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Menace sur le Matin : Grande mobilisation en Kabylie

 
La mobilisation autour du journal Le Matin a gagné plusieurs wilayas du pays.
samedi 6 mars 2004.

La wilaya de Béjaïa, qui a abrité ce week-end plusieurs manifestations à l’initiative des comités d’étudiants, des syndicats autonomes et de la société civile, en terme de solidarité avec le directeur et le personnel du Matin, organise un rassemblement devant les locaux du bureau régional de Béjaïa, et cette fois-ci, à l’appel des partis politiques et correspondants de presse auxquels se joint la société civile. Des étudiants de l’université Abderrahmane-Mira réfléchissent, par ailleurs, à mettre en circulation une pétition de soutien à la presse et d’organiser des rassemblements devant le siège de la wilaya si le Pouvoir vient à mettre à exécution ses menaces.

« En 1998, nos aînés ont lancé un formidable élan de solidarité au sein de l’université pour les journaux suspendus. Cette année, nous ferons de même avec Le Matin et les autres journaux sur lesquels le Pouvoir s’acharne », nous dira un étudiant, fervent lecteur du journal. Outre au bureau du Matin de Tizi Ouzou, les messages de soutien et de solidarité n’arrêtent pas d’affluer depuis l’annonce de cette décision arbitraire contre Le Matin par l’administration fiscale. Outrés par la succession des pressions contre ce journal qui ne cesse de tenir tête à la politique du Président-candidat, les citoyens se disent prêts à participer à toutes les actions afin de protéger la liberté d’expression et de la presse. Les messages de soutien parviennent même des localités les plus isolées de la wilaya, qui ont toujours recouru à la presse pour revendiquer leurs droits sociaux.

C’est, en effet, toute la population qui est indignée par cette énième cabale contre les espaces d’expression. La coordination communale des aârouch d’Aït Zmenzer a, dans une déclaration rendue publique, réaffirmé son appui au combat mené par Le Matin contre les destructeurs du pays. « Voilà que le Pouvoir incarné par le clan d’Oujda passe à la vitesse supérieure en menaçant de mettre sous scellés les locaux du Matin, à la veille même des échéances électorales », peut-on lire dans le communiqué.

Toujours en Kabylie, les forces démocratiques se serrent la main pour unir leurs forces afin que personne ni aucun représentant de l’Etat actuel ne remettent en cause les acquis d’Octobre 88. A Bouira, la colère et la révolte gagnent d’un cran les lecteurs du Matin.
Beaucoup d’entre eux n’arrivent pas à comprendre jusqu’où peut aller, dans la répression, le Pouvoir en place. « Les alibis avancés par les détracteurs du journal pour le museler sont caducs », affirment des citoyens qui ont appelé le bureau de Bouira et apporté leur solidarité avec l’équipe du Matin. Ils insistent à relever que « la ligne éditoriale du journal, ainsi que le dernier livre publié par M. Benchicou Bouteflika, une imposture algérienne sont à l’origine de cette menace de fermeture ». Le même avis est partagé aussi pas des lecteurs, loin de la Kabylie, ceux d’Aïn Defla. Ces derniers pensent qu’il serait « intolérable et inacceptable d’admettre l’absence de ce titre des kiosques ».

Nos correspondants, Le Matin