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Entretien avec Belaïd Abrika

 
Le charismatique leader kabyle Belaïd Abrika s’exprime sur la rencontre qui s’ouvre mardi et qui sera axée sur les revendications démocratiques et historiques.
lundi 16 mai 2005.

Belaïd AbrikaL’Expression : En dépit de la promesse du gouvernement allant dans le sens de mettre en exécution la revendication portant « révocation des indus élus », celle-ci demeure encore insatisfaite. Où en est-on par rapport à ce sujet ?
M.Belaïd Abrika : Tout d’abord la dissolution des assemblées populaires de Kabylie n’est pas une promesse mais un engagement de l’Etat algérien. La signature de l’accord global sur la satisfaction de la plate-forme d’El Kseur ne se pose pas en tant que simple promesse mais en engagement qui va dans le but de mettre en exécution un accord conclu. Cependant, l’application de cet accord qui porte, entre autres, sur la dissolution des APC de la région est une affaire de temps seulement. Le gouvernement a préconisé une démarche de concertation avec les parties concernées dans le but de trouver la meilleure manière pour appliquer cette démarche. En ce qui nous concerne, je crois qu’on est à une phase très avancée concernant la mise en oeuvre de la plate-forme d’El Kseur. Concernant la question de la révocation des indus élus, c’est au gouvernement de voir les mécanismes de son application par les institutions de l’Etat.

Le prochain round de conciliabules, fixé pour mardi, s’articulera autour du chapitre dit revendications démocratiques. Quel est le contenu exact de ce dossier ?
La rencontre qui s’ouvrira mardi à 18h00 sera axée sur les revendications démocratiques et historiques telles que consignées dans le document de mise en oeuvre de la plate-forme d’El Kseur, soit le chapitre III du document de mise en oeuvre qui comporte 25 points relevant de doléances à caractère démocratique. Je peux vous citer, à titre d’exemple, l’annulation de la démarche portant interdiction d’organisation des manifestations publiques, la restriction du champ des libertés individuelles et collectives, la séparation effective des pouvoirs, l’indépendance de la justice, la décentralisation et l’instauration de la démocratie participative, ainsi que la satisfaction de la revendication amazighe dans toutes ses dimensions par sa constitutionnalisation, la consécration du caractère amazigh de l’identité du peuple algérien dans la Constitution, et l’intégration de tamazight dans l’article 3 de la Constitution comme langue nationale et officielle. C’est, en un mot, l’ensemble des points 8, 9 et 11 inscrits dans la plate-forme d’El Kseur.

Justement, sur la question de l’officialisation de tamazight, telle qu’elle est inscrite dans le document en question, peut-on s’attendre à une satisfaction « pleine et entière » de cette revendication ?
Comme je vous l’avais signalé, nous allons discuter, mardi, sur le chapitre III du document de mise en oeuvre de la plate-forme d’El Kseur qui comporte, entre autres, la question de tamazight. Laquelle revendication doit être traitée par les deux parties, car elle constitue l’une des questions et points les plus sensibles et importants. Aussi, cette question sera prise en charge en référence à l’accord global signé par le gouvernement et le mouvement citoyen. Donc, le O.K. de principe a été arraché, reste à réfléchir sur les mécanismes devant promouvoir tamazight dans les jours qui viennent.

Dans le cas où la plate-forme d’El Kseur sera entièrement satisfaite, serait-ce la fin du parcours pour le mouvement citoyen ou existe-il encore d’autres missions à assumer ?
Je ne peux me prononcer sur cette question, c’est prématuré. Le mouvement a ses règles de fonctionnement et son règlement intérieur. Ce que je peux vous dire, c’est que nous allons agir suivant les principes directeurs et le code d’honneur du mouvement. Nous n’avons aucun autre objectif que la plate-forme d’El Kseur et nous allons agir aussi dans le sens d’aboutir à toutes les revendications inscrites dans ce document, car la région doit impérativement rattraper son retard. Je crois que c’est notre principale mission pour laquelle notre combat est né.

Entretien réalisé par Ali TITOUCHE, lexpressiondz.com