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BEF et Bac 2005 : Mobilisation générale en Algérie

 
Dans une récente intervention, le ministre de l’Education nationale a tablé sur la hausse du taux de réussite aux épreuves de sixième, du BEF, du Bac en Algérie pour l’année 2005.
mercredi 11 mai 2005.

Aboubakr Benbouzid souhaite un taux de réussite de plus de 90% au Bac en Algérie.« Nous ne voulons pas d’un taux de réussite inférieur à 95%, notamment pour les épreuves de 6e AF et le BEF », a-t-il déclaré à la presse en évoquant l’éventualité de recours à une seconde session et au système de rachat au profit des deux paliers cités.Un choix qui semble dicté par les déperditions scolaires qui ne cessent de croître dangereusement ces dernières années. Le ministre avait également rassuré les élèves et leurs parents quant aux moyens qui seront mis en œuvre afin de réunir toutes les conditions de travail lors de ces compositions décisives. A Béjaïa, le premier responsable de la direction de l’éducation de la wilaya a annoncé, fin avril dernier au cours d’une conférence de presse, une série de mesures pour le bon déroulement des examens de fin d’année.La désignation des centres d’examens, la finalisation des listes de candidats, la mise en place de la logistique et la mobilisation de l’encadrement humain comptent parmi les dispositions qui seraient déjà prises. Le directeur de l’éducation a également fait, pour la circonstance, le point sur les préparatifs matériels engagés par la tutelle pour le bon déroulement de ces sessions, avant d’inviter les autorités locales à contribuer (sécurité, transport...) au succès de cet événement tant attendu par la famille de l’éducation et les parents d’élèves.

Un appel qui a été suivi d’effet lors des épreuves sportives (obligatoires à partir de l’année en cours) qui se sont déroulées, de l’avis général, dans de très bonnes conditions. Examinateurs d’EPS (éducation physique et sportive) et candidats ont été en effet unanimes au sujet de la sérénité et de l’ambiance bon enfant qui ont caractérisé cette première session du bac sportif. Au cours de son point de presse, le directeur de l’éducation avait aussi exposé les données statistiques et le plan de répartition des candidats sur les espaces d’examen retenus ainsi que les centres de correction des épreuves. On a appris à l’occasion que plus de 25 000 écoliers en classe de 6ème année primaire, répartis sur 135 centres, postulent cette année au brevet d’éducation primaire (BEP) dont l’examen est prévu pour le 22 juin prochain.

Les épreuves du BEF, programmées pour le début juin, concernent 27 421 prétendants (dont 21 candidats libres), répartis sur 86 centres. Soit une hausse de 1 036 candidats par rapport à l’année précédente. 21 156 lycéens (dont 5 726 candidats libres), répartis sur 66 centres et encadrés par 4 400 enseignants, postulent au baccalauréat. Voilà pour la préparation de la clôture de la saison 2004/2005. Mais la « moisson » demeure des plus incertaines, s’accordent à dire enseignants et directeurs d’établissement en s’étalant sur les problèmes qui minent de longue date ce secteur stratégique.

Quelle « moisson » pour 2005 ?

De l’avis de nombreux spécialistes, le système éducatif national est, en effet, gangrené par la qualité « médiocre » des programmes enseignés, la formation insuffisante des formateurs, le manque d’intérêt des apprenants, les problèmes socioprofessionnels du corps enseignant et parfois le manque des moyens pédagogiques et didactiques. Des contraintes auxquelles s’ajoutent les multiples conflits sociaux et les innombrables grèves et débrayages qui paralysent annuellement les écoles.L’interminable bras de fer engagé depuis deux ans entre les professeurs de l’enseignement secondaire (PES) affiliés au CNAPEST et la tutelle est, à ce titre, assez caractéristique.

Aux dernières nouvelles, les adhérents de ce syndicat non agréé refusent de remettre les notes des premier et second trimestres et menacent de boycotter la correction des épreuves du bac pour exiger la reconnaissance de leur structure.Rien qu’au cours de la semaine dernière, les PES de Béjaïa ont observé deux journées de grève largement suivies pour réitérer leurs doléances. Même topo dans le primaire et le moyen où prédomine le SETE-UGTA qui recourt aussi épisodiquement aux débrayages pour soulever les problèmes des travailleurs du secteur. Lundi dernier, les syndicalistes du SETE et les enseignants contractuels ont organisé un sit-in devant le siège de la direction de tutelle pour poser la question des salaires impayés.« Plus de 400 PCEF n’ont pas perçu leurs salaires depuis début 2003.

A l’issue d’un précédent mouvement de protestation, la direction de l’éducation s’était engagée à assainir la situation avant mars 2005, hélas sans tenir encore une fois sa promesse. On revient donc à la charge », dira Malek Bekhouche, secrétaire général du syndicat qui n’exclut pas le recours à la grève à partir de la semaine prochaine à défaut d’une prise en charge immédiate et effective de ce problème. A tout ce marasme vient s’ajouter le phénomène de l’absentéisme des enseignants et des élèves en prétextant des congés de maladie de complaisance.Pour toutes ces considérations et d’autres moins connues, les prévisions des spécialistes sont plutôt sceptiques au sujet de cette cuvée 2005 qui « décevra certainement les espoirs du ministre de la tutelle », termine, catégorique, un enseignant retraité.

Par Kamel Amghar, latribune-online.com