Bouteflika rallume un Tizi Ouzou assiégéL’incursion, en subreptice, de Béjaïa ne pouvait, à l’évidence, se rééditer à Tizi Ouzou. Le pouvoir soutenait pourtant que le dialogue était sérieusement entamé et que, malgré sa suspension, le processus finirait par dépasser l’écueil sur lequel il achoppe : l’officialisation de tamazight.Le voyage de Bouteflika dans la ville des Genêts n’était pas fait pour confirmer son souci de valider cette pacifiste idée.
jeudi 1er avril 2004.
C’est plus probablement dans des dispositions plus provocatrices que la visite a été décidée. Le traumatisme est profond et il ne pouvait se bercer de l’illusion d’un acquis de la part d’une région qui aurait ainsi, inutilement, souffert et surtout vainement sacrifié cent vingt-cinq vies. Ces victimes, Bouteflika ne les a pas évoquées. Il s’en est tenu à un discours de défi par lequel il oppose sa crânerie à celle des Kabyles : “vous êtes des têtes dures ; je le suis aussi.” En omettant de traiter de l’état de la Kabylie et de l’issue possible à la crise qui la secoue, tant en affirmant ses aptitudes combatives, il se place franchement sur le terrain de l’affrontement, n’évoquant son talent de fédérateur que pour se reconnaître en Abane Ramdane.
Partout ailleurs, Bouteflika appelle dans ses meetings à la participation des électeurs, ajoutant même que peu lui importait que les voix de ses auditeurs aillent renforcer un autre candidat. À Tizi Ouzou, il semblait plutôt vouloir encourager, par le défi, la région au repli et au rejet de l’échéance.
M. H. Affrontements entre jeunes et cns
La tension était vive, hier, aux alentours du CHU de Tizi Ouzou. Difficile de se frayer un chemin au milieu des barricades enflammées dressées par les émeutiers pour barrer la route aux camions des CNS.
14h 35 alors que nous étions au pavillon des urgences, quatre bombes lacrymogènes ont atterri dans la cour provoquant une grande panique. À l’extérieur, les affrontements faisaient encore rage. Selon une source hospitalière, 13 blessés dont 6 policiers ont été enregistrés hier. Après les premiers soins, ils ont quitté le CHU.
A. T., Liberté |
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