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Des avions Dassault pour équiper l’armée algérienne

 
Alors que la France et l’Arabie Saoudite se montrent prudents sur la signature d’un contrat pour l’achat de 48 avions de chasse Rafale de Dassault Industries, les médias français citent l’Algérie comme prochain client potentiel de l’avion français.
dimanche 17 avril 2005.

La visite du régent du Royaume d’Arabie Saoudite, le prince héritier Rafale de Dassault Industries. Abdallah Ben Abdel-Aziz à Paris, reçu en grande pompe par le Président Chirac, a relancé le débat sur les acquisitions de l’armée algérienne des avions de chasse français. Selon le journal « Les Echos », l’Arabie Saoudite s’engagerait à finaliser, d’ici la fin de l’année, un projet d’acquisition qui se décompose « en un lot ferme de 48 Rafale, assorti d’un lot optionnel de 48 autres appareils, soit une manne pouvant aller jusqu’à un montant de 6 milliards d’euros que se partageront Dassault Aviation pour la cellule, Thales pour l’électronique, MBDA pour les missiles et Safran (ex-Snecma) pour les moteurs ». Ce contrat, démenti par l’Elysée, est accompagné d’une piste algérienne selon « Les Echos » qui souligne que : « parmi les autres prospects, la Suisse et l’Algérie pourraient également s’intéresser au Rafale ».

Cette nouvelle relance de l’intérêt algérien, bénéficiant de fuites au sein des milieux des constructeurs militaires français, semble viser à inciter l’armée algérienne à s’intéresser de plus près aux offres de l’avionneur français au détriment des offres russes. Les forces aériennes algériennes sont en phase de concrétiser un contrat ambitieux pour l’achat d’une cinquantaine de MIG-29 qui mettrait, définitivement, fin aux contacts algéro-français sur les futurs contrats d’armements. Le « Rafale » agissant comme un produit d’appel décisif pour les équipementiers militaires français pour proposer divers autres contrats de fournitures à l’armée algérienne. Ces indications ne résistent pourtant pas au déroulé des contacts militaires entre Alger et Paris. Lors de leur dernière rencontre, dans la capitale française, le ministre français de la Défense, Michelle Alliot-Marie et le ministre de l’Intérieur, Yazid Noureddine Zerhouni avaient balayé toute option de contrats commerciaux militaires due au fait de l’absence d’inter-opérabilité entre les deux armées.

Sachant que les Algériens privilégient, par tradition, la piste russe, les Français pourraient mettre dans la balance des équipements électroniques annexes dont des radars et des moyens d’interception sophistiqués pour séduire les militaires algériens. La diversification des achats d’équipements algériens, entreprise par la diplomatie militaire de l’ancien chef d’état-major, le général de corps d’armée Mohamed Lamari, avait ouvert des perspectives alléchantes pour les constructeurs de pays comme l’Afrique du Sud, les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, l’Iran, la Tchéquie et même la Turquie. La France qui a l’avantage d’avoir des échanges commerciaux de haut niveau avec les Algériens veulent intégrer le volet militaire tout en sachant que cela prendra un temps considérable pour que les Algériens se fient aux équipements militaires français.

L’équilibre de l’armement régional n’est pas également absent dans ce raisonnement. Le Maroc qui possède des escadrilles de Mirage 2000 de Dassault Industries, est également équipé de F-16 des industries américaines Lockheed Martin, rival du Rafale, cherche à avoir une supériorité aérienne dans le Maghreb. Sur ce plan, les Algériens qui sont dans une logique de modernisation, pourraient inciter les Français à revoir leur collaboration avec le Maroc surtout qu’un groupe de télécommunications français a, dernièrement, financé une opération de rachat de stocks d’armes ukrainiens. La rumeur Rafale est à prendre avec des pincettes surtout qu’elle a été déjà évoquée lors du déjeuner privé qu’a offert Chirac à Bouteflika, au fort Brégançon, dans le Var au lendemain de la commémoration du débarquement de Provence, en août dernier.

L’affaire s’annonce délicate au point que le constructeur français, Serge Dassault, le père du Rafale, avion qui n’a eu aucun contrat à l’étranger depuis son lancement, avait reproché à ses journalistes, en tant que propriétaire du journal « Le Figaro » d’évoquer le contrat avec les Algériens. « J’estime qu’il y a, quelquefois, des informations qui nécessitent beaucoup de précautions », avait-il déclaré.

Par Mounir B., quotidien-oran.com