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Djaballah : “je refuse d’utiliser le mot terrorisme”

Il était hier à Chlef et à Relizane
 
Il s’est rendu, hier, successivement à Chlef, à Relizane puis à Tiaret pour “prêcher” les vertus de sa réconciliation nationale.
jeudi 25 mars 2004.

À Chlef comme à Relizane ou encore à Tiaret, Abdallah Djaballah, candidat à la présidentielle du 8 avril, a été timidement accueilli par la population locale. Ses discours ressassés, tout au long de la journée d’hier, soit lors de meetings ou de “causeries” tenues sur les principales artères des trois régions de l’ouest du pays, ne sont pas sortis du cadre strictement islamiste. La première escale a été marquée au chef-lieu de wilaya de l’ex-El-Asnam où le prétendant d’El-Islah a tenté de provoquer une marche sur l’avenue principale, avant de regagner le siège de wilaya de la permanence du parti.

Mais peine perdue, l’affluence escomptée par les organisateurs n’était pas au rendez-vous. Les portraits de l’hôte sont quasiment absents. Devant le bureau d’El-Islah, Djaballah harangue les sympathisants à partir d’un mégaphone. Voulant séduire et charmer les présents, Il leur tiendra, pour la circonstance, des propos d’ouverture : “Ce n’est pas par la prière ou la zakat, qu’on construira l’Algérie, mais évidemment par le labeur et le savoir”. Le cortège aux couleurs des islamistes d’El- Islah poursuit le périple électoral en trombe jusqu’à Relizane.

En face, des animateurs de la permanence de Bouteflika tentent de perturber la “fête” des “islahistes” à travers des baffles diffusant des chants. La circulation est bloquée. Des badauds sont partagés entre la musique de Bouteflika et le “prêche” de Djaballah qui, du haut d’une chaise transformée en tribune pour la circonstance au centre de la localité, plaidera, à qui veut l’entendre, la vision de son parti quant à la réconciliation nationale. “Dieu pardonnera les péchés antérieurs”, ces propos, dit-il, sont le slogan du parti pour la réconciliation nationale.

Attaquant sans le nommer le président sortant, le candidat dira : “notre réconciliation est plus globale et plus intégrale que celle qu’il ne cesse de vous prêcher depuis des années.” À Relizane, où encore les citoyens se souviennent des massacres perpétrés contre les populations de Ramka ou de Ammi Moussa et de Zemmoura, l’orateur reprendra le thème du jour : la réconciliation nationale. Devant sa permanence de wilaya s’est amassée, peu nombreuse, une population profondément blessée et touchée dans sa dignité par les hordes sanguinaires. “Le dossier des disparus reste malheureusement une honte sur le front du régime sortant”, s’indignera-t-il. “Je n’aime pas et je refuse d’utiliser le vocable terrorisme”, lâchera l’orateur. Pour lui, le projet de réconciliation nationale qu’il a prôné avant certains candidats est “meilleur et plus exhaustif.

D’autres questions liées au quotidien des algériens de l’Algérie profonde ont superficiellement été passées en revue. Plus loin, il s’est engagé, s’il est élu, à rehausser le Smig à hauteur de 15 000 DA et revaloriser le niveau des pensions de retraites. À Tiaret où le candidat d’El-Islah a tenté de faire passer trois messages à l’auditoire, il a averti que l’idée d’abrogation du code de la famille a pour origine le sionisme.

Rafik Hamou, Liberté