ACCUEIL     RENCONTRES     DONATION     FORUM

L’OTAN s’ouvre à l’ANP

 
L’engagement de l’Algérie dans le dialogue avec l’OTAN s’affirme avec la même régularité que les déplacements au siège de l’organisation à Bruxelles du chef d’état-major de l’ANP, le général major Gaïd Salah.
mardi 10 mai 2005.

Siège de l'OTAN, Belgique.Le dernier a débuté hier et devrait se prolonger jusqu’au 11 mai dans le cadre de la deuxième réunion du comité militaire des chefs d’état-major des pays de l’OTAN avec ceux des pays du dialogue méditerranéen. Cette réunion qui aura lieu demain mercredi sous la présidence du président du comité militaire de l’OTAN, le général norvégien Harald Kujat, revêt une importance particulière dans la mesure où elle intervient dans un contexte où l’Algérie ne cesse d’affirmer sa volonté de pousser le plus loin possible la coopération avec l’Alliance. Samedi dernier, au cours de la conférence-débat à Alger de l’ambassadeur du Canada à l’OTAN, Jean-Pierre Juneau, un officier de l’ANP proche du dossier du dialogue méditerranéen avait déclaré à ce sujet que le rapprochement de l’Algérie avec l’Alliance procède d’une vision stratégique et que toute la diplomatie militaire algérienne allait être concentrée sur les moyens d’avoir les meilleures relations avec l’organisation politico-militaire.

Ce discours, on doit le mettre en parallèle avec la visite actuelle d’une délégation de haut gradés algériens aux Etats-Unis et la volonté de l’état-major de l’ANP de poursuivre une réforme dont les implications sont de l’inciter à multiplier la coopération avec ce pays considéré comme la colonne vertébrale et le moteur de l’Alliance. Durant son séjour, le général major Gaïd Salah devrait le défendre davantage et avec plus de vigueur d’autant qu’on assiste aujourd’hui au sein de l’Alliance à une évolution caractérisée entre autres par une ouverture politique plus franche en direction des pays du Maghreb et du Moyen-Orient élargi à la région du Golfe. « L’OTAN veut développer davantage les consultations avec cette région. Il s’agit de fonctionner à la demande et au rythme que ses pays veulent donner au partenariat avec notre organisation », a déclaré à ce sujet l’ambassadeur du Canada lors de sa conférence algéroise. La demande de l’Algérie de participer à l’opération antiterroriste en mer, Active Endeavour, devrait ainsi rapidement aboutir puisque les raisons qui l’ont retardée, a indiqué l’ambassadeur canadien, sont imputables à un « processus bureaucratique » qui devrait trouver son épilogue incessamment.

L’accélération du dialogue politique de l’OTAN avec les pays tiers-méditerranéens et du Sud d’une manière générale est également perceptible dans le débat actuel sur les possibilités de son concours au règlement de la crise au Darfour soudanais. Ce dossier auquel l’Algérie accorde un intérêt particulier sera discuté et « exploré » le 17 mai prochain à Bruxelles entre le secrétaire général de l’Alliance, le Néerlandais Jaap de Hoop Scheffer, et le président de la commission de l’Union africaine (UA), le Malien Alpha Oumar Konaré. L’Union africaine, rappelons-le, a demandé, le 27 avril dernier, l’ouverture avec l’OTAN de « consultations » pour un appui logistique de l’Alliance à sa mission dans la province du Darfour. Dans une déclaration récente, un responsable de l’OTAN a déclaré qu’il n’était pas question d’un déploiement significatif en Afrique, mais il n’a pas exclu non plus qu’un « petit contingent puisse se rendre le cas échéant sur place ». Ce qui constituerait une première dans les annales de l’Alliance depuis la chute du mur de Berlin et la disparition du camp soviétique ; et une donnée stratégique nouvelle que les Etats-Unis voudraient bien voir concrétisée.

En avril dernier, à Vilnius, lors de la rencontre des ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’OTAN, la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, avait, en effet, exprimé le soutien des Etats-Unis à un « éventuel appui logistique de l’Alliance à la mission de l’UA au Darfour ». « S’il devait y avoir une requête (de la part de l’UA), j’espère que l’OTAN y répondrait favorablement », avait déclaré Mme Rice, en marge d’une réunion informelle de ses homologues de l’Alliance.

Par Kader Hannachi, quotidien-oran.com