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Dyana Guennous se confie

 
Cette phrase lourde de sens est lâchée par l’actrice kabyle Dyana Guennous qui a tout affronté pour réaliser son rêve de monter sur scène et d’extérioriser merveilleusement ses émotions en les partageant avec le public.
mardi 3 mai 2005.

Ce tempérament rebelle l’a toujours accompagnée. Dyana GuennousDéjà toute petite, Dyana laissait libre cours à son talent sur l’estrade de l’école en participant à toutes les pièces de théâtre et spectacles de fin d’année. Faire carrière dans le théâtre, elle n’y songeait pas vraiment : "C’était plutôt un rêve pour moi, celui de m’exploser sur scène. Je m’y sens moi-même. Le fait d’être en contact avec autrui apaise ma douleur" se confie-t-elle. Enseignante de théâtre, le 4ème art était le premier amour de Dyana qui a trouvé en ce moyen d’expression "un antidépresseur et un acte de résistance” qu’elle définit en ces termes “le théâtre est une révolution fantastique dans l’âme féminine algérienne. Un moyen formidable de peindre le quotidien et de mettre en exergue les maux qui rongent notre Algérie profonde ".

Dans le cinéma, "un mode de vie” selon ses dires, Dyana a toujours incarné cette femme qu’on voulait cloîtrer et qui ne ménage aucun effort pour brandir les dangers et lutter pour sa liberté et son affirmation. Elle a joué dans plusieurs feuilletons télévisés dont le premier est la série " tendresse d’une femme”. Depuis, Dyana a fait son bonhomme de chemin en prenant part à d’autres films, le dernier en date étant son rôle dans " Iguerbouchène " dans lequel elle a incarné la mère du grand musicien exilé en Angleterre pour étudier et accéder à un avenir meilleur. La souffrance de cette mère acceptant stoïquement la séparation d’avec son fils a été exprimée avec une grande sensibilité par Dyana : "c’est un rôle que j’ai joué avec mes tripes et je suis fière de l’avoir incarné ".

Cette actrice polyvalente qui touche à peu près à tout travaille actuellement à l’ENTV dans le doublage en kabyle des documentaires pour le stockage de programmes de la chaîne amazighe qui sera lancée prochainement et tourne au sud du pays dans un feuilleton-hommage consacré au chanteur aurassi Aissa El Djermouni. Profitant de cette entrevue, Dyana Guennous a tenu à apporter des clarifications aux propos apportés dans nos colonnes et qu’elle a jugé déformés. " Quand on m’a posé la question sur les scènes de nu, j’ai répondu qu’ " elles n’ont jamais ni fait progresser, ni fait régresser le cinéma " et quand on m’a posé la question sur le rôle de Nadia Kaci, j’ai répliqué texto :" Nadia Kaci est une grande comédienne que je respecte beaucoup. Elle est convaincue de jouer ce rôle dans Viva Algérie " et me concernant, je ne suis pas et je ne serai pas convaincue d’interpréter ce genre de films-là, peu importe le temps ou le lieu où je me trouve ". Elle ajoutera qu’elle s’est engagée dans ce domaine pour "porter tout haut la voix de la femme kabyle et non pas sa mise à nu ".

Par H.Hayet, depechedekabylie.com