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Kabylie : Les élus FLN de Béjaïa se retirent

 
Les élus de l’ex-parti unique, le FLN, se sont retirés des mairies de Béjaïa (Kabylie) et vont rencontrer Abdelaziz Belkhadem dès son retour de l’étranger.
lundi 16 mai 2005.

Saïd Bouhadja chargé de la communication au sein du parti et non moins membre du secrétariat exécutif nous a révélé que « tous les élus de Béjaïa ont signé leur retrait. Ils sont plus de 80. Nous avons reçu une motion avec leurs signatures faisant part de leur décision d’accéder à l’invite du secrétaire national du parti à démissionner de leurs postes au sein des collectivités locales ». « Ils ont néanmoins demandé, a ajouté notre interlocuteur, à rencontrer Abdelaziz Belkhadem pour se concerter avec lui concernant les suites des événements. »

Ainsi, une réunion va être tenue ces jours-ci avec les concernés, dès le retour du chef du FLN qui se trouve actuellement en tournée avec le président Bouteflika. Il faut rappeler qu’une cinquantaine d’élus ont déjà remis leur tablier. « Ceux de Tizi Ouzou, nous a affirmé le chargé de la communication, ne posent pas problème. Le retrait se fait graduellement et nous pouvons dire qu’après cette décision courageuse de la part de nos élus de Béjaïa, il ne restera plus de récalcitrants ». Il semblerait que les émissaires envoyés par le chef de file du FLN ont réussi à convaincre les élus qu’il était préférable de se retirer dignement au lieu d’attendre le décret présidentiel qui les révoquera de fait.

Pour rappel, ce retrait intervient plus d’un mois après l’invite du secrétariat exécutif qui a exhorté ses élus locaux de la Kabylie à quitter leurs postes. S’en est suivi un mécontentement et une levée de boucliers qui a nécessité le déplacement de plusieurs personnalités influentes du parti pour mettre le holà à la protestation. Les élus, faut-il le souligner, ont des appréhensions quant à leur réélection dans les prochaines échéances qu’on donne pour anticipées. Ils ont peur de perdre leurs privilèges mais surtout, ils ont voulu forcer la main à leurs responsables afin de négocier au mieux leur départ et éviter de partir bredouilles sans assurer leurs arrières. Le FLN, qui a plus de 213 sièges à Tizi Ouzou, Bouira et Béjaïa a été pris de court par la décision du RND de se retirer pour exaucer la sixième incidence de la plate-forme d’El kseur.

Bien que critiquant vivement avec le MSP leur troisième partenaire de l’Alliance présidentielle la décision unilatérale du chef du gouvernement en lui reprochant de ne pas les avoir consultés au préalable, le parti a néanmoins par la voix de son patron signifié que " le FLN est favorable à l’application des engagements du gouvernement et des accords conclus avec les archs". C’est aussi l’une des résolutions du dernier conclave du Conseil national qui a endossé le retrait pour participer au dénouement de la crise en Kabylie et permettre, précise-t-on « au dialogue entre le gouvernement et les archs de se dérouler dans le sens positif vers lequel s’oriente la volonté des deux parties ». Cette instance qui refuse de faire marche arrière a clairement mentionné dans un document que « les militants doivent faire preuve de discipline et se plier aux lois de la République ».

Il ne faut pas oublier que c’est l’une des revendications des archs qui sera concrétisée et qui constitue un nouveau pas dans l’épilogue de la crise politique afin de passer à l’étape de la réconciliation nationale et de l’amnistie générale. Il ne faut pas perdre de vue le fait que la crise de Kabylie fait partie de la crise politique globale et qu’elle est incluse dan la démarche réconciliatrice du président de la République. Des élections anticipées ne sont pas écartées, dans lesquelles il faut prévoir, selon certaines sources, la participation des animateurs du mouvement citoyen. Cependant, avant de s’en remettre au verdict des urnes, il faut attendre le décret présidentiel qui devra instituer la dissolution des assemblées populaires.

Si le RND et à présent le FLN ne constituent plus une entrave, c’est le FFS, majoritaire dans la région, qui fait de la résistance. Il a même saisi les instances internationales pour trancher la question. Belaïd Abrika, le meneur des pourparlers avec le chef du gouvernement a estimé (lire l’entretien d’Ali Titouche), vu les réticences qui ont caractérisé la réalisation de la sixième incidence, que c’est au gouvernement de trouver les mécanismes de son application par les institutions de l’Etat. En soulignant que « la dissolution des assemblées populaires de Kabylie n’est pas une promesse mais un engagement de l’Etat algérien. Le gouvernement a préconisé une démarche visant à mettre en exécution l’accord conclu. » Et d’ajouter que « l’application de cet accord qui porte, entre autres, sur la dissolution des APC de la région est une affaire de temps seulement ». Ce n’est donc plus qu’une question de temps et la Kabylie devra se préparer à élire ses nouveaux responsables locaux.

Par Nadira BEL, lexpressiondz.com