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La Kabylie accueille Benflis

 
Ali Benflis se souviendra certainement longtemps de l’accueil chaleureux qui lui a été réservé, hier, par la population de Tizi Ouzou.
mardi 6 avril 2004.

En tournée électorale dans cette wilaya, le candidat du FLN à l’élection présidentielle du 8 avril prochain qui a commencé par une halte à la mouhafadha de son parti a été pris d’assaut par les citoyens de Tizi Ouzou, voulant l’approcher et l’embrasser, tout en scandant “Benflis président”.

Très touché par la chaleur de la population de cette région, Ali Benflis a préféré ne pas rejoindre le stade Oukil-Ramdane où il devait animer un meeting à bord de son véhicule mais en marchant aux côtés de la population. Cette marche qui a drainé quelque mille personnes s’est déroulée dans la sérénité la plus totale, sans heurt ni incident. Une fois arrivé au stade Oukil-Ramdane, le patron du FLN a eu toutes les difficultés du monde à gagner l’enceinte du stade, compte tenu de la forte affluence populaire. Plus de sept mille personnes ont, en effet, assisté à son meeting. Une assistance qui n’a pas été déçue du reste, puisque le candidat du FLN a consacré l’essentiel de son discours à la crise en Kabylie.

Une minute de silence appréciée

Entamant son meeting avec une minute de silence à la mémoire des 125 martyrs du Printemps noir, Ali Benflis a abordé son discours par ces termes : “ayethma ayestma azul fellawen” (mes frères, mes sœurs, je vous salue). Le public qui a bien apprécié l’effort de l’orateur l’a fortement ovationné en scandant “Imazighen, Imazighen”, “Assa, Azekka, Benflis yella, yella”. Évoquant l’histoire de la Kabylie, le candidat du FLN a reconnu que cette région a de tout temps été à l’avant-garde du combat démocratique. “La preuve, dit-il, c’est qu’elle a donné 125 martyrs innocents, respectables et nobles, pour la démocratie lors des évènements du Printemps noir”, clame-t-il avant d’ajouter que “déjà en 1963, les premiers martyrs de l’Algérie indépendante pour un État démocratique, c’étaient les militants du FFS qui sont tombés ici, en Kabylie. Elle a aussi enfanté Matoub et son équipe de foot, la JSK qui a gagné six coupes d’Afrique”. S’ensuivit un tonnerre d’applaudissements de la foule.

Abordant la crise de Kabylie, Ali Benflis a tenu à préciser qu’il s’adressait à la foule en tant que candidat à la présidentielle mais aussi en tant qu’ex-Chef de gouvernement : “Bouteflika endosse toute la responsabilité dans la crise de Kabylie”, a-t-il martelé sous les cris de “Bouteflika assassin”.

“La responsabilité de Bouteflika est pleinement engagée parce qu’il n’a pas arrêté la crise et parce qu’il l’a laissée durer trois longues années”, ajoute-t-il avant d’enfoncer davantage le clou, en disant : “C’est criminel et c’est une honte de laisser la crise de Kabylie durer aussi longtemps.” Personne ne pouvait intervenir dans le règlement de la crise, puisque, dit-il, “dans le régime de Bouteflika, c’est lui le Président, c’est lui le Chef du gouvernement, c’est lui le ministre, c’est lui le concepteur, c’est lui le contrôleur, c’est lui tout”. Pour le patron du FLN, “l’État algérien doit reconnaître les fautes et les dérives à l’origine des 125 martyrs innocents et de tout ce qu’a subi la région de Kabylie comme injustices, marginalisations, provocations et intimidations”.

Tout passe par la plate-formed’El-Kseur

Comment Benflis conçoit-il le règlement de la crise en Kabylie ? “La plate-forme d’El-Kseur, c’est la base du règlement de la crise”, affirme-t-il sur un ton grave. “Si le peuple algérien m’accorde sa confiance en m’élisant président de la République, je m’engage à régler définitivement la crise de Kabylie qui sera le premier dossier que je prendrai en charge en appliquant la plate-forme d’El-Kseur”, explique l’homme fort du FLN sous un tonnerre d’applaudissements, encore un, avant de préciser qu’il associera au règlement de cette crise “toutes les parties concernées sans aucune exclusion”. La prise en charge de ce dossier devrait être assurée par “le chef de l’État en personne qui ne devrait déléguer personne d’autre”, indique-t-il. “C’est une fuite de responsabilité que de déléguer le règlement de la crise en Kabylie à quelqu’un d’autre, c’est ce qui s’est passé auparavant et c’est ce qui se passe actuellement”. “Je m’engage, quant à moi, si je suis élu président, de régler personnellement la crise en Kabylie sans faire de sous-traitance et sans déléguer quiconque”. Benflis s’engagera aussi à honorer la mémoire de Abane Ramdane en tant que martyr de la Révolution.

À Boumerdès où il a animé un meeting tout de suite après, il a exigé que la deuxième tranche d’aide soit acheminée aux sinistrés du séisme du 21 mai dernier. À Bordj El-Kiffan où il a tenu, en fin de journée, son meeting de clôture de sa campagne, Benflis a appelé les Algériens à voter massivement le 8 avril pour le changement et à surveiller les urnes. Il a aussi demandé au peuple algérien de se tenir prêt à exprimer son mécontentement dans la sérénité en cas de fraude électorale.

N. M., Liberté