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L’hécatombe sur les routes d’Algérie

 
Les routes d’Algérie continuent de tuer à un rythme inquiétant. Les autorités avancent le chiffre de 1529 personnes tuées sur les routes algériennes durant les sept premiers mois de l’année en cours.
mardi 9 août 2005.

Les routes d'Algérie sont parmis les plus dangeureuses au monde.Le moins que l’on puisse dire est que les derniers chiffres publiés sur les accidents de la route en Algérie sont loin de susciter l’optimisme. 1529 Algériens en sont morts au cours des 7 mois de cette année. Plus de 20.000 autres blessés. Une véritable hécatombe qui n’est, malheureusement pas le lot de cette seule année. Depuis longtemps les bilans font frémir.

A telle enseigne que l’Algérie est classée au 4ème rang mondial des accidents de la route derrière les Etats-Unis qui, faut-il le rappeler, ne sont pas qu’un pays mais plutôt un continent. A une échelle plus rapprochée, nous sommes les premiers au Maghreb et dans le monde arabe. Chaque jour que Dieu fait, 12 de nos concitoyens perdent la vie sur la route. Des dizaines de milliers de blessés chaque année. Parmi eux, des handicapés à vie. Au-delà de toutes ces vies brisées, des souffrances et des drames familiaux que cela engendre, il y a la non moins négligeable facture que paie la collectivité. 400 millions de dollars déboursés annuellement par le Trésor public.

Pourtant les ravages causés par ce « terrorisme routier » comme il est désigné depuis peu par les opinions de par le monde, provoquent des réactions moins énergiques que le terrorisme tout court qui focalise les médias à chaque attentat et mobilise toutes les énergies et tous les moyens sont engagés pour lutter contre lui. Une différence d’appréciation et d’engagement qui se place pourtant dans un sens opposé aux statistiques comparées. Bien que cela soit un autre débat, il n’en reste pas moins que la lutte contre ce fléau qui mine nos routes n’est pas ce qu’elle devrait être.

Depuis mars dernier, un nouveau code de la route est en vigueur. Plus sévère et plus contraignant dans son contenu que le précédent , néanmoins il n’aura produit des effets que « le temps des roses ». Les chiffres qui viennent d’être communiqués par la Gendarmerie nationale indiquent une baisse de près de 29% au cours du mois d’entrée en application du nouveau code par rapport au même mois de mars 2004. Un peu plus loin, les chiffres de juillet 2005 accusent une hausse de près de 5% par rapport au mois de juillet 2004. En clair cela veut dire que, passé l’effet psychologique de l’entrée en vigueur du nouveau code, la routine a repris sa place. Même si ce n’est pas avec la même intensité qu’on lui connaissait.

En clair aussi, il faut dire que, partout dans le monde, la répression à elle seule ne peut pas produire des résultats acceptables. Quoi qu’il en soit et même si certains voudraient minimiser l’apport de la prévention cela vaut la peine d’être tenté. Toute mort d’homme de moins et toute personne épargnée du handicap, de la souffrance et de la douleur, fussent-elle à un chiffre, méritent que soient engagés tous les efforts.

Dans 87% des cas d’accidents l’élément humain est mis en cause. Conducteur et piéton s’entend. Un chiffre on ne peut plus « parlant » et qui indique la piste à suivre. L’éducation, la formation et la communication. La tâche est rude mais pas impossible. Le secteur de l’éducation en proie lui-même à des problèmes de « formation des formateurs » devrait malgré tout inclure sérieusement ce « module » en tenant compte du déficit en la matière de certains parents. Un travail en direction des auto-écoles est également indispensable. Enfin, mettre à contribution, avec un programme élaboré et soutenu sur le long terme, tous les moyens médiatiques notamment les médias lourds et ne plus se contenter de campagne conjoncturelle.

Une telle démarche pluridisciplinaire et multisectorielle ne pourra être entreprise sans une volonté politique réelle. Car enfin, la catastrophe dure depuis longtemps. Chaque année les bilans sont alarmants. Passé le moment de leur publication, le désintérêt reprend le dessus. Les cadavres continuent de s’aligner sur les routes, les blessés à gémir sur leurs lits d’hôpitaux, les familles à pleurer l’être cher et le Trésor à payer la note.

Il faudra bien qu’un jour on daigne « prendre le taureau par les cornes » et à défaut d’en finir avec cette hécatombe la réduire tout au moins. Pourquoi pas aujourd’hui, maintenant. Le plus tôt sera le mieux. Il s’agit de vies humaines, non ?

Par l’Expression