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Le gouvernement Ouyahia va bientôt changer

 
"Il y aura un remaniement...", a déclaré Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du FLN, lors d’une conférence de presse tenue hier au siège national du parti, à Alger.
mardi 12 avril 2005.

L’annonce, concise, ne souffre aucune ambiguïté, d’autant qu’elle émane du ministre des Affaires étrangères, une personnalité proche du président Bouteflika. Elle vient à point nommé affirmer les ouï-dire et les rumeurs insistantes faisant état, ces dernières semaines, d’un remaniement gouvernemental ou ministériel imminent.

La première hypothèse s’avère la plus plausible. Mais le ministre des Affaires Etrangères s’est abstenu de donner toute autre précision. A part sa tentative de tempérer les ardeurs des journalistes qui l’ont « criblé » de questions sur la nature du remaniement annoncé et qui a consisté à rappeler qu’« aucun gouvernement n’est appelé à s’éterniser », M. Belkhadem a vite fait de clore le débat concernant ce dossier. Interrogé sur son sort après ce remaniement, le ministre des AE se contentera de répondre avec un sourire. M. Belkhadem a précisé, cependant, que la coalition gouvernementale ne sera pas affectée par ce changement. En revanche, il a laissé entendre que celle-ci pourrait en sortir renforcée.

Ahmed Ouyahia partira-t-il ? Quels sont les portefeuilles qui seront touchés ? Les Finances ? M. Belkhadem ne répondra pas. « Attendez, patientez, je ne suis pas en mesure de vous répondre », lâchera-t-il. Le secrétaire général du FLN, qui a présidé, dans l’après midi, la réunion du comité exécutif de son parti, a ouvert le champ à toute sorte de spéculations sur la future configutation que prendra le nouveau gouvernement. Dans la foulée, le patron en second du FLN a annoncé la décision du comité exécutif de son parti de retirer ses 211 élus des assemblées locales de Kabylie.

L’ex-parti unique emboîte ainsi le pas à la formation d’Ahmed Ouyahia, le RND, un parti qui s’est illustré par une décision analogue le mois dernier. « Après consultation et maintes discussions entre la direction du parti et les élus des assemblées locales de la région de Kabylie, nous appelons nos militants élus à se retirer afin de contribuer au règlement de la crise qui persiste dans cette région », est-il souligné dans le communiqué de presse sanctionnant les travaux du comité exécutif du vieux front. La direction du parti a, néanmoins, manifesté sa reconnaissance pour« l’engagement et le dévouement » dont ont fait montre ses élus durant leur mandat, inachevé. Elle a, en guise de récompense, décidé de les reconduire à la tête des listes du parti dans la région.

Ecartant l’idée selon laquelle il y aura des listes électorales communes entre les partis de l’Alliance présidentielle, M. Belkhadem a réaffirmé que la dissolution des assemblées communales de Kabylie ne pourra se faire qu’à travers « un décret présidentiel sur proposition du ministre de l’Intérieur ». Il ne donnera pas d’autres précisions. « Adressez-vous aux concernés (le président de la République et le ministre de l’Intérieur, NDLR) », a-t-il suggéré à une journaliste qui voulait connaitre la date de la promulgation de ce décret présidentiel. En revanche, M.Belkhadem estime que des élections locales anticipées pourraient avoir lieu durant « l’été prochain ». Sur sa lancée, le SG du FLN soulignera que la décision de son parti est « souveraine ». Le FLN, a-t-il ajouté, n’a subi aucune forme de pression venant du RND. Car ce dernier n’a que « 7 élus dans la région ». « Nous aurions pu prendre cette décision il y a deux mois, avant même le RND. Mais nous avions préféré consulter d’abord nos élus. » Qu’est-ce qui motive ce retrait ?

Pour M. Belkhadem, il s’agit d’une décision au service de la population de la région. « Il y a une partie des communes de Kabylie qui est paralysée depuis les derniers élections locales, soit à cause de l’absence de représentants du peuple, soit en raison de conflits opposant les élus de différentes couleurs politiques siégeant dans ces assemblées », a-t-il indiqué. Maintenant que le FLN s’est allié à la décision du RND, les regards devraient s’orienter vers le FFS, un parti qui contrôle la majorité des assemblées communales de Kabylie et qui, jusque-là, a toujours refusé de se retirer de ses APC.

Par Mokrane Ait Ouarabi, elwatan.com