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Les droits de l’homme en Algérie selon la LADDH

 
Pour promouvoir les droits de l’homme en Algérie, la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH) et la commission européenne ont conçu un projet baptisé « Avicenne ».
mercredi 14 décembre 2005.

Ce projet prévoit dans son premier volet l’organisation de séminaires et d’ateliers au profit de juristes, avocats et de membres d’ONG afin « d’échanger des expériences et d’acquérir les connaissances nécessaires pour lutter efficacement sur leurs terrains respectifs contre les violations manifestes des droits de l’Homme et de promouvoir ces mêmes droits auprès de groupes plus larges de la société algérienne ».

Dans sa première traduction, le projet a réuni depuis hier des membres d’ONG et experts européens sous l’égide de la LADDH dans le cadre d’un séminaire de formation intitulé « droit national et international et violence contre les femmes », abrité par le siège de la Fondation allemande Friedrich Ebert. La femme, cet être humain à part entière, continue malheureusement de subir en Algérie le poids des discriminations de tous types la confinant toujours dans un rôle secondaire loin du principe d’égalité.

Même si le droit international a consacré dans ces textes l’égalité des genres, le droit national dans certains pays est loin de respecter les conventions proclamant cette égalité. Là est toute la problématique, comment faire soumettre, en matière de droits de l’homme, le droit national au droit international ? « L’inégalité des genres est institutionnalisée dans certains pays comme au Moyen-Orient et en Afrique du Nord », estime mme Radhia Oudjani, une experte du droit international, notamment celui traitant de la femme. La même spécialiste explique que si dans certaines constitutions, il est clairement admis l’égalité des genres, la pratique reflète une toute autre réalité. L’Algérie est dans ce cas de figure, comme le souligne dans son discours le président d’honneur de la LADDH, Ali Yahia Abdennour. « Les praticiens du droit rencontrent des problèmes à cause du déséquilibre existant entre le droit international et le droit interne (...) même si l’Algérie place le droit international au dessus du droit interne, il se trouve que devant les tribunaux, on vous dit : « nous n’avons pas intégré le droit international dans le droit interne... Là est tout le problème, les pays n’appliquent pas ce qui va à l’encontre de leurs intérêts ».

La condition de la femme en Algérie est un des exemples les plus édifiants de cette disparité entre les conventions internationales et ce que prévoit le législateur algérien. Maître Ali Yahia citera le fameux code de la famille qui consacre le statut de mineure à vie pour la femme. D’abord avec l’obligation du tutorat :« Une algérienne ne peut se marier sans tuteur, un mariage veut-il dire l’union d’une personne avec une autre ou c’est la famille qui fait le mariage ? », s’interroge me Ali Yahia qui y voit une discrimination criante à l’égard des femmes au même titre que le principe de la polygamie dont même l’Islam remet en question l’égalité entre les épouses. Ali Yahia Abdennour estime que l’algérien n’est traditionnellement pas très porté sur la polygamie, même pas les leaders des partis islamistes qui sont tous monogames. « Il faut donc interdire la polygamie et la répudiation », dira le militant des droits de l’homme.

Synthèse de Kahina
D’après la nouvelle république