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Kertali, Kébir, Hadjar et Belkhadem soutiennent Bouteflika

 
Dans son désir de se faire réélire, le président-candidat Bouteflika fait feu de tout bois. Privé du soutien de l’armée, il a dû se contenter de celui d’islamistes avérés, de terroristes « amnistiés » et d’opportunistes de tous bords. Kertali, Kébir, Hadjar et Belkhadem ont allongé la liste des islamistes qui ont fait allégeance à Bouteflika.
lundi 5 avril 2004.

Un soutien qui n’embarrasse nullement le candidat à sa propre succession. Bouteflika est fier de compter parmi ses amis des islamistes « égarés » et ne s’en cache pas. Pour confirmer, encore une fois, son penchant pour les islamistes, Bouteflika avait dès son premier meeting tenu à Médéa, tendu la main à ceux qui avaient mis à feu et à sang le pays. Le retour d’écoute ne s’est pas fait attendre, cinq jours après sa première sortie, Rabah Kebir, chef terroriste de l’ex-FIS, condamné à mort par contumace par la justice algérienne en 1993, fait une incursion dans la vie politique algérienne et annonce son soutien à la candidature de Bouteflika : « les fils du Front islamique du salut et le peuple algérien sont appelés à voter massivement en faveur du président-candidat Abdelaziz Bouteflika, et ce, au service de l’Algérie », expliquant cette prise de position par « la nécessité de donner la chance à l’homme de la concorde afin qu’il puisse terminer son projet de promouvoir la concorde civile en réconciliation nationale ». Une sortie qui n’a nullement encombré le clan présidentiel. Pire encore, ce dernier s’accommode parfaitement de la présence d’anciens « émirs » lors des différents meetings.

A Jijel, Aïssa Lehilah, émir repenti et mufti de l’AIS, avait reçu un traitement de faveur, puisqu’il était assis au premier rang côte à côte avec des représentants de l’administration locale ! Kertali, l’« émir » sanguinaire a bénéficié quant à lui de la générosité de Bouteflika, qui lui a délivré un passeport pour lui permettre d’effectuer un voyage à La Mecque au moment où la mission d’annoncer l’allégeance au président a été confiée à Madani Mezrag. A travers la Chaîne d’information arabophone, El Arabya, ce chef terroriste a déclaré le soutien des « émirs » de l’AIS à Bouteflika. Réaction du président et de son staff ? Un silence radio qui en dit long sur la solitude d’un candidat.

Faut-il rappeler qu’avant même le début de la campagne, Bouteflika avait bénéficié de l’appui d’un Hadjar connu pour ses accointances avec le mouvement islamiste et qui n’avait pas hésité à déserter son poste d’ambassadeur pour participer à la mise à mort du parti du FLN. Bouteflika qui a fait le deuil du soutien de la machine FLN a fini par se tourner vers les zaouïas et les imams qui prient pour lui après avoir reçu des remerciements en monnaie sonnante et trébuchante. Les tentatives du clan présidentiel de donner l’impression que Bouteflika est un candidat consensuel ne se sont pas arrêtées là. Des partis microscopiques n’ayant aucun poids réel, sont rappelés à l’ordre et priés de rentrer dans les rangs.

Même la puissante centrale syndicale n’a pas échappé à cet état de fait. L’UGTA, après avoir maintenu un faux suspense, a fini par se ranger en dépit d’un consensus très mitigé. La CEN houleuse a fini par annoncer son soutien à Bouteflika, un cheminement déjà emprunté par le RND et le MSP. Le très impopulaire chef de gouvernement et secrétaire général du Rassemblement national démocratique a imposé cette option à une base qui commence à contester ce choix. Quelques semaines après l’annonce de l’alliance politique au profit de Bouteflika, des militants remettent en cause le choix du numéro un du RND, qui ne prête pour l’heure p a s beaucoup de crédit à ce mouvement de contestation et continue de faire campagne pour le président-candidat.

De son côté, le successeur de Nahnah a fait un forcing pour que Bouteflika soit soutenu par le MSP au moment où la base insistait pour que le parti ait son propre candidat. Le MSP, comme les autres « soutiens », n’a pas résisté aux chants des sirènes, fidèle à son entrisme...

N.I., Le Matin