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Les Pro-Bouteflika agressent les journalistes

Hier à Relizane
 
Benflis était hier, à Chlef, Relizane et Aïn Defla Les pro-Bouteflika agressent les journalistes De nombreux partisans du Président-candidat se sont attaqués, hier à Relizane, au bus transportant les professionnels venus couvrir le meeting de Ali Benflis.
dimanche 28 mars 2004.

Les partisans du Président-candidat agressent les journalistes. C’est par la provocation et la violence, en effet, qu’ils ont accueilli, hier, à Relizane les représentants de la presse venus en délégation accompagnant le candidat Ali Benflis dans sa tournée électorale dans cette wilaya. Plusieurs représentants de la corporation de la presse nationale ont failli se faire lyncher à cette occasion aux abords de la Maison de la culture où le secrétaire général du FLN devait animer son meeting électoral.

Des groupuscules de personnes zélées brandissant des portraits du Président-candidat et scandant “tahya Bouteflika” se sont, dans un premier temps, acharnés sur le bus transportant les journalistes pour l’immobiliser avant de lui asséner dans un deuxième temps des coups sur les vitres.

Proférant des propos et des gestes obscènes ainsi que des insultes à l’encontre des journalistes, les assaillants ont par la suite prié les représentants de la presse de “rentrer chez eux”.

En tentant de calmer les esprits surchauffés de ces fervents supporteurs du Président-candidat, un confrère en sortant sa tête de la fenêtre a vu ses lunettes de vue violemment arrachées. Sortis tout de suite du bus pour récupérer les lunettes en question, certains de nos confrères se sont vus menacés avec des couteaux par ces assaillants. Le plus bizarre dans ce malencontreux dérapage des partisans du président Bouteflika c’est le laxisme et la passivité manifestés par les forces de l’ordre. Ces derniers, pourtant présents en surnombre, n’ont pas bougé le petit doigt pour secourir les journalistes livrés à des personnes armées et chauffées à blanc de surcroît. Censés veiller sur la sécurité des candidats à l’élection présidentielle ainsi que sur les délégations les accompagnant, l’inertie des agents de l’ordre a suscité beaucoup d’interrogations.

Des sources locales affirment à ce propos que l’attitude des forces de l’ordre a été préméditée par un certain Zaouche, un proche collaborateur du wali de Relizane qui a demandé, très tôt le matin, la levée du dispositif policier encadrant le centre culturel de cette wilaya. Aussi, et selon le candidat Ali Benflis, venu aussitôt informé de l’incident s’enquérir de l’état de santé et d’esprit des journalistes, cette provocation a été préméditée par “le wali de Relizane en personne”. “Ils ont ramené, expliquera-t-il, des gens en dehors de la wilaya de Relizane uniquement pour parasiter le meeting”. D
ans un communiqué, rendu public hier, les journalistes présents sur place ont dénoncé vigoureusement cette violence préméditée par les partisans du président Bouteflika et rappellent que ce n’est pas la première fois que de telles dérives ont eu lieu. De son côté, la direction de campagne du candidat Benflis a dénonce, dans un autre communiqué, l’utilisation de la violence à l’endroit des journalistes.

“Les partisans du Président sont des lâches et des peureux”

Toujours est-il, cette provocation n’a pas empêché les journalistes de faire leur couverture et le candidat Ali Benflis de tenir son meeting. C’est d’ailleurs dans une véritable ambiance de fête mêlée aux cris de “Benflis président, djeïch chaâb maâk ya Benflis” que le secrétaire général du FLN a fait son discours. “Ceux qui sont en train de réprimer le peuple, qui le provoquent et qui lui font subir les pressions les plus inimaginables ont définitivement perdu la bataille et leurs jours sont comptés”, a expliqué d’emblée le leader du FLN à Relizane devant une assistance toute acquise à son discours avant de préciser qu’“ils sont en train de paniquer et de manifester des signes de peur en faisant n’importe quoi”. Et au candidat du FLN d’énumérer les dérives du Président-candidat : “Il veut casser tous les partis qui refusent de lui faire allégeance, il a disloqué les syndicats qui fonctionnent normalement, il a détourné l’argent public pour payer les gens qui lui font allégeance, il a menti au peuple algérien en faisant croire qu’il a le soutien de l’armée, il a accaparé à lui seul la télévision qu’il a habitée, il harcèle les journaux qui refusent de le soutenir, il menace d’envoyer le fisc aux commerçants, aux cadres et aux entreprises qui se démarquent de lui, il répond par la bastonnade et la répression à chaque fois qu’un corps ou un syndicat s’exprime”.

Dans ce même ordre d’idées, Ali Benflis, qui fera observer que le Président-candidat a eu la chance durant cinq ans de pouvoir changer les choses “mais il n’a rien fait”. Il martèlera que Bouteflika “veut instaurer un régime dictatorial et fasciste qui ne reconnaît aucune souveraineté au peuple tout en opérant une révision constitutionnelle pour imposer un régime ultraprésidentiel”. “N’ayez crainte d’eux”, dira-t-il à l’assistance arguant que les partisans du Président-candidat “ne sont pas des gens courageux qui ont mené des combats”. “Ce sont, martèlera-t-il, des lâches et des peureux, des sous-traitants et des chargés de mission qui n’agissent nullement par conviction”. C’est pour cela d’ailleurs que le patron du FLN recommandera à l’assistance de dénoncer tous les comportements “injustes et les pressions que subissent les citoyens de la part des soutiens du Président-candidat”.

À Chlef et à Aïn Defla où il a été accueilli triomphalement par des foules nombreuses, Ali Benflis est revenu longuement sur les années du terrorisme : “Où était le Président-candidat au plus fort des années terroristes ?” a-t-il interrogé ses assistances. “Ce n’est certainement pas lui, qui a combattu le terrorisme, c’est bien les forces de sécurité, l’ANP et les citoyens”. À chacune de ses haltes, par ailleurs, le candidat Benflis a promis de changer radicalement le quotidien des Algériens. Au plan politique, il s’est engagé à instaurer un véritable état démocratique, avec un réel multipartisme et la liberté d’expression. Sur le registre économique, il a promis de s’attaquer vigoureusement au problème du chômage. Au plan social, il s’est engagé à éradiquer la pauvreté, à régler la crise du logement et à créer des mécanismes d’aide et d’assistance aux personnes défavorisées.

Nadia Mellal

Le FLN dénonce “Non aux violences contre les journalistes”

La direction de campagne du candidat Benflis dénonce les violences commises, hier, contre les journalistes à Relizane. “La délégation des journalistes accompagnant le candidat Benflis a été victime de violences physiques à Relizane avec des armes blanches de la part de personnes, parmi elles des adolescents. Tout comme, certains individus ont tenté de chahuter par tous les moyens le meeting, y compris par les provocations commanditées par le wali de Relizane qui suivait l’opération par téléphone portable”, lit-on dans le communiqué rendu public hier qui précise que “les partisans de Benflis ont quand même réussi à déjouer ces tentatives vaines qu’essayent d’imposer les partisans du Président sur la scène nationale”.

R. N.

Bouteflika et la presse indépendante 15 mars à l’émission baramidj : “L’ouverture de l’audiovisuel pourrait mettre en danger l’unité nationale. Vous n’avez qu’à voir la cacophonie qui règne au sein de la presse indépendante pour avoir une idée de ce que sera le paysage médiatique en cas d’ouverture. Les rédactions sont des lupanars.”

18 mars à Médéa : “Je la combattrai au nom de l’État et du peuple. Les mercenaires de la plume et de l’épée n’ont pas de place parmi nous. Ces mercenaires sont une marchandise périmée.”

20 mars à Laghouat : “Ceux qui utilisent des mots, des slogans et des écrits pour ternir l’image de l’Algérie à l’étranger sont des terroristes. Les journalistes ne sont pas des nationalistes, s’ils sont des nationalistes, alors je ne le suis pas. Ils ont leur propre religion et j’ai la mienne, je les renie.”

21 mars à Relizane : “Après le 8 avril, nous avertissons tous ceux qui trempent leur plume dans le fiel et tous ceux qui rejetteront la loi sur la réconciliation nationale, que la colère du peuple sera terrible et implacable”.

23 mars Bouira : “Le mal qu’elle (la presse indépendante ndlr) a fait au pays est comparable à celui des terroristes”.

Hier, à Boussaada “Nous ne pouvons dialoguer avec ceux qui versent de l’huile, notamment par la plume assassine”

Communiqué des journalistes

“Nous, journalistes de la presse écrite et de la radio venus couvrir, hier, la campagne électorale du candidat Ali Benflis lors de son meeting dans la wilaya de Relizane, dénonçons énergiquement notre prise à partie par des personnes se réclamant des soutiens du président Bouteflika. Brandissant les portraits de ce dernier, ces assaillants qui ont d’abord bloqué la procession du bus transportant les journalistes tout en proférant des propos obscènes sont allés jusqu’à brandir des couteaux contre certains d’entre nous.

Tout cela s’est passé sous le regard passif des agents de l’ordre public, censés pourtant veiller à la sécurité de l’ensemble des candidats à la présidentielle du 8 avril prochain et les délégations les accompagnant. Ce n’est par ailleurs pas la première fois que les journalistes sont la cible de ce genre de violence et de dérapages. Des dérapages, certes, de moindre violence ont été, en effet, enregistrés à l’encontre des représentants de la presse dans les villes de Aïn Témouchent, Aïn Sefra et Mechria.”

Liberté : Nadia Mellal ; Le Soir d’Algérie : Tarik Hafid ; Le Matin : Mekioussa Chekir ; Radio Chaîne III : Sofiane Saouli ; Radio Chaîne II : Karim Lhadj Mohamed ; Sawt El-Alahrar : Chafik Benchaba

Source : Liberté