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Le collectif des familles de disparu(e)s accuse Bouteflika

 
Le Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie et SOS Disparus protestent énergiquement contre les propos tenus par le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, lors de l’émission « Baramidj » diffusée le 15 mars sur l’ENTV.
jeudi 25 mars 2004.

Le Président a, en effet, affirmé que durant son mandat « aucune disparition n’a été signalée » et qu’il défiait « quiconque de dire que pendant mon mandat il y a eu des disparitions ». Pourtant, des disparitions forcées imputables aux services de l’Etat ont bel et bien eu lieu durant le mandat du Président Bouteflika, et nous sommes en mesure de le prouver. SOS Disparus dispose, en effet, de dossiers documentés faisant état de disparitions qui se sont produites entre 1999 et 2003.

C’est le cas, pour ne citer qu’un seul exemple, du dénommé Abdelkader Mezouar, enlevé le 2 juillet 2002 à 6 h 45 sur son lieu de travail par les services de sécurité, et porté disparu depuis. Plusieurs plaintes ont été déposées auprès des institutions compétentes par sa famille, sans aucun résultat, et une lettre recommandée, avec accusé de réception, signalant la disparition a été adressée au Président de la République.

Le cas de M. Mezouar n’est qu’un parmi de nombreux autres cas de disparitions, au sujet desquels nous sommes prêts à fournir toute information utile au Président de la République, si toutefois, et pour la première fois, il souhaitait de se pencher sur le cas des milliers d’Algériens disparus suite à leur « arrestation-enlèvement » par les services de sécurité. Le collectif des familles de disparu(e)s en Algérie et SOS Disparus demandent expressément à M. Bouteflika d’avoir le courage politique d’établir une liste nominative des personnes disparues au sujet desquels il a toujours refusé d’ouvrir des enquêtes, présumant sans l’ombre d’une preuve, qu’ils avaient pris le maquis ou rejoint des camps d’entraînement à l’étranger.

Le Président Bouteflika a entre les mains la possibilité et le devoir d’élucider le sort réservé aux disparus, a fortiori, et il est inutile de nier l’évidence, le sort de ceux qui ont disparu durant son mandat du fait des forces de sécurité. S’il s’abstenait de le faire, nous ne pourrions que continuer de le considérer comme coupable du crime continu que constituent les disparitions forcées.

Nasséra Dutour, porte-parole