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Benflis : “Cette élection fait paniquer Bouteflika”

 
“Je mets en garde, à partir d’ici, à Oran, le Président-candidat sur les dérives qu’enregistre la campagne électorale en raison de sa panique et de sa peur quant aux résultats de l’élection présidentielle surtout depuis qu’il a vu des centaines de milliers de citoyens adhérer à mon discours et à mon projet pour l’Algérie. J’endosse l’entière responsabilité des conséquences de ces dérapages au Président-candidat”. C’est par cette mise en garde que le candidat Ali Benflis a dénoncé, jeudi, la violence et les agressions fomentés par les soutiens du candidat Abdelaziz Bouteflika.
samedi 3 avril 2004.

Cet avertissement a été répété à Mostaganem, Tiaret, Tissemsilt puis à Annaba, où il a animé des meetings électoraux, ce week-end, en présence d’invités de marque, à l’image de l’ancien chef de gouvernement, Sid Ahmed Ghozali, Mohamed Saïd, porte-parole de Wafa et de Hassiba Boulmerka. Le leader du FLN estime que “c’est uniquement la peur qui pousse le Président-candidat à ces comportements irresponsables, en plus du monopole qu’il exerce sur l’ENTV et du détournement de l’argent public qu’il distribue à ses soutiens”. Dans la salle des expositions à Tissemsilt, et alors que des enfants brandissant des portraits de Bouteflika tentaient de chahuter son meeting, Ali Benflis n’a pas manqué de dénoncer cette utilisation des enfants par le cercle présidentiel dans un but politique : “Ils font sortir les enfants de leur école pour leur demander de chahuter les rencontres des autres candidats”, dira-t-il dans une salle pleine à craquer.

La panique et surtout le doute qui rongent le Président sortant quant à ses chances d’avoir un second mandat étaient déjà apparus, dira Benflis, lorsque le chef d’état- major de l’ANP, Mohamed Lamari, affirmait la neutralité de l’armée : “L’armée nationale a annoncé publiquement son retrait de la vie politique pour se consacrer uniquement à ses missions constitutionnelles”, a expliqué Benflis sous un tonnerre d’applaudissements et aux cris de “Benflis président” à la salle omnisports, archicomble, de Tiaret. Selon le patron du FLN, cette décision de neutralité de l’institution militaire a déplu aux “gâtés de la politique, ceux-là qui ont l’habitude de se voir installés sur le fauteuil et qui, à défaut, tombent”. La neutralité de l’armée, annoncée publiquement avant la campagne électorale, a donc pris de court le Président-candidat qui voulait faire croire aux Algériens que l’ANP le soutient, a encore expliqué Benflis.

Sur ce même registre, il affirmera qu’en se tenant à l’écart de la présidentielle, l’armée veut “laisser la liberté aux Algériens de choisir leur président en toute souveraineté”. “J’ai des informations selon lesquelles le Président-candidat prépare une fraude massive et généralisée”, révèle-t-il avant de marteler sur un ton ferme : “L’Algérie ne sortira de la crise qu’avec un président légitime, véritablement élu par le peuple.” Et d’appeler les Algériens à aller voter massivement le 8 avril prochain et à surveiller rigoureusement les urnes. “Si on vous demande de fermer les yeux devant la fraude sous menace d’être licenciés, dites à vos responsables de vous licencier : cela vous fera des vacances pour faire campagne à Benflis”, ironise-t-il, avant d’affirmer que c’est “uniquement avec une élection propre qu’on peut construire la démocratie”. “Instaurer la démocratie en Algérie aujourd’hui, c’est faire acte de patriotisme”, ajoute-t-il. “En 1954, le patriotisme, c’était de lutter contre le colonialisme ; en 1962, c’était la reconstruction du pays ; aujourd’hui, la seule et unique définition qu’on peut donner au patriotisme c’est de construire la démocratie avec une élection libre et transparente”, explique le candidat.

Quant à ses ambitions pour l’Algérie, Ali Benflis s’est engagé, s’il est élu, à s’attaquer aux problèmes socioéconomiques du pays, à commencer par le chômage. “Je créerai des dizaines de milliers de sociétés économiques, des centaines de milliers de postes d’emploi, j’apporterai une aide aux sociétés existantes avec la mise à niveau des entreprises, j’instituerai un fonds d’aide aux agriculteurs et je réactiverai le fonds d’aide aux activités pastorales”. Le patron du FLN promet d’instaurer un dialogue social continu avec toutes les catégories sociales et professionnelles et de ne “jamais utiliser le bâton contre les enseignants, les médecins, les travailleurs...” Il a promis d’opérer une grande réforme des services de sécurité dans le sens de leur modernisation et de leur professionnalisation, tout en prenant en charge les problèmes sociaux de leurs effectifs.

Au plan politique, il s’engage à instaurer un régime démocratique avec une véritable ouverture médiatique qui verra la création en Algérie de “télés sportives, culturelles, musicales, parlementaires”, l’instauration d’une justice indépendante et l’élaboration d’une loi garantissant la neutralité définitive de l’administration pour protéger ses fonctionnaires “des interventionnismes du prince du moment et une véritable continuité de l’État et du service public”, dit-il.

Les archs de l’est soutiennent Benflis

“Les représentants des archs, des notables et des comités de citoyens des wilayas de Béjaïa, Oum El-Bouaghi, Tébessa, Batna et Khenchela se sont réunis le 2 avril 2004 à Oum El-Bouaghi pour discuter de la situation du pays et des perspectives au-delà de l’élection présidentielle du 8 avril prochain. Après un large débat, il a été relevé : la situation actuelle du pays se caractérise par l’exercice d’un pouvoir personnel, des horizons bouchés et l’étouffement des libertés. Les participants réaffirment leur soutien aux revendications des plates-formes de Labioud Sidi Cheikh, d’El-Kseur et de tout mouvement citoyen à venir. Ils appellent leurs frères des autres régions du pays à se joindre à eux aux fins d’élaborer une plate-forme qui répond aux vœux de tous les Algériens sans exclusive. Les participants appellent les citoyens à la rupture avec le système actuel en votant massivement le 8 avril 2004 pour le programme de changement et d’espoir du candidat Ali Benflis.

Ils considèrent que ce programme est le plus apte à répondre aux préoccupations des Algériennes et Algériens dès lors qu’il est porteur d’un message d’espoir et de modernité.

Enfin, les participants insistent vivement sur la nécessité que cette élection soit propre et transparente et que la fraude soit absente.”

Nadia Mellal, Liberté