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L’axe Alger-Ankara se renforce

 
Un traité de fraternité et une zone de libre-échange en discussion entre Alger et Ankara.
lundi 11 avril 2005.

“Nous voulons une relation stratégique, spécifique et durable avec la Turquie” ; c’est ce que a affirmé, hier, à Djenan El-Mithaq, Abdelaziz Belkhadem, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères lors d’une conférence de presse animée conjointement avec M. Abdullah Gul, vice-premier ministre turc, ministre des Affaires étrangères, en visite officielle de deux jours en Algérie.

Une visite qui s’inscrit, a précisé Belkhadem, dans le cadre de la concrétisation des décisions prises à l’occasion de la visite d’État de Abdelaziz Bouteflika en Turquie. “Nous avons convenu de la nécessité d’élever le niveau de coopération entre les deux pays dans tous les domaines vu les énormes potentialités dont disposent l’Algérie et la Turquie.” L’objectif, selon Belkhadem, est de fructifier le dialogue politique entre les deux pays pour arriver à un véritable partenariat.

Selon M. Belkhadem, les deux parties se sont “mises d’accord pour étudier toutes les opportunités d’investissement en Algérie dans le cadre du nouveau programme du président de la République”. Chose qui est confirmée par M. Gul reçu, hier, pendant six heures, par le président Bouteflika. Ce dernier a invité officiellement les Turcs à participer à la réalisation du programme qui sera lancé prochainement. M. Gul a, lui aussi, appelé de ses vœux au rehaussement du niveau de coopération commerciale et économique entre les deux pays. Évoquant le bilan de la visite du responsable turc, Abdelaziz Belkhadem a résumé les discussions sur trois points importants.

D’abord, la conclusion, dans les plus brefs délais, d’un traité de fraternité bilatérale. Ensuite, un projet de création d’une zone de libre-échange algéro-turque du fait que les deux pays appartiennent au même espace euroméditerrannéen et sont partis prenantes du processus de Barcelone. Le vœu de M. Belkhadem est que ce projet soit concrétisé dès l’entrée en vigueur de l’accord d’association entre l’Algérie et l’UE. Enfin, la réactivation de tous les mécanismes de coopération dans les domaines sécuritaire, militaire, commercial mais aussi culturel.

Ce dernier volet connaîtra, assure M. Belkhadem, un coup d’accélération dans les prochains jours. Pour ce qui est de la coopération militaire, M. Gul a précisé qu’“elle ne veut nullement dire une vente d’armes pour l’Algérie. La coopération militaire, c’est l’échange de visites entre les armées des deux pays, des entraînements conjoints pour un échange d’expertise et d’expérience”.

S’exprimant sur la question chypriote, M. Belkhadem s’est dit favorable à la réunification de l’île et a regretté le rejet de cette solution, prônée par l’ONU, par la communauté grecque de Chypre. Pour ce qui est de la question palestinienne, M. Belkhadem a dénoncé les provocations des colons israéliens. Concernant la normalisation des relations algéro-israéliennes, Abdelaziz Belkhadem a été catégorique. Elle n’aura pas lieu. Rappelons que M. Gul est arrivé avant-hier en Algérie. Outre Bouteflika et Belkhadem, il a rencontré Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la nation, M. Hamimid, ministre de l’Habitat, et Khalida Toumi, ministre de la Culture. M. Gul a indiqué enfin, que M. Tayyip Erdogan, premier ministre turc, fera, en septembre prochain, une visite en Algérie.

Par Arab Chih, liberte-algerie.com