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Bouteflika : “Je ne connais pas Rabah Kébir”

 
Dans un entretien télévisé à la chaîne libanaise Al Manar (proche du Hezbollah), le Président-candidat, Abdelaziz Bouteflika, a eu à revenir ce vendredi sur un certain nombre de sujets qui constituent l’essentiel de ses thèmes de campagne.
dimanche 28 mars 2004.

Interrogé sur l’état des relations algéro-américaines à la lumière des derniers développements, Bouteflika a souligné que les relations entre Alger et Washington n’étaient pas stratégiques “comme entre Washington et nos voisins du Maghreb”, mais il n’en demeure pas moins, se reprend-il, que ces relations sont “bonnesBouteflika citera à l’appui le volume des échanges commerciaux entre les deux pays, et qui est de 4 milliards de dollars selon lui, contre 950 millions de dollars pour le Maroc et 350 millions pour la Tunisie. Faisant preuve de “realpolitik”, Bouteflika a indiqué par ailleurs que “la coopération entre l’Algérie et les États-Unis dans le domaine de la lutte antiterroriste est excellente”. Et d’ajouter : “Nous n’épargnerons aucun effort pour éradiquer le terrorisme”. Le Président-candidat a martelé toutefois que “l’Algérie ne saurait accueillir des bases étrangères sur son sol”. Au sujet de ses rapports ambigus avec les islamistes, Bouteflika a loué ceux parmi les islamistes modérés du Hamas et de Nahda qui lui ont apporté leur soutien. Il a rappelé que le démantèlement de l’AIS était le fruit de sa propre stratégie.

Concernant l’éventuelle autorisation des anciens responsables du FIS à reprendre du service, il dira : “Les frères Si Ali Benhadj et Abassi Madani ont été jugés et condamnés avant que je vienne. Quand le cheikh Abassi a demandé à partir à l’étranger pour se soigner, je n’ai pas hésité à lui faire délivrer un passeport. Tout comme je n’ai pas hésité à faire délivrer un passeport pour Chadli.” Relancé à propos des responsables de l’ex-FIS se trouvant à l’étranger, Bouteflika a conditionné leur retour par l’épuration de leur casier judiciaire. À propos de Rabah Kébir qui, rappelle-t-on, avait lancé un appel depuis son exil de Bône, il y a quelques jours, pour voter en faveur de Bouteflika, celui-ci dira : “Je ne connais pas son dossier, je ne le connais pas et je ne lui ai jamais parlé”.

En clair, Bouteflika ne veut pas se hasarder sur le sujet, le dossier du FIS faisant partie de ceux à propos desquels il déclarait en 1999 qu’il avait une ligne rouge à ne pas dépasser. À propos de l’ANP, même s’il n’a pas cité les généraux nommément, Bouteflika a saisi la moindre occasion pour rappeler fermement un leitmotiv qui lui est désormais cher : “Seul le peuple détient la souveraineté absolue”. À un moment donné, il lâche : “Je n’accepterai pas le pouvoir s’il ne me vient pas du peuple. Il appartient au peuple seul de décider : la continuité ou l’aventure.” Sur ses desseins concernant la presse, il a réitéré ce qu’il avait déclaré à l’émission Baramidj : “Je suis conscient du pouvoir des médias et j’entends administrer à juste dose la démocratie à mon peuple. Je ne m’aventurerai pas à ouvrir le champ médiatique ni le champ politique tant que les tensions persistent. Le jour où l’Algérien s’exprimera normalement, loin de l’anarchie, du désordre et de la violence, à ce moment-là j’aviserai.” a-t-il argumenté.

En réponse à une question sur les déclarations de Karim Younès qui avait menacé d’occuper la rue en cas de fraude massive, Bouteflika prévient : “La loi sera appliquée avec rigueur. Nous avons souffert de dix années de guerre civile. La souveraineté est au peuple et le choix du peuple doit être respecté par tous.”

R.B., Liberté