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L’Algérie fermera ses centres de vieillesse d’ici 2010

 
Djamal Ould Abbas, le ministre de l’Emploi et de la solidarité nationale, se dit très touché par le sort réservé aux personnes du troisième âge en Algérie et propose des mesures d’aide visant à encourager les familles à prendre en charge leurs parents.
lundi 16 mai 2005.

Djamal Ould Abbas entend fermer les centres de vieillesse en Algérie.Bien qu’elle soit majoritairement jeune, la société algérienne compte de plus en plus de personnes âgées (plus de 60 ans). Elles sont à l’heure actuelle plus de deux millions, selon les statistiques du ministère de la Solidarité qui compte bien s’occuper de cette frange en respectant les valeurs ancestrales qui sacralisent les personnes du troisième âge. À ce titre, M. Ould Abbas a annoncé, hier, que les “centres de vieillesse vont être progressivement fermés d’ici 2010” et qu’une pension va être versée aux parents et aux proches de la personne âgée pour la prendre en charge au sein même de la famille et de bénéficier ainsi de la chaleur familiale. Autrement dit, il faut payer les enfants pour les persuader de supporter la vieillesse de leur parents... c’est tout de même curieux.

La loi algérienne est claire sur ce chapitre et ne tolère pas l’abandon. Mais la réalité peut être tout autre “dans ces cas-là, toute mesure coercitive n’est pas souhaitée car elle n’obtient aucun résultat probant”, a expliqué hier M. Bouchenak Khelladi Abdallah, directeur de la solidarité nationale.

Ce dernier a expliqué que la fermeture des 23 centres répartis à travers le territoire national obéit à la politique menée par ce département depuis déjà des années. “Il ne s’agit nullement de fermer les portes aux personnes âgées dans le besoin d’un abri, bien au contraire. Il est surtout question de leur offrir un environnement plus décent et l’idéal est qu’elles demeurent parmi les leurs”, a insisté M. Bouchenak en précisant que le nombre de pensionnaires pris en charge est en nette régression depuis quelques années pour atteindre actuellement les 1 855 répartis sur les 23 foyers d’une capacité pour la plupart de 3 259 places (en théorie) car pour l’heure le taux d’occupation est de 52% et va crescendo.

“Pourquoi garder des centres d’une grande capacité pour très peu de pensionnaires et de nombreux employés et dans un endroit confortable mais dénué de chaleur familiale alors que l’aide peut s’effectuer autrement”, n’a cessé de marteler M. Bouchenak et d’expliquer qu’un travail de proximité doit être mené auprès des familles et de la société en général. La pension en soi n’est pas définie, selon notre interlocuteur, qui a indiqué, par ailleurs, que l’aide de l’État toujours en vigueur sera sous des formes différentes. Elle peut être simplement une somme d’argent, de la nourriture, ou d’autres besoins tels que des articles d’hygiène, soins médicaux (visite du médecin à domicile)... etc.

La situation est laissée à l’appréciation des assistantes sociales. Les centres seront, en effet, fermés mais les personnes âgées, dans le besoin, leurs proches pourront toujours s’adresser, dans le cas extrême aux directions de l’action sociale. Les personnes sans attache, comme le confirmeront des enquêtes, seront également prises en charge.

En fait, il s’agit de se débarrasser de ces structures d’accueil qui restent assez mal vues par les populations et de combler cela par une aide indirecte qui ne touche en rien à la dignité des personnes âgées et... à leurs enfants. Quoi qu’il en soit, il ne sert à rien de se voiler la face. Le temps de la vie tribale s’en est allé, celui de la grande famille aussi. C’est peut-être là le fruit de l’évolution. Il est grand temps de le prendre en charge sérieusement. On le doit bien à nos... vieux.

Par Nabila Saïdoun, liberte-algerie.com