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Saïd Saïdi : “Bouteflika est devenu un chef de bande"

 
“Bouteflika est devenu un chef de bande" C’est en ces termes que le candidat de l’opposition démocratique , Saïd Saïdi commencé, hier, les tentatives de perturbation de sa campagne électorale. M. Abdelaziz Bouteflika, au crépuscule de son mandat, se découvre une nouvelle vocation : rendre la vie dure à ceux qui ont eu l’outrecuidance de lui disputer le fauteuil présidentiel.
mercredi 31 mars 2004.

Dans son obsession irrépressible de rempiler pour un second mandat, il n’hésite pas à recourir à des méthodes pour le moins peu orthodoxes. Ainsi, après Ali Benflis, contraint d’annuler son meeting à Illizi, c’est au tour du candidat Saïd Sadi, leader du RCD, de faire face à des provocations, certes sans dérapages, mais qui traduisent, on ne peut mieux, une volonté manifeste de torpiller sa campagne. Hier à Tiaret, alors qu’il parcourait la rue Émir-Abdelkader en se dirigeant vers la permanence électorale du parti, accompagné d’une foule nombreuse, un groupe de jeunes, dont une ribambelle d’enfants, surgie de nulle part, se mêle à la foule en scandant : “Bouteflika président”.

Excités à souhait, portraits du Président-candidat à la main, ces “intrus d’un nouveau genre” chahuteront le rassemblement improvisé devant la permanence, sous le regard de la police. Sadi expédiera d’ailleurs son discours et la délégation qui l’accompagnait fut contrainte de quitter dans la précipitation les lieux, de crainte d’éventuels dérapages. Le mérite revient sans doute aux organisateurs qui n’ont pas cédé à la provocation.

Le même scénario s’est répété à la sortie du leader du RCD du meeting animé à Djelfa, devant la permanence à Laghouat et à Hassi R’mel. C’est dire que ces provocations synchronisées autant par le timing que par la “qualité” des perturbateurs - des enfants et des adolescents - laissent croire qu’ils obéissent à la même chapelle, celle qui a versé dans la manipulation. Mais Saïd Sadi n’y va pas par trente-six chemins pour désigner les commanditaires de ces provocations : le clan présidentiel que relaient la police et l’administration. “Il est devenu un chef de bande”, dit-il allusion au Président-candidat. “Il ne connaît rien à part les complots”, accuse-t-il encore.

Selon lui, “l’administration est devenue un instrument familial”. Une administration qu’il qualifie par ailleurs de “coloniale”. Sadi qui s’exprimait devant une salle archicomble de la Maison de la culture de Djelfa accuse encore : “Cet homme veut créer la fitna. Et le programme de l’administration vise à diviser le pays”. “On n’utilise pas les enfants politiquement et le policier devrait jouer son rôle au lieu de s’occuper à déchirer les affiches, à harceler les journalistes et les syndicalistes qui refusent de se plier aux caprices d’un homme”. Mais Sadi est convaincu que “l’homme qui utilise la violence dans les institutions, il ne lui reste rien”. Il rassure son auditoire : “Détrompez-vous, il ne passera pas. N’ayez pas peur”, car rappelle-t-il “le mandat de Bouteflika c’est une page noire de l’histoire de l’Algérie”.

Comme lors de ses précédentes sorties, il exhorte la population à un vote massif et au contrôle pour imposer le changement. Hormis ces actes de provocation, sans incidents fort heureusement, les sorties de Saïd Sadi, notamment les visites de proximité qu’il aime visiblement affectionner ont drainé la grande foule.

Dans la matinée à Tissemsilt, le candidat du RCD, accueilli avec des dattes et du lait, a eu droit à un véritable bain de foule au centre-ville. Même effervescence à Tiaret où il a parcouru le boulevard Émir-Abdelkader et la rue de la Liberté en passant par la placette Maâchi. À Hassi R’mel beaucoup de citoyens n’ont pu accéder à la salle faute de places. Certains n’ont pas hésité à demander à transférer le meeting au stade communal. Sadi animera aujourd’hui un meeting à Ghardaïa et un autre à Ouargla.

Karim Kébir, Liberté