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Algérie : destination à risques

 
Après l’avoir mise en sourdine dans ses discours au moment où il usait de tous les coups, lâches et bas, contre l’Administration en Algérie, la justice pour casser le FLN avec l’aide diurne de son bras droit, Zerhouni, revoilà un Bouteflika entrant en campagne seul, désespérément seul contre tous.
jeudi 25 mars 2004.

Il se contente de citer dans ses résidus soutiens un Hamas éclaté, un RND qu’incarne un Ouyahia qui s’est tu depuis la campagne de son maître et un conglomérat d’associations anonymes qu’il qualifie de « peuple ». C’est dans cet esseulement qu’il reprend dans un verbe désespéré, sans la verve qu’on lui connaît, le slogan de la concorde nationale, la seule bouée de sauvetage à être lancée, dans ce naufrage, par les terroristes armés qui sont en fait ses principaux interlocuteurs dont il attend, à la suite d’un Rabah Kebir, qu’ils lui apportent leur soutien.

Un soutien actif des maquis terroristes. Il ne cite plus depuis déjà longtemps ses « amis » Chirac et Bush auxquels il n’a pas réussi à vendre la concorde nationale au prix fort d’une vassalité éhontée qui a mis à mal l’image d’un chef d’Etat reçu par des portiers d’ambassade.

Si ce n’est pas la première fois qu’il ternit l’image de l’Algérie à l’étranger, jamais l’Occident ne s’est méfié de lui que sous son second mandat car cette fois, il agit seul. Il a plaidé la concorde avec Chirac en réhabilitant le passé des harkis et en acceptant de tourner la page de la guerre d’Algérie. Pourtant Chirac n’a pas été dupe. Il donne la traque aux groupes terroristes sur son sol et n’entend pas se laisser charmer par les promesses d’un Président qui a été mis au banc des accusés par l’Armée, l’accusant de nourrir l’intégrisme. Bush ne croit pas aux déclarations présomptueuses de Bouteflika sur la nécessité de combattre la ceinture internationale du terrorisme quand il gratifie le chef du GSPC de « Monsieur Hattab », dont l’organisation vient d’être à nouveau mise sur la liste rouge de la Maison-Blanche. L’Occident voit désormais l’Algérie comme un pays à risques.

Après l’ambassade d’Angleterre qui vient de fermer ses portes pour raisons sécuritaires, c’est au tour d’une équipe de tennis danoise qui refuse de disputer un match en Algérie pour les mêmes raisons. Et Bouteflika fait campagne avec toutes ces volées de gifles et d’affronts de la part des puissances occidentales qui lui signifient chaque jour que la promesse de la concorde est un échec, une duperie et une trahison pour la mémoire de l’histoire universelle. La réconcialition à une semaine de la fin de la campagne donne le ton franchement islamiste à Bouteflika. Mais les terroristes ont en face d’eux l’Armée. Et lui avec.

Rachid mokthari, Le Matin