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Plainte contre la Banque d’Algérie

 
Dans une récente intervention à Paris, le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a enjoint aux clients spoliés de Khalifa Bank de recourir à la justice, et c’est bien ce qu’ils comptent faire. Une plainte a ainsi été déposée récemment contre la Banque d’Algérie par Me Gilbert Collard, l’un des avocats français les plus prestigieux.
mardi 10 mai 2005.

Le scandale Khalifa rattrape la Banque d'Algérie. L’affaire des clients spoliés de Khalifa Bank devra prendre une tout autre dimension. Surnommé « l’avocat cathodique », Me Collard est, en effet, réputé pour ses « coups de gueule » à la télévision française. Dès la semaine prochaine, apprend-on de sources informées, Me Collard devra courir les plateaux télévisés pour faire entendre la voix des clients spoliés par la défunte banque Khalifa. L’avocat français compte également venir en Algérie pour rencontrer les personnalités au fait de ce dossier, comme le liquidateur de la banque, M. Moncef Badsi. Le fait que cette affaire soit désormais entre les mains d’un avocat de renom remet du baume au coeur chez les clients spoliés. « Les choses sérieuses vont enfin démarrer », se réjouit un membre du collectif Khalifa. L’avocat français aime, en outre, les procès médiatiques (il a plaidé les affaires de Pierrette le Pen, Ausaresses, Richard Virenque, Patrice Allègre...). Le scandale politico-financier de Abdelmoumène Khalifa paraît donc à la mesure de son talent. D’autant que de grands noms de la scène artistique française sont impliqués dans cette affaire.

Ceci dit, lorsque le collectif des clients spoliés a saisi l’avocat français, la réponse n’a pas été immédiate. Selon les membres du collectif Khalifa, il a fallu qu’il rencontre les épargnants émigrés « en pleurs » pour qu’il se décide à prendre en main cette affaire. « Il a surtout été touché par l’abandon des épargnants de Khalifa Bank par l’Algérie », affirme M. Nacer Zerouali, président du collectif Khalifa en France. Les clients spoliés ruminent encore les propos du président Bouteflika tenus au cours de la campagne électorale, selon lesquels « l’Etat remboursera tous les épargnants de Khalifa Bank sans intérêts ». Ils estiment que le président Bouteflika doit honorer ses promesses. « Aujourd’hui, le Président nous envoie sur les roses en disant que nous devons porter plainte. Pourtant, c’est lui qui nous avait poussés à investir dans cette banque. Il a cité Abdelmoumène Khalifa comme un exemple », s’insurge M. Zerouali.

Aujourd’hui, les épargnants de Khalifa Bank ont bien l’intention de récupérer leur argent et d’avoir, en prime, des dommages et intérêts. « Je ne laisserai rien passer », lâche M. Abed Omar, président du collectif des clients de Khalifa Bank en Algérie. Il souligne que les clients de Khalifa n’ont aucune intention de verser dans la politique. Ils veulent uniquement, disent-ils, que justice soit faite.

Dans un premier temps, les clients s’attaqueront à la Banque d’Algérie qui a accordé un agrément au golden boy algérien. Ils pourront, par la suite, déposer d’autres plaintes contre des personnes ayant une responsabilité dans cette affaire. Le collectif Khalifa prévoit également d’entamer des actions de protestation pour réclamer leur dû. Six membres du collectif d’Alger prévoient de tenir une grève de la faim cet été. « Ce sera immédiatement après le retour de notre avocat de France où il aura rencontré Me Collard », précise M. Abed Omar, qui tient par ailleurs à saluer le travail du liquidateur. « Même s’il y a eu quelques faux jugements, je suis sûr que M. Badsi avait de bonnes intentions », souligne M. Abed. En attendant le procès de Me Collard contre la Banque d’Algérie, le président du collectif cache ses petites économies « sous le matelas ». « Je ne ferai confiance à aucune autre banque », confie-t-il.

Par Amel Blidi, quotidien-oran.com