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La fraude a déjà commencé en France

 
Le RCD exige l’invalidation des résultats de l’élection présidentielle dans la ville de Marseille. Considérant le scrutin dans cette région de France entachée d’une multitude d’irrégularités au deuxième jour du lancement de l’opération de vote dans l’émigration, le directeur de campagne du candidat Saïd Sadi dénonce énergiquement, dans un communiqué rendu public hier, une “fraude caractérisée”.
lundi 5 avril 2004.

À “Marseille, l’opération s’est effectuée à grande échelle et est assumée publiquement par le consul”, expliquera Djamel Ferdjellah pour lequel cette fraude “confine au scandale et met à mal l’impartialité de l’administration qui utilise des fonds publics au profit d’un candidat (Abdelaziz Bouteflika)”. Évoquant les anomalies ayant entaché l’élection dans d’autres régions de France, le RCD tout autant que le FLN proteste contre le parti pris de l’administration consulaire en faveur du président-candidat. “Des transports d’électeurs, organisés de manière massive à travers le territoire français par des comités de soutien d’un seul candidat (Abdelaziz Bouteflika), ont été financés par les consulats algériens en France dans plusieurs centres de vote”, révèle Rafik Hassani, le représentant du candidat Saïd Sadi à l’étranger, citant les villes de Lyon, Lille, Nantes, Montpellier, Toulouse, Marseille, Besançon, Pontoise, Vitry, Versailles, Tours, Bordeaux et Annecy.

Cette utilisation de bus pavoisés de portraits du président-candidat pour le transport des électeurs est également dénoncée par la direction de campagne du candidat Ali Benflis en France : “À Lille, des bus sont partis à partir des mosquées de la région lilloise. C’est le cas notamment à Marseille et à Nantes, particulièrement pour les électeurs venant de Niort, Lorient, Brest, Vannes et Angers. Il en est de même des bus utilisés par le consulat de Vitry pour, entre autres, les électeurs provenant de Seine et Marne et par le consulat de Pontoise pour les électeurs provenant de Beauvais et Creil”, lit-on dans un communiqué rendu public, hier, précisant que ces bus “pris en charge par les consulats, donc prélevés sur les deniers publics sont exclusivement encadrés par des associations ou des personnes ayant pris fait et cause pour le candidat-président”.

Ces graves dérapages de l’administration consulaire “inédits”, dira le représentant de Saïd Sadi à l’étranger, sont de nature à conditionner les électeurs puisque les citoyens transportés dans les bus “criaient ‘vive Bouteflika’ dans les bureaux de vote”. Aussi et compte tenu du caractère “massif de ces dépassements qui sont de nature à remettre en cause la régularité du suffrage universel et constituent une violation de la loi”, le représentant du candidat Saïd Sadi exige “le retrait d’un nombre de voix au candidat (Bouteflika) dont les comités de soutien ont été à l’origine de cette dérive cautionnée par l’administration, égal au nombre de personnes transportées dans ces conditions”.

La direction de campagne du candidat Ali Benflis estime, quant à elle, que ce parti pris de l’administration consulaire est un “coup de force destiné à arracher le suffrage des électeurs”. Et d’enchaîner que cette situation “porte un grave préjudice à la régularité du scrutin et porte gravement atteinte au droit des citoyens d’exprimer librement leur choix”.

D’autres irrégularités sont, par ailleurs, signalées par la direction de campagne du candidat Benflis. Il s’agit notamment de l’absence des urnes transparentes avec compteurs, du refus de la communication des chiffres de la participation quotidienne par les responsables consulaires et de la composition des commissions administratives et des bureaux de vote. Sur ce dernier point, le communiqué de la direction de campagne du candidat du FLN explique : “compte tenu du refus des autorités consulaires d’engager toute concertation préalable à l’organisation des opérations électorales fait que certains membres de la commission sont juges et parties, notamment à Vitry et à Lille”.

Les irrégularités qui entachent le vote de l’émigration sont-elles un prélude à une fraude au niveau national le 8 avril prochain ? Cela est d’autant plus plausible que de nombreux candidats ont considéré que la fraude a déjà commencé.

Nadia Mellal, Liberté