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Benflis :“L’armée veut un président élu par les Algériens”

Ali Benflis en tournée électorale à Laghouat et à Blida.
 
D’importantes clarifications ont été apportées par le candidat quant à la neutralité de l’armée que Bouteflika a tenté de remettre en cause.
jeudi 25 mars 2004.

Un accueil triomphal a été réservé hier à Ali Benflis à son entrée dans la salle Baâziz de Blida où il a animé un meeting populaire. Des invités de marque à l’image de Louizette Ighil Ahriz, Lakhdar Bouragrâa, Anissa Benameur, Chérifa Khedar des familles victimes du terrorisme de la région de Blida, ont pris part à cette rencontre qui a drainé quelque trois mille participants. Dans un discours d’une heure et demie, le patron du parti FLN a évoqué la position de l’armée par rapport à l’élection présidentielle et la lutte contre le terrorisme.

“Il (Bouteflika) a déclaré lors d’une de ses visites qu’il était le candidat de l’armée. Mais l’armée a dit publiquement par la voix de son premier responsable, le général de corps d’armée, qu’elle ne prenait pas part à l’élection présidentielle en ne soutenant aucun candidat, qu’elle laisse la politique aux politiciens et qu’elle renvoie les candidats à la population”, a expliqué Ali Benflis à l’assistance avant de marteler que le choix de l’institution militaire signifie qu’elle veut que “le prochain président de la République soit élu par les Algériens pour que ce soit lui qui prenne en charge le destin du pays en affrontant les problèmes de la population”.

Pour le leader du FLN qui se réjouit fortement de la prise de décision de l’institution militaire, l’ANP “a de tout temps fait des miracles en combattant le terrorisme aux côtés des patriotes et des citoyens”. Toutefois, la déclaration du chef d’état-major de l’armée n’a pas été prise en compte par le Président-candidat, expliquera Benflis pour qui Bouteflika et ses courtisans n’ont pas manqué “de faire circuler la rumeur d’un soutien de l’armée à Bouteflika”. Cette manœuvre qualifiée de “trafic d’influence faite uniquement pour créer une situation de peur dans l’imaginaire populaire s’est effondrée, dira Benflis, dès lors que le chef d’état-major de l’armée a encore une fois parlé à quelques jours du lancement de la campagne électorale de la position de l’ANP en réaffirmant que l’armée demeurera neutre lors des élections”. “Pour que comprennent définitivement ceux qui n’ont pas encore compris la position de l’armée”, lancera Benflis sous un tonnerre d’applaudissements.

Évoquant le terrorisme, le patron du FLN a qualifié “d’escroquerie politique”, le fait que Bouteflika veuille prendre à son compte l’amélioration de la situation sécuritaire. “Ceux qui ont combattu le terrorisme, ce sont ceux qui sont restés ici (en Algérie) pour résister au terrorisme”. “Demandez au Président-candidat où est-ce qu’il était au plus fort des années du terrorisme ?” a interrogé Benflis avant de réponde qu’ “il n’était pas en Algérie”. L’orateur récusera par ailleurs l’idée de l’amélioration de l’image de l’Algérie à l’étranger grâce au Président- candidat. Il citera le scandale de Sfax et l’absence des investisseurs étrangers. A partir de la capitale du M’zab où il a animé la veille un meeting populaire, le candidat a rallié, hier, dans la matinée, la salle omnisports Dada-Benyoucef de la ville de Laghouat.

Devant les centaines de citoyens venus l’écouter, le secrétaire général du FLN insistera sur la nécessité de se mobiliser pour libérer le pays. “Ce qui m’a fait venir ici aujourd’hui, c’est l’Algérie”, dira-t-il, avant de résumer “le mal du pays”, en affirmant que “cette Algérie est malade dans sa démocratie, son économie et sa cohésion sociale”.

Dénonçant l’exclusion politique dont sont victimes Taleb Ibrahimi, Sid Ahmed Ghozali et Moussa Touati, Ali Benflis évoquera également l’injustice qui a frappé son parti. “Qui déteste le FLN ?” interroge-t-il l’assistance qui répond en chœur : “Ce sont les traîtres, el-harka”. Benflis n’hésitera pas à désigner du doigt le président-candidat : “La scène politique, c’est le peuple qui la fait. Il rebondit alors sur l’actualité brûlante. “Avez-vous entendu que la Grande-Bretagne vient de fermer son ambassade en Algérie ? interpelle-t-il son auditoire. “Avec le départ d’un grand pays comme l’Angleterre, il dit (Bouteflika NDLR) que l’image du pays est redorée à l’étranger.”

L’image du pays s’améliorera, selon l’ancien chef de gouvernement, par le travail. “N’ayez pas peur. la victoire est notre alliée. Mobilisez-vous devant les bureaux de vote pour défendre vos voix”, demande Ali Benflis.

N. M./S. R., Liberté