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Bouteflika réaffirme son soutien au Polisario

 
A quelques jours du tant attendu sommet de l’Union du Maghreb arabe (UMA), le président de la République Abdelaziz Bouteflika réitère l’engagement de l’Algérie auprès du Front Polisario.
dimanche 22 mai 2005.

A l'occasion du 32ème anniversaire du Front Polisario, Bouteflika a réafirmé à Mohamed Abdelaziz les engagements de l'Algérie.Dans un message de félicitations adressé à son homologue sahraoui Mohamed Abdelaziz à l’occasion du 32ème anniversaire de la création du Front Polisario, le chef de l’Etat a rappelé les engagements de l’Algérie qui « soutient cette cause et toutes les autres conformément à la charte de l’ONU en vue d’aider le peuple sahraoui ainsi que tous les peuples à recouvrer leur liberté et leur indépendance ». La réaffirmation de la position algérienne auprès du peuple sahraoui, qui n’a pas bougé d’un iota depuis l’émergence du Front de libération sahraoui, juste avant l’ouverture du sommet des chefs d’Etat maghrébins à Tripoli en Libye, risque de courroucer le souverain marocain. D’autant plus que le président de la République affirme sa volonté d’aller à ce sommet, non pas en laissant de côté « ce sujet qui fâche » et qui risque de constituer une fois de plus un obstacle à toute entente possible, mais plutôt en tenant les promesses faites au peuple sahraoui.

« Engagé comme nous l’avons toujours été, nous irons en Libye fidèle à nos promesses », a affirmé le président Bouteflika. Il soulignera, par ailleurs, que « l’Algérie est déterminée à œuvrer pour l’édification d’une Union forte pour servir les intérêts de l’ensemble des peuples de la région, sans se défaire de ses principes notamment en ce qui concerne votre appui en tant que mouvement de libération reconnu dans les forums internationaux et, en premier lieu, l’ONU et le Conseil de sécurité ».

Le chef de l’Etat rappellera cependant que l’Algérie n’a jamais été partie de ce conflit mais s’est toujours rangée du côté de la légalité internationale et du droit des peuples à l’autodétermination. « L’Algérie, qui n’est pas directement impliquée dans cette affaire, ne se fiera, dans toutes les circonstances, qu’à sa conscience et à la légalité internationale. » Cela étant précisé, le chef de l’Etat reconnaîtra toutefois l’importance du prochain sommet des dirigeants maghrébins. « La prochaine réunion de l’Union du Maghreb arabe constituera un événement dont l’importance sera égale à celle qui a généré la création de l’UMA en 1989. »La réunion des chefs d’Etat des pays membres de l’UMA s’annonce houleuse. La déclaration du Président ajoutera certainement un pavé dans la mare maghrébine déjà trouble. L’inflexibilité de la position algérienne n’a d’égale que la détermination du Maroc à garder les territoires annexés en 1975.

Le roi Mohamed VI avait d’ailleurs affirmé, juste avant le sommet de la Ligue arabe tenu à Alger les 22 et 23 mars dernier, que le Maroc « ne renoncera jamais » à sa souveraineté sur le Sahara occidental. « Ni moi ni le peuple marocain n’accepterons jamais de renoncer à notre souveraineté sur ces provinces », avait-il déclaré. Les deux chefs d’Etat réussiront-ils à dépasser ce clivage en faveur de la construction d’une organisation régionale permettant aux pays du Maghreb de mieux négocier leur sort dans le nouveau contexte mondial ? Le sommet de Tripoli apportera la réponse.

Par Ghada Hamrouche, latribune-online.com