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Coopération Algero-Américaine

Des militaires américains au Sahara
 
Citant des sources diplomatiques américaines à Alger, l’agence britannique Reuters à Alger indique que « la coopération américano-algérienne, notamment militaire, se développe dans de nombreux domaines. Nous avons augmenté l’an passé nos programmes d’instruction et de formation militaires ». Washington semble avoir augmenté son assistance militaire dans le sens où le budget de formation des officiers algériens était évalué à 700.000 dollars en 2003, selon les estimations de l’ambassadeur US à Alger, Erdman.
jeudi 4 mars 2004.

Selon le diplomate cité par Reuters, l’envoi des instructeurs américains est motivé par le fait que »le contre-terrorisme est un domaine-clé de la coopération américano-algérienne. La coopération de l’Algérie dans la lutte contre le terrorisme est remarquable ».

Sur ce plan, Américains et Algériens se montrent peu diserts du moment qu’il s’agit de coopération antiterroriste.

Le secrétaire d’Etat adjoint américain aux Affaires de l’Afrique du Nord et du Proche-Orient, William Burns, avait déjà indiqué que « les Algériens ont sauvé plusieurs Américains », sans en préciser la manière. Selon d’autres sources, les services secrets algériens ont, à maintes reprises, prêté main forte à la CIA et au FBI lorsqu’il s’est agi de retracer des réseaux islamistes en Europe et en Afrique ou le cheminement des « Afghans arabes » depuis le Sud-Est asiatique. « Au départ, les services américains alimentaient leurs connaissances des réseaux terroristes à travers les analyses des services européens, notamment français.

Mais depuis le 11 septembre, et les performances moyennes des Européens, les Américains préfèrent traiter directement avec les Maghrébins, particulièrement les Algériens », note un observateur des questions antiterroristes.

Cette donne s’est renforcée avec les pressions de l’administration Bush sur le Congrès afin qu’il autorise la vente d’équipements militaires à l’Algérie. Une partie du Congrès était hostile à la vente d’armes dites « offensives » à l’ANP. Mais, avec les performances avérées de l’armée algérienne, des firmes américaines d’armement et de télécommunications ont été autorisées à négocier des contrats avec les Algériens. Selon un récent rapport de la commission de défense du Congrès américain, l’Algérie a acquis pour 500 millions de dollars d’équipements, notamment ceux relatifs à la vision nocturne.

Car, avec les millions d’euros payés par l’Allemagne au GSPC pour la libération des 32 otages européens, la menace terroriste a pris une forme plus sophistiquée. Abderezak El Para, l’émir salafiste, avec 50 de ses éléments au nord du Mali, ont acquis des quantités d’armes (RPG 7, FMPK, kalachnikovs, mortiers, scanners et téléphones satellitaires Thuraya) qui dépassent les capacités de l’armée malienne. Les Américains estiment, selon le diplomate cité par Reuters Alger, que « la coopération engagée par Washington avec quatre autres Etats riverains du Sahara - Mali, Mauritanie, Niger et Tchad - peut leur permettre de faire face à l’insécurité inhérente à l’impossibilité de contrôler leur désert commun ».

Pour ce faire, les Américains font preuve d’une nouvelle détermination, même si elle n’accède pas encore au niveau de la coopération militaire qui existe entre Washington et Rabat, puisque le Maroc est le premier pays bénéficiaire des armes américaines dites « non-défensives ». Mais l’agence britannique souligne : « Dans les milieux militaires, on estime que le développement de cet aspect de la coopération bilatérale est un succès pour l’armée algérienne, dont Washington se méfie de l’influence marquée dans la vie politique, mais dont l’expérience depuis 12 ans dans la lutte contre l’islamisme armé lui paraît aujourd’hui très précieuse ».

En tout cas, c’est la première fois que l’US Army engage directement des instructeurs pour les militaires algériens avec, évidemment, le souci stratégique de sécuriser les accès aux plates-formes pétrolières. Mais la qualité et la nature de cette assistance, hors technologie, restent à déterminer car, de l’aveu même de l’assistant de Colin Powell, « Washington a beaucoup à apprendre de l’Algérie sur la façon de combattre le terrorisme ».

Mounir B., Le Quotidien d’Oran