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La société civile à Béjaïa révoltée et solidaire

 
Hier, pour cause d’intempéries, les routes étant coupées, la presse n’a pas été distribuée à Béjaïa. Ce qui n’a pas empêché l’information relative à la cabale montée contre Le Matin et la menace qui pèse sur lui de se répandre telle une traînée de poudre, jetant l’émoi et soulevant un vent de révolte auprès des citoyens.
jeudi 4 mars 2004.

Le bureau régional du quotidien à Béjaïa fut submergé d’appels téléphoniques de citoyens de toutes couches sociales et de diverses obédiences, pour témoigner de leur indignation et de leur soutien indéfectible au quotidien Le Matin et à son directeur Mohamed Benchicou. Les différentes réactions enregistrées convergent toutes vers un seul lien, à savoir que c’est le livre de Mohamed Benchicou Bouteflika : une imposture algérienne qui est visé, et que l’argument fiscal n’est qu’un fallacieux prétexte. Pour M. Mouzaoui, mouhafedh et député FLN : « Cela n’étonne pas, car ce n’est pas la première manuvre de Bouteflika et de son clan. Ils continuent dans la même stratégie qu’ils ont tracée, à savoir asservir le peuple et le bâillonner. Mais l’Algérie dont ils sont étrangers est fière et altière et restera debout. C’est cette Algérie que défend le patriote Benchicou. Nous sommes à ses côtés, et qu’il sache qu’il n’est pas seul sur le terrain de la défense de la démocratie et de la liberté d’expression. »

M. Benadji, président du bureau régional du RCD, dira : « C’est une décision purement politique. Cette énième mesure arbitraire qui vise la presse indépendante démontre l’affolement du Président-candidat Bouteflika à la veille de l’élection. Nous sommes convaincus au RCD qu’à partir du 9 avril 2004, Le Matin paraîtra, contrairement à Bouteflika qui rentrera définitivement chez lui. » Quant à M. Benmansour, délégué à la CICB, il assènera : « La décision s’inscrit dans la logique d’un pouvoir qui use et abuse de la répression comme instrument de gestion et comme pratique politique. Cette décision n’a rien d’administratif, c’est un procédé éhonté.

Nous faisons acte de solidarité agissante et avertissons le Pouvoir des conséquences qui pourraient découler de cette énième atteinte au droit à la liberté d’expression. Nous restons mobilisés. » Pour M. Tazaghart, auteur en tamazight : « C’est une grave atteinte à l’acte de réfléchir, à l’acte de dire, de s’exprimer. Cela porte atteinte à toutes les libertés. L’Algérien, qui a toujours refusé de renoncer à ses libertés, ne pourra se taire. » Nous apprenons aussi de sources sûres que des contacts poussés ont lieu entre les différents acteurs de la société civile, en vue de définir les moyens de riposte pour faire annuler cette énième atteinte au droit à la liberté d’expression.

Samir Mokrane, Le Matin