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Emeutes à Akbou et dégats à Tazmalt et Amizour

 
Les localités de Béjaïa-ville, Akbou, Amizour et Tazmalt ont vécu un week-end électoral particulièrement tendu. En effet, la campagne électorale que des candidats et leurs représentants ont voulu mener dans la wilaya a tourné à l’émeute.
samedi 27 mars 2004.

Dans la journée d’hier, la situation a dégénéré à Akbou lorsque les représentants des comités de soutien à la candidature de M. Bouteflika et des membres du RND ont tenté d’animer un meeting populaire dans la salle de cinéma de la ville au grand dam des citoyens. Des membres des aârouch ont approché les organisateurs en les priant de partir. Des policiers interviennent en intimant l’ordre aux délégués de sortir de la salle. L’intervention des services de sécurité à provoqué l’ire des jeunes qui ont bombardé la salle de cinéma avec des pierres. Des renforts de CNS arrivent en trombe et le décor des échauffourées est planté. La ville d’Akbou ressemblait à un vaste champ de bataille. Des pneus sont brulésdevant l’entrée de l’édifice.

Les ruelles menant vers le centre-ville ont été barricadées par des émeutiers. Un impressionnant dispositif sécuritaire quadrillait les lieux où devait se tenir l’activité des comités de soutien à la candidature de M. Bouteflika. C’est avec des bombes de gaz lacrymogène que les CNS tentaient de disperser des groupes de jeunes qui revenaient à chaque fois à la charge. Au moment où nous mettions sous presse, les émeutes se poursuivaient. Dans la journée de jeudi, des événements graves ont failli se produire dans la ville de Béjaïa.

Trois délégués et deux citoyens ont été embarqués par la police au commissariat central. Les cinq prévenus n’ont été libérés qu’en fin de journée de jeudi. Ces événements se sont produits suite à une tentative des citoyens de la cité des Hammadites d’empêcher un meeting du Mouvement national de la génération libre que les organisateurs voulaient animer au Théâtre régional de Béjaïa (TRB) en guise de soutien à la candidature de M. Bouteflika. Les services de sécurité se sont lancés dans une véritable course-poursuite contre les délégués du mouvement citoyen qui étaient rassemblés devant le TRB. Cette chasse à l’homme s’est soldée par la blessure d’un délégué des aârouch et l’interpellation de cinq citoyens.

Le délégué Mustapha Medour de Béjaïa, qui est tombé en tentant de fuir, a eu une jambe cassée. Un autre meeting électoral que devaient organiser des cadres du Parti des travailleurs (PT) au centre culturel Malek-Bouguermouh, dans la ville d’Amizour, a été empêché par les citoyens. Les organisateurs ont directement annulé leur activité craignant certainement des affrontements. Or, la veille, une action électorale du même parti a été empêchée dans la ville de Barbacha.

Par ailleurs, la série de saccage des permanences des candidats par des inconnus s’est poursuivie à Tazmalt et Amizour. Dans la nuit de mercredi à jeudi passé, les permanences électorales d’Ali Benflis et de Bouteflika ont été incendiées. Selon nos sources, c’est aux environs de 4 h du matin que des individus ont défoncé les portes des deux locaux. Les auteurs de cet acte ont emporté avec eux le matériel informatique et des appareils téléphoniques avant de mettre le feu aux documents qui se trouvaient à l’intérieur de ces sièges. Une plainte contre X a été déposée par les représentants de ces deux candidats.

A Amizour, c’est le siège électoral d’Ali Benflis qui a été saccagé, jeudi dernier, par des inconnus. Dans une déclaration qui nous a été remise hier, la Coordination intercommunale des citoyens de la wilaya de Béjaïa (CICB) a dénoncé « ces actes de vandalisme et se démarque de toute action de violence et de sabotage ». Rappelons enfin que depuis le début officiel de la campagne électorale, de nombreuses permanences de candidats ont été saccagées. Les aârouch se sont démarqués dès le premier jour de la campagne des actes de sabotage ciblant les locaux des candidats.

Mourad Bektache, Le Matin