Le MAK rappelle que la seule alternative qui reste aux Kabyles est de s’unir et de se mobiliser autour du projet de l’autonomie de leur région”, indique le communiqué. “La Kabylie doit marquer, comme elle l’a fait dans les précédents scrutins, de son empreinte, les élections prochaines par son attachement à la mémoire des 123 martyrs qui sont tombés pour la dignité et la liberté. Le peuple kabyle ne peut accepter qu’on lui demande des voix alors que le pouvoir lui a supprimé à jamais celles de ses meilleurs enfants”, argue “MAK Mehenni”. Pour les partisans de la doctrine politique prônée par l’ancien leader du groupe Imazighen Imoula, “la participation équivaut, n’en déplaise aux apprentis sorciers qui n’ont fait qu’avaler les fraudes électorales, à la légitimation d’un Président qui, avec son ex-Premier ministre, a la responsabilité première dans les évènements du Printemps noir de Kabylie”. Ainsi, aucun des six prétendants à la magistrature suprême n’a les grâces du MAK qui estime que “les candidats, dans leur majorité, n’ayant marqué aucune sympathie envers la Kabylie durant le drame qu’elle a vécu, ne peuvent être ni ses porte-voix, ni ses défenseurs”.

Et de conclure : “Les élections d’avril prochain, et tout le monde le sait, ne sont qu’un épisode de plus d’une série de traquenards électoraux organisés pour le maintien au pouvoir d’une caste qui fait fi de toute considération réelle de la volonté populaire.”

R. N. Liberté