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Le GSPC reconduit par le département d’Etat américain sur la liste des organisations terroristes

 
Le département d’Etat américain a reconduit, avant-hier lundi, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) sur sa liste principale des organisations terroristes internationales, a indiqué le ministère américain des Affaires étrangères dans un communiqué diffusé lundi soir. Washington avait classé, il y a deux ans, en mars 2002, le GSPC sur la liste des organisations terroristes.
mercredi 24 mars 2004.

Une classification qui devait expirer ce vendredi 26 mars et qui l’a aussitôt exposé à des sanctions financières et des restrictions de visas, puisque la loi américaine interdit à quiconque de lui fournir de l’argent ou une aide matérielle, quelle qu’elle soit. Les banques sont également sommées de geler ses avoirs et les Etats-Unis peuvent refuser de délivrer des visas à ses membres, selon l’agence Reuters.

Le même jour, le groupe Ansar El Islam, activant en Irak et accusé d’être lié à Al Qaïda, a été introduit pour la première fois sur cette liste qui compte désormais 37 organisations. Le département d’Etat note, dans son communiqué, qu’il souhaiterait que « cette liste fasse l’objet d’attention des gouvernements étrangers à travers le monde » afin qu’ils prennent « les mesures permettant d’isoler ces organisations, de faire obstacle aux sources de leur financement et à leurs mouvements à travers les frontières internationales ».

Selon un rapport du département d’Etat sur « les tendances du terrorisme global en 2000 », le GSPC qui vise « des cibles militaires et civiles en Algérie » est aussi « représenté dans plusieurs pays européens ». Pourtant, contrairement aux Américains, ce sont les Européens qui tardent à adopter la même position. En novembre 2003, l’Algérie avait appelé encore une fois, par la voix de son chef de la diplomatie, dans une réunion tenue à Rome avec la troïka européenne, à inscrire le GSPC et le GIA sur la liste des organisations terroristes indiquant que le terrorisme ne « constitue plus une menace sérieuse pour la stabilité des institutions de l’Etat, mais sa capacité à se régénérer doit faire l’objet d’une attention de tous les instants, que ce soit au niveau interne au pays ou dans les connexions transnationales () qui constituent un vecteur de développement des réseaux terroristes, de leurs sources de financement et de leurs méthodes d’action ».

Une déclaration venant appuyer l’analyse d’un expert international du terrorisme, faite lors d’un séminaire organisé au Danemark par les services de renseignements danois, PET, et attestant que « la plus grande menace terroriste pour l’Europe dans les cinq années à venir viendra non d’Al Qaïda, mais des groupes sympathisants issus d’Afrique du Nord ».

Yasmine Ferroukhi , Le Matin