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La candidat Saïd Sadi à Cherchell

“On ne doit pas rater la chance du changement”
 
Pour cette troisième journée de campagne, Sadi a choisi la proximité.
dimanche 21 mars 2004.

Il ne pouvait sans doute pas s’attendre à un tel accueil. Hier à Cherchell, Saïd Sadi, le candidat démocrate à la présidentielle du 8 avril, a eu droit à des égards à la dimension de l’homme et de son combat. La salle des fêtes de la ville, réquisitionnée pour la tenue du meeting, qui devait ponctuer la troisième journée de campagne, s’est révélée finalement trop exiguë pour contenir ceux qui voulaient l’entendre mais surtout l’approcher et lui exprimer leur adhésion à son projet pour l’Algérie.

“L’Algérie a besoin d’un changement radical. Et ce changement est possible le 8 avril prochain”, lance d’emblée Sadi au milieu d’un tonnerre d’applaudissements et de youyous.

Dès lors, il fallait beaucoup d’imagination pour rétablir le silence dans une salle en délire scandant “Sadi président”, ou encore le slogan fétiche des démocrates algériens, “Djazaïr hourra démocratia”. “On est à la fin du régime et si on se mobilise et on contrôle le déroulement du scrutin, la transparence est possible”, ajoute-t-il. Comme à Tlemcen, Chlef et Sidi Bel Abbes, Sadi rappelle que “c’est la fraude qui nous a valu la catastrophe”. D’où, à ses yeux, la nécessaire mobilisation d’autant qu’aujourd’hui, dit-il, “l’armée s’est retirée du champ politique”. “Il ne faut pas jouer avec l’avenir du pays, chacun doit jouer son rôle le 8 avril”.

Optimiste à souhait, il ajoute : “Le peuple qui a vaincu le colonialisme et l’extrémisme islamiste est capable de vaincre le 8 avril prochain”. Il n’en fallait pas plus pour provoquer un interminable standing ovation. Une occasion pour attirer l’attention, voire avertir quant à l’importance du prochain scrutin : “Si on rate cette chance, nos enfants ne nous le pardonneront pas. Soyez avec nous. Moi, comme je l’étais hier, comme je le serai demain, je suis toujours avec vous.” Sadi promet aux jeunes, s’il est élu, un véritable plan Marshall et des décisions fortes pour rétablir la confiance entre les institutions et les citoyens. Mais il n’y avait pas que Cherchell pour accueillir avec faste le candidat Sadi.

Quelques heures auparavant, à Hadjout, une ville qui a souffert le martyre durant la décennie “rouge”, le leader du RCD a été accueilli par une foule nombreuse venue lui témoigner sa sympathie. Sadi y déposera une gerbe de fleurs à la mémoire des martyrs et des victimes du terrorisme et saisira l’occasion pour exhorter les citoyens à se rendre aux urnes et contrôler le scrutin. Car, si jamais, a t-il rappelé, “ils (les partisans de Bouteflika, Ndlr) sont tentés par la fraude, alors chacun prendra ses responsabilités”. “Ou c’est le Sendouk ou c’est le souk”, dit-il en arabe populaire. Traduit approximativement, cela signifie : “La transparence ou le chaos”.

Pour cette troisième journée de campagne, Sadi a choisi la proximité. Rien de mieux que d’être à côté des jeunes, d’écouter leurs doléances et de les rassurer. Chose faite hier pour l’ouest d’Alger. “C’est la démocratie de proximité qui a permis au pays de rester debout. Malgré l’absence de la télé, ce genre d’actions est d’un effet extraordinaire. La réalité, on l’obtient par la spontanéité, car les meetings sont programmés. Au niveau des jeunes, je n’ai pas trouvé l’agressivité des années 1990”, confie Sadi à la presse alors qu’il était entouré d’une nuée de jeunes à la placette de Staouéli.

Le même engouement a été manifesté à Aïn Benian également où Sadi s’est rendu au marché de la ville pour y rencontrer les citoyens. Il serre des mains par-ci, embrasse par-là au milieu d’une ambiance festive. Aux cris de “Sadi président”, il répond par le sourire et avec la promesse toujours renouvelée : “Avec vous.” Il n’y avait pas que des citoyens ordinaires et anonymes.

À la permanence locale, il y rencontre l’Union des commerçants locale et celle des moudjahidine. Une image fort saisissante et à la fois émouvante. Un jeune s’approche du candidat pour lui remettre un drapeau, datant de la mémorable marche du 29 juin 1994 à laquelle avait appelée le RCD en cette date anniversaire de l’assassinat de Mohamed Boudiaf. Un attentat y avait été perpétré, ce jour-là, faisant de nombreux blessés, dont certains finiront par succomber à leurs blessures. “C’est un hommage à Boudiaf”, dit, ému, le jeune donateur de l’emblème national.

À Ben Aknoun, Chéraga, Dély Ibrahim, Ouled Fayet mais aussi à Zéralda, les citoyens, notamment les plus jeunes, étaient au rendez-vous pour saluer celui qui leur promet de porter le projet démocratique dans les institutions pour plus de justice sociale. “Mobilisons-nous”, dit Sadi à un jeune à Staouéli qui se plaignait du chômage, pour lui suggérer que la solution ne viendra que de la population elle-même et, surtout de la jeunesse.

Notons enfin que Saïd Sadi se rendra aujourd’hui dans les Aurès où il sera l’hôte de Tébessa, Khenchla et Batna.

Karim Kébir, Liberté