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Bouteflika prêche la réconciliation

Le président-candidat en campagne à Relizane
 
Dans cette wilaya martyre du terrorisme, il a fait de ce thème de campagne, “le cheval de bataille de son second mandat”.
lundi 22 mars 2004.

Tranchant, a été le discours de Bouteflika animé, hier, dans la salle omnisports de la ville de Relizane.

Il a annoncé d’emblée la couleur en évoquant des sujets sensibles auxquels il ne déroge pas d’ailleurs dans les deux meetings de Mostaganem et d’Arzew. Il insiste sur la nécessité d’aboutir à la réconciliation nationale son cheval de bataille pour un second mandat. “Comportez-vous comme des chevaliers, la population de Relizane sait aussi pardonner”. “Il faut laisser le temps au temps pour pouvoir panser les plaies”, dira-t-il.

Des voix s’élèvent de l’assistance pour crier : “nous sommes avec toi Président Bouteflika jusqu’au bout.” Le candidat Bouteflika a tenu à rappeler à la population relizanaise qu’il est le candidat de tous les Algériens, “je ne suis le candidat de personne, sauf d’être celui du peuple algérien et j’appelle les Algériens pour l’unification des rangs pour bâtir la Maison Algérie”. Par ailleurs, M. Bouteflika rassure la femme algérienne au sujet du code de la famille, un constat qui fera sûrement partie des grands dossiers dans la mallette du président-candidat au lendemain du 8 avril.

En 1999, j’étais venu avec des idées simples, en particulier la réconciliation pour concrétiser la paix entre les Algériens. Par ailleurs, Abdelkader Bensalah a animé un meeting à Arzew où il a axé son intervention sur la réconciliation nationale. “Je suis à Arzew pour vous expliquer les portées de la concorde civile et ses avantages pour tout le pays”, a, d’emblée, martelé Abdelkader Bensalah, au cours d’un meeting qu’il a animé, hier, à la salle omnisports de la ville industrielle d’Arzew.

Visiblement ravi par sa visite dans la wilaya de Mostaganem où il accompagnait le Président-candidat, le président du Sénat n’a pas lésiné sur les propos lénifiants à l’adresse d’une assistance au bord de l’hystérie. Abordant la crise qui secoue le pays, l’orateur a déclaré que “seule la réconciliation nationale est à même de mener l’Algérie au bien-être, aspiration que tous les Algériens souhaitent de tout leur cœur”. À ce sujet, le cofondateur du RND devait souligner tous les efforts en possession d’Abdelaziz Bouteflika pour “aboutir à la satisfaction de l’attente des Algériens”. “Il ne devrait plus y avoir de pagaille dans ce pays ni de sang ni de larmes”, annoncera-t-il.

Des questions ayant trait aux compressions d’effectifs, au chômage, à la mal-vie, à la promotion de la femme et à l’émergence de nouvelles compétences dans la conduite des affaires du pays seront passées en revue. Concernant ce dernier sujet d’actualité, trop souvent “sous-estimé” et parce qu’il en “mesure les conséquences politiques”, Bensalah a exhorté ses militants à réfléchir sur “les portées de vote utile”. “Nous nous considérons comme un pilier patriotique et démocratique incontournable, eu égard à la composante humaine qui soutient la candidature de Bouteflika”.

Cette déclaration du président du Sénat donne un message codé pour qualifier les responsables du MSP, du RND et du FLN des “redresseurs” de “preux Algériens porteurs d’espoir et de renouveau”. Dans ce contexte, l’orateur a donné des précisions en soulignant qu’ “aujourd’hui, la maturité de la conception politique est une chose acquise. Il ne faut pas que notre démarche ait pour seule et unique cadre d’expression et d’activités les formes restreintes qu’ont connues certains de nos prédécesseurs. (...)”. “Nous le disons haut et fort : nous revendiquons la gouvernance de l’Algérie”.

Continuant sur sa lancée, l’inamovible député RND de la wilaya d’Oran a affirmé que “seuls les critères du choix du peuple doivent être respectés et pris en considération par la famille révolutionnaire sans parti pris” (sic). Abdelkader Bensalah a souligné “qu’il n’est plus possible de rester endormi pendant plus de vingt ans, comme il n’est plus possible de rester muet après le 8 avril prochain”. “Après cette date, nous avertissons tous ceux qui trempent leur plume dans le fiel et tous ceux qui rejetteront la loi sur la réconciliation nationale, que la colère du peuple sera terrible et implacable”, dira-t-il. Abdelkader Bensalah a observé que l’absence, durant plus d’une décennie d’une stratégie cohérente au niveau de l’État, s’est avérée aussi délétère qu’une certaine presse indépendante, d’où “le désarroi et la démobilisation des énergies”, conclura l’ancien président de l’APN.

E. A. / B. G., Liberté