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L’Algérie se prépare à la rentrée sociale

 
A moins d’un mois de la rentrée sociale, l’Algérie semble tourner au rythme des vagues et de l’insouciance, caractéritiques des vacances d’été. Les syndicalistes eux, sont sur le pied de guerre et annoncent plusieurs grèves pour septembre.
mardi 9 août 2005.

Les révendications sociales en Algérie se terminent parfois par des affrontements avec les forces de police.Le rituel est immuable ces dernières années, en Algérie. De multiples grèves sont annoncées par les syndicalistes pour septembre, chacune traduisant à sa manière un aspect de cette immense détresse qui toucherait d’une manière ou d’une autre la majorité des citoyens.

Cette année semble pourtant faire exception à la règle. Même les syndicats indépendants (CNES, SNAPAP, SNPSP...) brillent par leur silence, eux qui habituellement promettent avant l’heure et bruyamment des protestations sur tous les fronts.

La menace des syndicalistes de la Santé d’organiser fin septembre une journée de débrayage sonne davantage et seulement comme un rappel de leurs récurrentes revendications. Les observateurs focalisent davantage sur les rendez-vous politiques comme le référendum sur l’amnistie en Algérie ou les élections partielles en Kabylie. A première vue, c’est la santé financière du pays qui impose cette accalmie constatée. Tout le monde espère sa part du "gâteau". Lors d’une récente rencontre entre les responsables des banques et les opérateurs du secteur privé, un de ces derniers n’avait pas manqué de demander à ce "qu’on leur réserve 20 % des 55 milliards du plan de relance !".

Les travailleurs algériens de leur côté sont fragilisés et espèrent également. Davantage en tout cas qu’ils n’expriment des velléités de contestation. Les entraves des pouvoirs publics souvent mises en avant n’expliquent pas tout. Il faut y voir aussi les effets de substantielles augmentations ayant touché notamment le corps des universitaires et des spécialistes de santé. Depuis des mois, la combativité de ces corporations s’est largement émoussée.

Les regards sont alors davantage tournés vers ce qui sortira des prochains rendez-vous entre le gouvernement et l’UGTA. La revalorisation du SNMG pourrait davantage affaiblir les syndicats contestataires et calmer le front social.

Longtemps sollicités pour taire leurs revendications face au terrorisme qui menaçait la stabilité sociale, les travailleurs algériens allaient, croyait-on, se redresser avec le recul de cette menace. Les problèmes économiques et les difficultés sociales allaient surnager au temps de la paix retrouvée. La parenthèse allait vite se refermer.

La vague de licenciements dans le sillage des restructurations économiques, l’impossibilité pour le marché du travail à offrir des postes aux jeunes en quête d’emploi et les débouchés du secteur informel ont reculé cette échéance.

D’ailleurs, l’Algérie n’est pas une exception, la tendance est universelle. Face aux avancées du privé qui accapare des espaces de plus en plus vastes de l’activité économique (peut-on parler de sections syndicales chez SIM ou CEVITAL ?) et à la déréglementation qui limite les droits sociaux, peut-on prévoir un avenir radieux pour le syndicalisme ?

La grande inquiétude est également motivée et nourrie par les perspectives qu’ouvriront l’application de l’accord d’association avec l’UE et la future adhésion de l’Algérie à l’OMC. Le niveau de l’emploi va-t-il baisser ? Les effets attendus du plan de relance associé à la création de deux millions d’emplois, des dispositifs d’emploi de jeunes compenseront-ils les pertes envisagées ? L’équation est claire.

Le travailleur algérien est comme en instance d’attente. Les appels pour les coutumières protestas risquent fort d’être peu entendus. Encore moins suivis.

Synthèse de Rayane, algerie-dz.com
D’après Horizons