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Marches et grève générale en Kabylie

 
“La Kabylie va marcher pour réhabiliter le politique et ne pardonnera pas jusqu’au jour de la satisfaction de la plate-forme d’El-Kseur”, a affirmé Rabah Boucetta, délégué qualifié “d’antidialogue”.
dimanche 17 avril 2005.

Les délégués du mouvement citoyen de Kabylie hostiles à la démarche Manifestation en Kabyliedes délégués qui ont engagé le dialogue avec le Chef du gouvernement Ahmed Ouyahia ont décidé de réinvestir la rue à la faveur de la double célébration du Printemps berbère (événements d’Avril 1980) et d’avril 2001 appelé communément Printemps noir. Des marches populaires dans les chefs-lieux de wilayas (Boumerdès, Béjaïa, Tizi Ouzou et Bouira), ainsi qu’une grève générale sont ainsi prévues pour mercredi prochain. Dans cette optique, un appel solennel a été lancé hier par ces délégués à l’intention des partis politiques, des syndicalistes, des étudiants et des personnalités pour faire du “20 avril” une journée de protestation.

Selon Rabah Boucetta, délégué de Boumerdès, Zahir Benkhelat, délégué de la coordination de Béjaïa, Ali Gherbi, également de Béjaïa, Chaâbane Meziane de Bouira, et deux autres délégués dont l’un de Tizi Ouzou et l’autre d’Alger, lesquels ont animé conjointement une conférence de presse au siège du journal El Watan à Alger, cette action vise à “réhabiliter le politique” et à “barrer la route aux aventuriers qui veulent faire de la Kabylie un désert politique”. “La Kabylie va marcher pour dire qu’elle n’oublie pas et ne pardonnera pas jusqu’au jour de la satisfaction de la plate-forme d’El-Kseur”, ont-ils déclaré. “La Kabylie va marcher pour démontrer que le mouvement est dans la rue et non pas au Palais du gouvernement”, ont-ils ajouté, allusion aux délégués qui négocient avec Ahmed Ouyahia. “Les disciples du défunt Matoub vont marcher”, ont-ils encore déclaré.

Véritable test de rue pour toutes les tendances qui se disputent la représentativité de la Kabylie, cette action intervient au moment où Abrika et ses compagnons envisagent d’organiser, en guise de célébration, un gala musical et des meetings. “Le pouvoir a injecté des centaines de millions de dinars pour une célébration folklorique, aidé par ses relais locaux, ses délégués qui se sont autoproclamés partenaires du pouvoir mafieux et assassin”, ont accusé les conférenciers.

“On ne va pas faire de fête alors qu’on est toujours triste”, ont-ils affirmé avant de lancer un défi à leurs ex-collègues d’aller “affronter la population”. Comme de coutume, ils soutiennent que le dialogue engagé entre Abrika et ses compagnons “n’a rien réglé” et que les “élections envisagées” ne sont qu’une autre forme de division et de régionalisation, un rendez-vous sur lequel ils s’exprimeront au moment opportun.

Dans ce contexte, ils rappellent que plusieurs délégués sont toujours poursuivis par la justice, alors que des travailleurs licenciés attendent toujours d’être réintégrés. Interrogé sur cet appel lancé aux partis politiques alors qu’ils ont été écartés lors des événements de 2001, les conférenciers ont indiqué qu’ils veulent “tourner la page” et “réunifier les forces démocratiques”.

Rejetant le qualificatif “d’antidialoguistes”, en ce sens qu’ils sont favorables à un dialogue qui ne transcende pas les principes directeurs du mouvement et reste fidèle à l’esprit de la plate-forme ; ils ont mis en garde les autorités contre d’éventuels dérapages. À noter, enfin, que d’autres actions sont également envisagées dont un meeting à Akbou le 18, une marche à Amizour le 22, une autre le 19 à El-Kseur et la commémoration, le 24 avril, de la mort du premier “martyr” des événements.

Par Karim Kebir, liberte-algerie.com