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Benflis reçoit un accueil triomphal à Khenchela

“Bouteflika a pratiqué le banditisme politique”
 
Quelque trois mille personnes ont marché, hier, à Khenchela, pour exprimer leur soutien à Ali Benflis, candidat à la présidentielle du 8 avril prochain.
lundi 22 mars 2004.

Cette marche, initialement non prévue, a été décidée à la permanence électorale de wilaya de Benflis, située au niveau de la rue Babar, par la forte affluence de la population qui voulait rencontrer le leader du FLN. Bien que improvisée, cette manifestation de rue a rassemblé par-delà les militants FLN, une impressionnante foule de sympathisants, à telle enseigne que la foule a débordé sur les trottoirs. Brandissant les portraits du secrétaire général du parti, les marcheurs ont scandé des slogans en sa faveur : “Benflis président”, “Benflis howa eraïs” “djich, echab maâk ya Benflis”, “FLN d’yalna, FLN dyalna”. Le leader du FLN qui devait se rendre de la permanence électorale vers le palais de la culture de Khenchla où il devait animer un meeting a préféré prendre part à la manifestation. Une façon d’exprimer sa reconnaissance à ses militants et sympathisants. Entouré de sa garde rapprochée, le candidat du FLN qui affichait une mine souriante a reçu des messages de soutien et de sympathie de la part de la foule. Selon Rassouli Nadjah Sallam, responsable du comité de soutien de wilaya au nom du forum national de la femme, Khenchela est une région totalement acquise à Ali benflis. Cette militante FLN, rencontrée lors de la marche expliquera que “les 21 communes de la wilaya de Khenchela voteront toutes pour Ali Benflis, car les notables de notre région qui se sont réunis récemment, ont tous décidé de voter pour Benflis”. Interrogés par nos soins, les participants à la marche ont exprimé leur intention de voter Benflis le 8 avril : “Benflis nous plaît car il a un discours clair sur tous les sujets, et surtout en ce qui concerne le social”. Mustapha, un étudiant de 24 ans, nous dira que ce qui le séduit chez le candidat du FLN, est “son intention de mettre le paquet pour éradiquer le chômage”.

Pour Moussa, “voter Benflis est un signe de reconnaissance pour lui, car il a été le seul à avoir éradiquer le bidonville Chabour qui a existé depuis l’indépendance”. Les marcheurs qui ont longé le boulevard principal de Khenchela, baptisé la rue de l’Indépendance ont abouti à la maison de la culture pour écouter le discours du chef de file du vieux parti.

Le discours de Benflis dans cette wilaya n’a pas été différent par ailleurs de toutes les allocutions qu’il a tenues dans les autres wilayas qu’il a visitées. Aussi bien à Guelma, à Oum El-Bouaghi qu’à Khenchela, le SG du FLN n’a pas manqué de vilipender le président-candidat et ses partisans à commencer par le ministre de l’Intérieur. L’important grief retenu contre Yazid Zerhouni est indéniablement sa gestion au scandale de Sfax. “je suis très triste et j’ai très mal pour mon pays quand je me rappelle qu’un haut responsable algérien au lieu de défendre son pays s’est mis à approuver la répression contre son peuple”, dira Benflis.

Sentencieux, avant d’enchaîner : “Je me sens profondément triste lorsque ce responsable a dit, à propos des supporters de l’équipe nationale réprimés dans le sang, que la police tunisienne n’a fait que son travail”. “Un état qui ne respecte pas et ne protège pas ses citoyens n’est pas un État”, explique-t-il encore. La foule qui n’arrêtait pas de scander “Benflis président", n’a pas manqué de revendiquer toute la lumière sur le scandale de Sfax.

L’indemnisation des familles des victimes de ces évènements a été également exigée par l’homme fort du FLN. L’orateur n’a pas non plus épargné le président-candidat. Qualifiant sa gestion aux affaires du pays de “catastrophique”, Benflis a martelé que Bouteflika “a pratiqué le banditisme politique”. Comment ?

“En cassant toutes les structures, toutes les entités et tous les partis qui refusent de lui faire allégeance”, a expliqué l’orateur, en donnant en exemple la cabale judiciaire contre le FLN à l’instigation du président-candidat ainsi que toutes les divisions au sein des associations. Même l’institution militaire n’y a pas échappé. “Il a voulu faire croire aux gens par le mensonge que l’armée le soutient avant de recevoir un démenti cinglant de la bouche du général d’état-major prônant la neutralité de l’armée”.

A contrario, Benflis s’est dit porteur d’un projet d’ouverture, de modernité et de véritable pluralisme politique. Il a promis de régler définitivement les problèmes sociaux en “instaurant la coulée du dialogue et en augmentant les budgets des ministères stratégiques tels que ceux de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle”. L’autre message délibéré par Benflis à ses militants et sympathisants est la nécessité d’un vote massif le 8 avril et d’une surveillance rigoureuse des urnes.

Nadia Mellal, Liberté