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Béni Yenni face à l’isolement

 
Béni Yenni est une ancienne commune, confirmée lors du dernier découpage administratif de 1984.
mardi 26 avril 2005.

En 1991, elle fut érigée en chef-lieu de daïra regroupant les communes de Béni Yenni, Iboudraren et Yattafen dans la wilaya de Tizi Ouzou. Située à 150 km à l’est de la capitale et à 35 km au sud-est du chef-lieu de la wilaya, cette commune est traversée au sud par la RN 30 qui relie Tizi Ouzou et plusieurs communes limitrophes, et elle est desservie par le CV06 qui assure la liaison interne entre tous ces villages. Ses limites territoriales sont : au Nord Larbaâ Nath Irathen, à l’Est Aïn El Hammam, à l’Ouest les Ouadhias, Aït Mahmoud et au Sud les Ouacif.

Béni Yenni s’étend sur un périmètre de 3 425 ha pour une population de 6 765 habitants (RGPH de 1978) d’où il ressort une densité brute de 2 habitants à l’hectare. C’est une commune rurale, située sur le massif de la Kabylie au piémont de la chaîne du Djurdjura, soit à proximité du parc national. Son relief est constitué d’une succession de collines entrecoupées par des sites naturels exceptionnels qui lui a prévalu un caractère touristique indéniable, renforcé par l’activité artisanale exercée par sa population. Les At Yenni sont connus depuis jadis par leur art dans la bijouterie d’argent émaillée. La commune de Béni Yenni est structurée par une agglomération chef-lieu, regroupant les villages : Taourirt El Hadjadj, Taourirt Mimoun, Aït Larbaâ, Aït Lahcène, Taourirt Issoulas, Taourirt Khalef, Agouni Ahmed, Tigzirt et la zone éparse où se trouvent quelques petites fractions dont la plus importante, Tansaout. Tous les villages de Béni Yenni sont localisés au sommet des crêtes dont la plupart longent la voie centrale de la commune (CV60), constituant une urbanisation entrecoupée par la contrainte du relief. Sans verser dans la présentation romanesque et romantique, Béni Yenni que la nature a gâté, se situe dans un paradis écologique à 150 km de la capitale, et à 35 km au sud est du chef lieu de la wilaya de Tizi Ouzou. De cette commune, il est possible de balayer du regard une large proportion de la Kabylie. Une liberté du champ de vision dans ses points cardinaux autorise cette domination, à l’exception de la partie sud dont la vision est limitée par le Djurdjura mais rend infinie l’exaltation et la délectation.

Cette “colline oubliée”, perchée sur les montagnes, est témoin de l’histoire tumultueuse de la région en raison de son rôle marquant. Elle résiste, bon gré-malgré, à l’érosion du temps grâce à la valeur de ses hommes et à la qualité de ses préoccupations. Ce peu de modernité et de modernisation qu’on y observe, ils le doivent incontestablement sans complexe aucun, a la colonisation qui les considéra à juste titre, comme un butin de guerre. Cette commune à une superficie globale de 35 km2 dont la prédominance des terres de nature montagneuse, pour une population estimée à 6 831 habitants, menant leur vie tout fièrement et avec exigence à une altitude de 950 mètres. Béni Yenni était connue comme pôle touristique grâce à la bijouterie, qui fait à ce jour la réputation de cette commune, mais ces dernières années l’activité connaît une échéance liée à l’absence d’une vision à haut niveau de cette activité qui permet de retrouver une partie du patrimoine artistique berbère. Le bijou de Béni Yenni, toujours imité mais jamais égalé, fait partie non seulement du patrimoine kabyle et algérien mais mériterait une promotion mondiale. En parlant de l’artisanat, il y a lieu de rappeler qu’après maintes tentatives de récupération des locaux de l’UNABE (Unité artisanale, unité spécialisée en bijouterie, menuiserie et ébénisterie), la commune de Béni Yenni a pu enfin atteindre son objectif en la reprenant en mains après des démarches plus poussées entamées en 2003. Il y a lieu de rappeler que jusque-là, elle était la propriété d’un holding régional implanté à Alger.

A présent, les autorités communales en collaboration avec les artisans, ont convenu que des réaménagements soient effectués au sein de l’unité pour y installer environ 20 stands destinés aux plus anciens dans le métier. Pour procéder aux réfections qui s’imposent, la commune a reçu une enveloppe de 2.000.000 DA et les travaux viennent d’être engagés.

Les At Yenni comme leur nom l’indique sont les descendants d’un certain Yanni dont les origines sont inconnues. La tradition, même légendaire, n’en dit rien. Au cours des siècles, il y a eu un apport d’une population nouvelle, venue parfois de très loin. Tels les At Larbaâ, émigrée de la région de Boussaâda. Les At Yenni figurent dans la liste des tribus Zouaoua les plus marquantes, mentionnées par Ibn Khaldoun dans son Histoire des Berbères (traduction de Slane). “Au centre du contour de Zouaoua à peu près au centre de la Kabylie, dans un pays pauvre et ingrat, habitent trois tribus qui nous paraissent sous ce rapport dignes d’une mention spéciale. Ce sont Béni Rbah, les Béni Ouacif et les Béni Yenni. Elles habitent de petites villes dont la population varie de 70 à 3 000 habitants. Elles ont pu conserver et développer les industries spéciales d’armurier et d’orfèvrerie, industries dans lesquelles elles savent trouver de larges compensations à l’ingratitude de leur sol”. Constate E. Carettete (qui visita la Kabylie dans les années 1840-1842). De ces trois tribus la plus riche est celle de Béni Yenni. Le chef-lieu de Béni Lachène (un centre de Béni Yenni), compte à lui seul 50 à 60 ateliers où l’on ne travaille que des armes et des bijoux. At Larbaâ, sur une population de 1 400 à 1 500 habitants renferme 30 ateliers d’armuriers et d’orfèvres. Comme on y fabriquait également de la fausse monnaie, industrie frauduleuse qui donnait bien à un commerce important qui a atteint tous les pays du Maghreb, bien qu’on infligea aux coupables saisis en flagrant délit la peine de mort.

Mais les At Yenni, sont surtout connus, aujourd’hui encore,pour leur industrie de la bijouterie émaillée. L’orfèvrerie émaillée qui antérieurement n’avait que faiblement pénétré en Afrique par les Vandales, puis les Byzantins, fut transmise comme un héritage suprême du Moyen-Age finissant à certaines cités maghrébines qui, bientôt la négligèrent, puis l’oublièrent. Cet art et ces techniques ont été conservés dans certains contours montagneux ou isolés comme Béni Yenni et qui ont en fait un art entièrement berbère.

La population de At Yenni, est répartie en quatre gros centres s’échelonnant sur les sommets d’une arête montagneuse, entourée sur trois côtés par des oueds torrentiels, de nos jours limites naturelles de la tribu. Cette arête est reliée à la haute montagne par la “tranchée” Tassaft Ouguemoun, sorte de col à travers lequel la route Tizi Ouzou, via Yattafen, Aïn El Hammam se fraye un passage. A partir de ce point (la tranchée), les villages se présentent dans cet ordre : Taourirt El Hadjadj, Taourit Mimoun, At Larbaâ et Ah Lahcène. Quant aux autres villages, de moindre importance bâtis sur les pentes du versant sud-ouest ce sont Taourirt Mimoun, Ath Larbaâ et At Lahcène qui sont les plus anciens centres. Dans (Villages de Kabylie), Henri De Genevois avait écrit : “Leur groupement, opéré sous l’égide de Sidi Ali Ouyahia, daterait des débuts du XVIIe siècle. At Lahcène est de loin le village le plus peuplé et ses habitants seraient d’une force redoutable. Sidi Ali Ouyahia, cet homme saint arrivé peu de temps avant 1616 du sud marocain de Saguia El Hamra, contribua à changer la physionomie de la tribu. Il était habile, diplomate, plus encore puissant dogmatique, il sût entraîner les At Yenni à la victoire définitive sur ses ennemis irréductibles qui sont les At Ouacif, puis il regroupa les villages de la tribu pour en faire leur petite patrie, capable de se faire respecter et même de s’imposer à ses voisins”.

un stade en projet

Comme toutes les communes et contrées du pays, des changements ont eu lieu et dans tous les secteurs. Pour en avoir un aperçu même exhaustif nous nous sommes rapprochés du premier responsable de la commune qui nous a accueillis à bras ouverts et nous a fournis de précieux renseignements sur la collectivité qu’il gère avec son équipe depuis 2002 - de même qu’il est important de rappeler que l’actuel président d’APC est à son deuxième mandat dans cette municipalités, où il était de 1997 à 2002 premier vice-président.

L’un des projets pour lequel la commune de Béni Yenni s’est donnée à fond, pour canaliser cette jeunesse qui représente la majorité de la population n’est autre que le stade communal se trouvant à Tlata, qui a été lancé et dont les travaux “sont réalisés à près de 50%. La somme de 300 millions de centimes a été déjà engagée sur les 900 que le wali avait promis lors de sa visite”, nous confiera notre interlocuteur, “Projet qui nous tient plus à cœur puisqu’il permettra non seulement aux jeunes de souffler un peu mais aussi à l’APC , étant donné que c’est nous qui assurons le transport, et les moyens dont nous disposons (2 mini-bus) sont insuffisants. Pour cela que j’en fais une priorité”. Et récemment un autre espace des plus importants, a été ouvert, en l’occurrence, l’espace culturel Mouloud-Mammeri “qui ne peut être que d’une grande réussite pour nous”, confiera le maire. En effet, après la fermeture de cet espace en 1986, cet espace est d’un grand apport pour la jeunesse de Béni Yenni, puisqu’il comprend une bibliothèque qui est d’ailleurs mise en service, une médiathèque gérée par un informaticien recruté par la mairie, une salle de lecture, une salle de conférences et le bureau destiné pour celui qui prendra la gestion de cet espace : “Ce dernier sera désigné en collaboration avec les associations de la commune”, nous dira M. Tabèche Rabah. Cette médiathèque permettra aussi d’orienter la jeunesse vers une occupation plus fructueuse et aussi d’en éloigner le plus possible des fléaux sociaux qui guettent comme partout ailleurs, cette frange de la population, ceci en plus des journées d’information et de sensibilisation qui se tiennent couramment dans la commune (CEM, espace culturel...) avec la collaboration des citoyens, sur la toxicomanie,le tabagisme et autres, soucieux d’épargner ou du moins d’attirer l’attention de cette jeunesse, sur les conséquences et les dangers que peuvent engendrer ces fléaux.

Pour reprendre un de nos artistes qui a rendu hommage à la femme, en disant de la femme d’At Yenni “zger akkin At Ynni, ghrant yerkuli”, ceci ne peut que se vérifier, puisqu’elle a une grande place dans cette même commune, consciente du moment qu’elle participe à tout ce qui a trait au développement de la société, de même qu’elle s’intéresse à tout : que ce soit à la politique, au social et à la culture.

“Du côté développement, beaucoup reste à réaliser”, dira d’emblée le maire. Le vœux du maire est d’en finir une bonne fois pour toute avec le problème de logement et certes la municipalité dispose de plusieurs assiettes mais le manque se fait aussi ressentir, ceci par manque de volonté des équipes précédentes selon M. Tabèche qui dira concernant ce volet “Ces assiettes de terrains que la commune possède, je les ai même proposées au ministre de l’Habitat, lors de notre rencontre. Un retard considérable dans le domaine du logement s’est fait sentir dans notre commune”, mais il affiche un grand optimisme quant au règlement de cette crise qui d’ailleurs n’est pas spécifique à Béni Yenni “si l’administration nous aide, je dirais qu’au bout de 28 mois, on peut régler le problème de logement définitivement dans notre commune”, je dis ceci en pesant bien mes mots”. Cette assurance et optimisme affichés par le P/APC, sont justifiés par le programme de logement dont a bénéficié la commune de Béni Yenni ; ainsi selon le P/APC, il y’a 100 logements à réaliser au niveau de Aït Lahcèn, puisque l’étude a été déjà lancée, ceci en plus des 20 logements lancés au lieu-dit “Chmel”, toujours au village Ath Lahcen, projet sur lequel le wali en personne veille. Un autre programme est aussi acquis, c’est celui des LSP (logements sociaux participatifs) et ceci au niveau de la cité des 28 logements. En plus de la relance des programmes de logement : ainsi le premier projet à relancer est celui des 22 logements, au niveau du château d’eau qui sont à l’arrêt depuis 1999, un autre programme à l’arrêt depuis 1986, c’est celui APC/CNEP. De même qu’il y a un autre programme que l’APC n’arrive pas à lancer, c’est celui d’une coopérative, malgré que tout ce qu’il y avait lieu de faire est fait, et tout est dans les règles de l’art et dans les normes, projet qui est situé au niveau de la cité des 28 logements.

Dans le même volet, la commune de Béni Yenni a bénéficié d’un programme de 80 logements (50 millions de centimes chacun) dans le cadre de l’habitat rural : Dans cette opération il y a eu distribution de deux quotas, le premier de 20 le second de 30 et il reste encore 30 à distribuer. Et contrairement à certaines municipalités qui ont eu des problèmes lors de la distribution de logements, il est très important de rendre hommage et de signaler le travail de titan qui a été accompli par les comités de village qui ont distribué 20 logements au niveau de Tlata. “ La cause, il l’imputera au manque de volontés des équipes précédentes qui n’ont pas donné une importance capitale à la construction de logements. Il est vrai inadmissible de constater qu’à Béni Yenni, des citoyens vivent encore dans des situations précaires. Ceci n’est que la face cachée de Béni Yenni, la faute revient à mes prédécesseurs qui n’avaient pas pris au sérieux et en considération ce côté logement, ce qui a provoqué l’exode rural, ce qui a conduit à l’incapacité de fixer les citoyens d’At Yenni ici, et dès qu’un citoyen a les moyens d’investir il préfère aller ailleurs dans les grandes villes, que d’habiter dans la commune, car il faut signaler que la population de Béni Yenni est réduite à la moitié puisqu’avant, la commune comptait quelque 10.000 à 12.000 habitants et mainenant elle est réduite à la moitié. Et pour maintenir la population en place nous avons pensé à nous occuper sérieusement du problème du logement et ceci en vue d’alléger les problèmes de nos citoyens”.

L’échine dorsale des At Yenni

Le problème ne se serait pas posé si c’est un projet PCD,comme c’est le cas de la cantine scolaire inscrite au CEM Larbi Mezzani qui est achevée et devait normalement fonctionner cette année, mais comme l’entreprise n’a pas honoré ses engagements, son ouverture est différée pour l’année prochaine. De ce fait plusieurs projets ont été réalisés dans ce volet qu’est la construction scolaire. Ainsi pour l’école primaire de Taourirt Mimoune, des sommes importantes ont été engagées pour le revêtement de deux cours, l’aménagement de deux classes, la réfection de tout le bloc cantine en peinture, la construction de murs de soutènement, afin d’éviter tout affaissement de terrains vu que dans toute la campagne les constructions ont été réalsiés sur des terrains accidentés. En plus d’autres réalisations dans d’autres écoles de la commune, à l’instar de celle de Tigzirt où un mur de clôture a été rélalisé pour la somme de 132 millions de centimes, la réfection du bloc sanitaire et la peinture pour tout l’établissement. Quant à l’école de Taourirt El Hadjadj, des opérations ont eu lieu comme la construction de murs de soutènement qui normalement devaient être réalisés bien avant, mais on dirait que le sort va à l’encontre de l’équipe actuelle, puisque même les glissements de terrains se sont mis de la partie. Sur cela, tous ces murs de soutènement qui sont construits ces dernières années, beaucoup de citoyens de la commune se posent la question du pourquoi de tant de murs. Quant au plus grandes réalisations qui restent à faire dans le secteur de l’éducation, c’est aux niveau de l’école de At Lahcène, où pratiquement six salles de classes sont détériorées suite aux dernières tempêtes de vent et de pluies qui ont causé des dégâts importants suite aux infiltrations des eaux pluviales qui ont détérioré les plafonds et autres toitures de ces classes, et pour entamer les travaux, l’attente des enveloppes de budgets dure toujours

A signaler que l’école d’Aït Lahcène est la plus grande de la commune. Le lycée, n’est que le point noir du secteur de l’éducation, en effet, cela fait plusieurs fois que les pouvoirs publics ont été interpellés, car il faut signaler qu’au niveau de ce lycée les réalisations sont quasiment nulles. Ainsi en 1999, des projets ont été inscrits mais quant à leurs démarrages ils sont toujours au point zéro. Le premier qui d’une importance capitale n’est autre que la construction d’un bloc dortoir pour accueillir les lycéens de la commune voisine (Iboudraren) qui courent, chaque jour que Dieu fait, un danger permanent, celui de la route, il n’est pas difficile d’imaginer ces adolescents qui s’entassent à 60 ou plus dans des mini-bus.Un bloc pédagogique qui désengorgera les classes à été aussi inscrit, un amphithéâtre de même, mais rien n’a démarré et pas une pierre n’a bougé, il et à se demander ce que les responsables de l’éducation attendent pour réagir et daigner faire quelque chose “à moins qu’ils attendent qu’un accident arrive et là ils viendront assorties de leurs beaux costumes sans plis “compatir” à la douleur des parents et des proches et promettre de remédier par la construction ou autre de cet établissement, s’il doit y avoir intervention c’est maintenant, je suis à mon deuxième mandat et rien n’a été fait par la Direction de l’éducation et de la DLEP (Direction du logement et de l’équipement public) et aucun projet n’a connu petit démarrage”, dira le président de l’APC de Béni Yenni, qui ajoutera “personnellement j’ai demandé à ce qu’au moins l’internat de 200 lits soit inscrit sur le budget communal et je m’étais engagé à le livrer le plus vite possible, mais aucune réponse à ce jour, ce qui est vraiment dommage”.

En effet la construction de cet internat évitera sûrement des dangers à tout ces lycées d’Iboudraren qui prennent le bus deux fois par jour mais aussi améliorera les résultats de ces élèves et l’internat prendra au moins les filles, ce qui allégera le transport de la commune et les élèves aussi qui viendront dans des conditions meilleures que celles qu’ils vivent maintenant, entassés comme des sardines dans une boîte.

La main des Mammeri

L’eau étant la source de vie de chaque individu, la commune de Béni Yenni même si elle n’en manque pas depuis quelques années, hormis lorsqu’il y a panne d’électricité ; l’eau, cette source pour qui des conflits ont existé entre plusieurs villages dans toute la région, est ces derniers temps une source à problème pour les citoyens de Béni Yenni d’abord, puis pour les autres citoyens des communes environnantes puisqu’elles manquent d’eau et que cette dernière coule à ciel ouvert entre Yatafen et le lieu dit La Tranchée, ceci pour la simple raison qu’après avoir dépensé des milliards, la conduite réalisée en 1996 contient des... milliards de trous en raison des travaux qui ont été tout simplement bâclés, au lieu d’utiliser des tuyaux adéquats (des PN 40) l’entreprise réalisatrice (ADE) a utilisé des tuyaux non conforme (des PN 20), pourris, ramené de Bousaâda où ils étaient abandonnés, et ladite conduite a été refaite plusieurs fois jetant ainsi des centaiens de millions dans... la boue. Pis encore même le béton bitumeux réalisé pour la somme de 3 milliards 800 millions n’a pas été épargné à force de déterrer et souder ladite conduit, et ce n’est toujours... pas fini. C’est vers les années 1937/38 que la 1ère conduite a été réalisée à partir d’un captage de source au niveau de la montagne. Cette conduite a vu le jour grâce au père de Mouloud Mammeri, l’Hadj Lounis At Maâmer. Vivant au Maroc le père de Dda Lmouloud, rentrant chez lui pour ses vacances trouva les citoyens des villages, Taourirt El Hadjadj et Taourirt Mimoun, qui ont failli s’entretuer pour la fontaine connue à Béni Yenni sous le nom de “Tala Boumsed” ; il a pu quand-même régler le problème sans qu’il y ait effusion de sang, vu que l’hadj Lounès était un notable donc, un homme respecté comme le sera son fils quelques années plus tard. Lorsqu’il retourna au Maroc après des vacances bien houleuses, le père de Mohamed V qui était élevé de Lounès At Maâmar, demanda à ce dernier s’il avait passé de bonnes vacances ; et bien sûr l’Hadj Lounès répondit par la négative et expliqua la cause.

Et c’est ainsi que le roi a intervenu auprès du gouverneur afin de débloquer la somme nécessaire pour la réalisation du projet de conduite d’eau potable pour la tribu des At Yenni. C’est ainsi que jusqu’en 1986 la commune de Beni Yenni était alimentée en eau potable à partir de la montagne. Mais entre temps, “nos ex-maires avaient inscrit un projet d’une conduite venant de Oued Rabta qui a coûté en ce temps-là un milliard, argent qui encore, est parti dans la rivière puisque ladite conduite a été abandonnée. Puis, en 1994, du temps de la DEC, le chef de daïra et les responsables locaux avaient inscrit un autre projet qui consiste en une station de refoulement à Oued El Djemaâ et une autre à la rentrée de Béni Yenni. Conduite qui était garanti pour 20 années selon le P/APC “seulement 16... mois après sa mise en service, il faut commencer à souder, puis à souder et à souder encore, étant donné que sur une conduite réalisée à coup de milliards, c’est la route qui bénéficie de l’eau et non la population et ceci parce que la fameuse conduite était pleine, non d’eau mais... de trous”, c’est pour cela que le président d’APC demande “une enquête car nous n’avons aucune trace sur ce projet au niveau de l’APC, il est à se demander comment un projet d’une telle somme soit réalisé sans qu’aucune trace ne reste dans les archives et les citoyens de ma commune disent basta...”.

Dans les autres volets du développement de la commune de Béni Yenni, tous les secteurs ont été touché par l’équipe dirigeante que ce soit en assainissement ou en eau potable et même en électricité. Certes, “des insuffisances sont encore à constater”, nous dira un citoyen de la commune, ce que reconnaîtra aussi le 1er magistrat, mais s’il y a une grande avancée qu’il ne faut pas taire, c’est que la commune de Béni Yenni a connu ces dernières années un essor qui est simple à constater, rien que par la visite que tout un chacun aura à faire dans cette commune.

La relance de la fête du bijou n’est qu’un exemple de la volonté affichée par l’équipe dirigeante et l’emploi qui a été créé durant cette période, par le fait que près de 250 jeunes ont été casés durant cette période “en étant employé dans le cadre de l’IAIG durant toute la durée de la fête du bijou, ceci avec le concours de la DAS”, conclura le maire.

B. M’hanna, depechedekabylie.com