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L’Algérie prête pour l’évaluation

 
L’Algérie est fin prête pour le lancement du processus d’évaluation par les pairs pour avoir d’ores et déjà mis au point un échéancier précis.
mardi 26 juillet 2005.

Bouteflika s'engage à travailler avec les experts pour une meilleure évaluation de l'Algérie.Accompagnée du ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, la présidente du panel des éminentes personnalités chargées de suivre le processus d’évaluation par les pairs a animé hier à la résidence El Mithak un point de presse lors duquel elle fait part de la disponibilité de l’Algérie à travailler dans « toute la transparence » requise à ce genre d’exercice. Exercice que la présidente du panel qualifie de nouveau et d’unique. Madame Savané a fait part hier des rencontres qu’elle a eues durant la mission qu’elle a effectuée à Alger du 23 au 25 juillet en cours. Ses entretiens avec le président de la République, les partenaires socio-économiques ainsi que les membres de la commission nationale chargée de mettre en oeuvre la revue ou le processus d’évaluation par les pairs dans toutes ses dimensions lui ont permis de toucher du doigt l’essentiel de ce que l’Algérie est appelée à faire pour être le pays type prêt à être évalué par les pairs.

Madame Savané a affirmé que le chef de l’Etat a fait au panel « une analyse pertinente de la société algérienne en matière d’histoire, d’orientation et de choix politiques, économiques et sociaux ». Le plus important à ses yeux est que le président l’a assurée de sa disponibilité à mettre en place « les conditions de transparence en nous garantissant l’accès aux données ». « Nous ne ferons rien pour cacher ou dissimuler la vérité », lui aurait dit le chef de l’Etat. Il lui a aussi démontré « le bien-fondé de cet exercice » en lui indiquant « qu’il servira à engager un débat national et permettra aux partenaires socio-économiques de s’entendre sur les priorités et à situer les failles et les problèmes et par conséquent leur initier des solutions ». Il est aussi question que l’Algérie s’inspire des expériences des autres pays africains aux fins d’en tirer ce qui l’aidera à régler les problèmes.

Abdelkader Messahel l’avait précédé pour expliquer que la série de rencontres qu’a eue le panel devra servir à s’imprégner du processus en question. Processus pour lequel, dit-il, il a été enregistré « l’acte solennel et fort du président de la République qui a affirmé s’investir et continuer à s’investir en sa faveur parce que d’abord c’est un processus algérien qui sert les Algériens et aussi c’est un exercice bénéfique pour le gouvernement et toutes les parties prenantes pour que le développement devienne l’affaire de tous ».

L’objectif de la mission du panel à Alger a été ainsi atteint puisque Madame Savané a estimé qu’il fallait discuter avec les partenaires algériens d’un mémorandum d’entente pour pouvoir signer un protocole technique fixant les conditions du lancement de la revue et de sa mise en oeuvre. Avec comme point de départ, le renforcement de la compréhension du mécanisme en question mais aussi « il fallait alerter les autorités algériennes sur leur responsabilité dans la réussite de ce mécanisme ».

Un échéancier est élaboré selon elle pour les actions à entreprendre. « Dès septembre, nous mènerons une deuxième mission pour rencontrer d’autres parties concernées par la mise en oeuvre du processus et en novembre, nous serons au stade de l’évaluation du travail effectué pour mettre au point une esquisse du plan d’action que l’Algérie devra mettre en oeuvre. » Il s’agit d’un plan d’action « chiffré », selon la présidente du panel, qui s’appuiera sur les priorités globales ou sectorielles fixées au préalable par les partenaires socio-économiques. C’est, dit-elle, « une action qui s’étalera sur le moyen et long terme ». Pour ce faire, l’Algérie devra présenter au panel un rapport d’analyse de la situation politique, économique et sociale du pays. « Un rapport qui sera remis à la commission nationale, qui porte sur les types de gouvernance que l’Algérie applique et qui sera centré sur un plan d’action », explique la présidente du panel. Attendu dans les mois à venir, le rapport sera présenté par ailleurs au forum des chefs d’Etat « pour savoir si l’Algérie accepte les recommandations qui lui sont faites à ce sujet et aussi pour savoir comment les pays africains pourront contribuer dans sa mise en oeuvre », note la présidente du panel.

Le panel se dit, par la voix de sa présidente, rassuré sur la crédibilité du rapport d’abord par les engagements pris par le chef de l’Etat de lui assurer les conditions de transparence mais aussi « l’un des gages de sa crédibilité », dit-elle, « c’est qu’il est coordonné par un panel de personnalités autonomes et indépendantes dans tout ce qu’elles font comme travail, soutenues par des institutions stratégiques à l’exemple de la Banque africaine et le PNUD et en plus il sera évalué par des experts internationaux ».

Messahel la conforte dans ses propos en soulignant que « le président a promis que le rapport sera global, complet et transparent ». Le ministre délégué estime surtout que « c’est la première fois que l’Algérie procède à une évaluation nationale de ce qu’elle a entrepris dans le cadre de la démocratie et les réformes ». Satisfaite de sa mission, Madame Savané semble l’être parfaitement puisqu’elle estime que « le processus est mis sur la place publique et le président s’est engagé à lui assurer les conditions qu’il faut pour sa réussite, on sait ainsi qu’on peut aller jusqu’au bout ».

A propos des deux diplomates algériens enlevés jeudi dernier à Baghdad, le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines a été très avare de mots parce que, a-t-il dit, « la situation est très délicate ». « La seule chose que je pourrais vous dire est qu’il ne reste aucun fonctionnaire algérien à Baghdad », a-t-il affirmé d’une voix triste. « La famille du fonctionnaire qui se trouvait en Irak depuis l’enlèvement de nos deux diplomates vient de quitter Baghdad, il n’y a actuellement aucun fonctionnaire algérien là-bas », a-t-il souligné.

Messahel en a appelé au bon sens des journalistes et à l’esprit de solidarité et de responsabilité pour éviter de s’étaler sur un sujet qui fait mal. L’épouse du diplomate enlevé, Belaroussi, a rejoint Amman où réside l’ambassadeur d’Algérie en Irak (avec résidence en Jordanie). Son fils a rejoint Baghdad hier pour s’enquérir sur place de l’évolution de la situation. Les diplomates présents hier à la résidence El Mithak étaient très mal en point. Visage triste et traits tirés, ils comptaient un temps qui leur semble d’une lenteur des plus désagréables depuis l’enlèvement de leurs confrères. Consternés, ils se refusaient à tout commentaire sur la question. Sauf espérer que les deux diplomates retournent au pays sains et saufs.

Par le Quotidien d’Oran