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Louisa Hanoune à Hassi Messaoud et à Ouargla

Nous subissons le diktat des multinationales
 
L’étape Hassi-messaoud - Ouargla effectuée, hier, par la candidate du Parti des travailleurs était évidemment pleine de symbolique.
mercredi 24 mars 2004.

la région est toujours sous l’emprise de la colère, en raison de la problématique de l’emploi qui a fait descendre, il y a moins d’un mois, des jeunes dans la rue afin de rappeler leurs droits et marquer leur désarroi par la plus violente des formes de protestation, l’émeute. Le chef-lieu de wilaya porte encore les stigmates de cette colère, si les habitants insistent sur son caractère “sérieux” et “formel”, les insignes et les panneaux d’indication appuient ostensiblement le constat.

“Ces jeunes sont résolus, avertit ce comptable, leur peur de l’avenir est justifiée par le comportement pour le moins sélectif de la Sonatrach et des groupes d’investissement étrangers. Trente-mille emplois ont été créés en 2003 dans le domaine des hydrocarbures, et il existe ici près de 20 000 demandeurs. le chômage est à son plus haut niveau”. Les souvenirs du comptable, aujourd’hui chauffeur de taxi désabusé, sont plutôt indignation ; il y a quelques années, une agence pétrolière lui a proposé, en réponse à sa demande d’emploi, un poste de plongeur ! L’état d’esprit des jeunes de Ouargla est aussi indignation et désespoir. “Par ici, cher ami, point d’espoir.

Les politiques viennent et promettent des choses, mais leurs promesses ne tiennent que le temps d’une autre visite, alors pour moi, élection ou pas, l’incertitude domine, pourquoi donc aller voter ?”, s’interroge cet homme bruni par les rayons illusoires du soleil. Louisa Hanoune a atterri à l’aéroport Aïn Beïda dans ce contexte si inquiétant. un vent de sable s’était levé le matin, faisant craindre l’impossibilité pour les avions de se poser sur le tarmac.

“À Touggourt, c’est déjà la tempête, nous retenons notre souffle”, nous disait les militants, la mine juvénile et l’air angoissé, au siège du PT. “Nous espérons bien pouvoir tenir ces meetings, sinon ce serait catastrophique, tellement regrettable !”. Leur candidate, unique et première femme à briguer la magistrature suprême, se savait malgré tout attendue, cette contrée pétrolière étant le fief de travailleurs qu’elle veut défendre.

Défendre contre l’exploitation des “agences de négriers” dénoncées à cause des groupes d’intérêts qui alimentent les caisses des multinationales qu’elle abhorre, à cause de la politique de libéralisation et de privatisation ouvertement prônée par l’État algérien - et les cinq candidats rivaux, “notre programme, clame-t-elle fièrement, est particulièrement différent de celui des cinq autres”, une politique dont elle craint l’affaissement inéluctable du secteur et de la Fonction publics.

“Je sais que vous subissez la domination étrangère, en vérité les américains, de connivence avec nos responsables, veulent privatiser les hydrocarbures. Or, nous disons que ce secteur doit rester comme on l’a récupéré et nationalisé. Nos responsables, ont ouvert la porte au chantage étranger”, a déclaré la porte-parole du PT, première des six candidats à visiter la région. “Je ne pouvais pas ne pas venir ici, a-t-elle ajouté, la souveraineté doit appartenir au peuple”.

L’Algérie, a dit Louisa Hanoune, ne peut accepter la tenue d’un référendum sur l’officialisation de la langue amazigh, “le parlement est habilité à le faire, n’attendons pas qu’on nous impose des lois de l’extérieur”. Elle a rappelé les exemples irakien et yougoslave, “nous ne sommes pas des ethnies, ne faisons pas le jeu des décideurs et des multinationales”.

L.B, Liberté