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Cherbi Hamid condamné à 3 ans de prison ferme

Accusé de complicité dans l’assassinat de Matoub Lounès
 
Cherbi Hamid et son fils Ahmed ont comparu hier devant le juge près la cour de Tizi Ouzou pour répondre des griefs retenus contre eux dans l’assassinat du chanteur Matoub Lounès.
lundi 22 mars 2004.

Le premier, en détention provisoire depuis son arrestation le 25 mars 2002, poursuivi pour « appartenance à un groupe terroriste », « non-dénonciation de crime » et « vol de médicaments » au profit des terroristes à l’hôpital de Tizi Ouzou où il travaillait, a été condamné à 3 ans de prison ferme. Son fils, 24 ans, arrêté à Tizi Ouzou le 27 janvier 2002 et remis en liberté provisoire 13 mois plus tard, a été acquitté.

Durant l’audience, les deux accusés ont nié en bloc les griefs retenus contre eux, soutenant que les aveux qu’ils ont faits les forces de sécurité et les magistrats instructeurs leur avaient été extorqués sous la torture. Le représentant du ministère public a axé son réquisitoire sur les similitudes des déclarations des deux accusés et pour la police et devant le juge d’instruction.

A la conclusion de son intervention, il requiert 20 ans de prison ferme à l’encontre de l’accusé principal et 3 ans pour le fils qui devait répondre du seul chef d’accusation de « non-dénonciation de groupe terroriste ». Cherbi Hamid est accusé d’avoir entretenu des relations avec le groupe terroriste qui a assassiné Matoub Lounès le 24 juin 1998 dès le début du même mois. Chose qu’il niera en bloc. Me Chellat, qui a assuré la défense des accusés, fera remarquer d’emblée l’absence de la partie civile et des témoins. Il soulignera que « ce sont les agents de la Sécurité militaire qui ont présenté les accusés devant le juge d’instruction ». « C’est bizarre ! » dira-t-il.

« En définitive, ce dossier n’est qu’une mise en scène. Il fallait à tout prix faire admettre à l’opinion publique que Matoub Lounès a été assassiné par les terroristes, et on a trouvé en la personne des Cherbi le meilleur bouc émissaire pour donner du crédit à la thèse d’un assassinat terroriste », clamera-t-il. M. Chellat précisera que ses mandants sont accusés pour le simple fait qu’ils habitent Tala Bouinane, tout près de l’endroit où a été assassiné le Rebelle. Dans la salle de l’audience étaient présents des membres des aârouch, des représentants de la fondation Matoub-Lounès ainsi que la mère du défunt.

La fondation, qui porte le nom du chanteur assassiné, plaide pour « une réelle reconstitution des faits » et « une étude balistique fiable » pour prétendre engager un procès sérieux.

Kamel Omar, Le Matin