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La neutralité de l’armée fait paniquer Bouteflika

Benflis l’a affirmé, hier, lors de son meeting à Skikda
 
Devant un important parterre de militants, composé de quelque 2 000 personnes et d’invités de marque, le leader du FLN a expliqué que l’ANP s‘opposera à la fraude.
dimanche 21 mars 2004.

“La position de neutralité de l’armée vis-à-vis de l’élection présidentielle du 8 avril prochain a fait paniquer ceux qui ont l’habitude de ne fournir aucun effort pour atteindre le sommet”. C’est en ces termes qu’Ali Benflis, le candidat du FLN à l’élection présidentielle du 8 avril prochain, a expliqué, hier, lors d’un meeting au centre culturel Aïssat-Idir de Skikda, le désarroi dans lequel se trouve le clan présidentiel et à sa tête le Président-candidat suite à la position de neutralité de l’armée exprimée par son chef d’état-major, le général de corps d’armée Mohamed Lamari.

Cette déclaration de Benflis a valu à son auteur une forte ovation d’une assistance complètement acquise à son discours mêlé aux cris de “Benflis président”. “Ce qui n’a pas plu dans la déclaration du chef d’état-major sur la neutralité de l’armée c’est que les gens qui ont l’habitude de tromper et de mentir aux citoyens voulaient faire croire au peuple algérien qu’ils bénéficient du soutien de l’institution militaire”, a expliqué le patron du FLN avant de marteler : “Les calculs de ces gens-là ont été faussés dès lors que le chef d’état-major avait, encore une fois, à quelques jours de l’entame de la campagne électorale, réitéré leur position de neutralité, qu’ils ont qualifiée de positive”. En ce sens que l’institution militaire ne restera pas les bras croisés en cas de “fraude” et de perturbation de l’élection par ceux qui “veulent bourrer les urnes”, expliquera encore l’orateur sous un tonnerre d’applaudissements.

Devant un important parterre de militants, composé de quelque 2 000 personnes et d’invités de marque, à l’image de Moussa Touati, le président du FNA, Tahar Benbaïbèche, d’enfants de chouhada, de Haïder Bendrihem, ex-député RND, d’anciens ministres, le leader du FLN a indiqué qu’“en réalité, ce qui dérange les soutiens du Président-candidat est seulement le fait d’être obligés de descendre sur le terrain et de ne compter que sur eux-mêmes pour faire face au peuple algérien”. “Vous avez vu comment les gens ont peur quand les choses changent”, déclare Benflis avant de lancer sur un ton grave : “Ce sont des gens qui n’ont pas l’habitude de se battre.”

Et de marteler : “Celui qui pense que c’est l’armée qui va le faire asseoir sur le trône se trompe lourdement”. Le candidat du FLN qui a de tout temps appelé à la neutralité de l’administration a exhorté les walis, les chefs de daïra et l’ensemble des agents de l’administration à “respecter le choix du peuple et sa souveraineté” en se démarquant de la fraude électorale que prépare le cercle présidentiel.

“L’Algérie ne peut se construire qu’avec la démocratie et donc le choix du peuple”, leur dira-t-il tout en les appelant à demeurer des hommes libres et dignes. Sur ce même registre, il exhortera ses militants et par-delà l’ensemble des Algériens à être vigilants le jour du vote pour “empêcher la fraude et barrer la route aux fossoyeurs de l’Algérie”.

Présentant son programme électoral, le chef de file du parti de la majorité a fait le constat que l’Algérie est “malade de sa démocratie, de son économie et de son social”. Quels changements veut imprimer Ali Benflis au pays au cas où il serait élu président de la République ? Sur le plan politique, il a formulé quatre engagements : le premier est la modification de la loi régissant les partis politiques pour garantir “une véritable pluralité politique et empêcher l’ingérence de l’État dans les affaires internes des partis”, dit-il. Le deuxième : l’homme fort du FLN s’engage à instituer une loi garantissant la neutralité de l’administration et “la protection des agents de l’État”. Le troisième : Benflis s’engage à modifier la loi électorale de manière à intégrer des femmes, à hauteur de 15%, dans les listes électorales et également 20 % de jeunes de moins de 35 ans.

Le quatrième : le leader du FLN promet de notifier la loi sur l’information pour consacrer une véritable ouverture médiatique et une libéralisation du champ audiovisuel et son accession au privé. “Pour que l’opinion et l’opinion contraire s’expriment”, explique Benflis. Au plan économique, parmi ses engagements, il notera l’installation de 1 500 sociétés moyennes et une mise à niveau de 1 000 entreprises par an des secteurs public et privé. Sur le plan social, l’orateur soulignera qu’il mettra le paquet sur ce secteur en donnant un maximum de possibilités au jeunes. “Je n’arrive pas à comprendre pourquoi le pays du gaz, du pétrole et de toutes ces compétences humaines n’arrive pas à se moderniser et à ressembler aux pays développés ?”, s’interroge-t-il avant d’appeler les citoyens à changer les choses en votant le 8 avril prochain.

Nadia Mellal, Liberté