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Des dizaines d’interpellations à Béjaïa

 
Des arrestations tous azimuts ont été opérées hier par les services de sécurité parmi les délégués du mouvement citoyen et les manifestants qui s’apprêtaient à se rendre à la ville de Béjaïa où une marche des aârouch devait avoir lieu.
mardi 6 avril 2004.

Mohamed Bedjou, Gabis Youba, Khelifa Amzar de Béjaïa et Chekkour Mourad de Sidi Aïch, tous des ex-détenus, ont été interpellés très tôt le matin et conduits au commissariat central où ils ont été placés en garde à vue durant toute la journée. Les services de sécurité qui patrouillaient dans la ville procèdent systématiquement à l’arrestation de jeunes suspectés de vouloir participer à la marche des aârouch.

Huit manifestants de la ville de Yemma Gouraya ont été arrêtés au niveau du quartier des Quatre-Chemins d’où devait s’ébranler la marche. Au niveau d’Irreyahen, à l’est de la cité des Hammadites, et à Oued Ghir, à l’ouest, où des barrages de CNS bloquent les marcheurs, on nous a signalé l’interpellation d’une vingtaine de manifestants. Au moment où nous mettons sous presse, aucun des manifestants ou des délégués n’a été libéré.

Les représentants de la CICB parlent d’une cinquantaine d’interpellations au sein des rangs des manifestants. Les délégués que nous avons rencontrés au niveau de Oued Ghir, où ils ont été bloqués, ont considéré ces interpellations comme une provocation de la population. Ali Gherbi, délégué d’El Kseur, a averti hier le pouvoir sur les conséquences qui découleront de ces arrestations. Il dira que le mouvement citoyen ne rentrera pas dans les maisons si les jeunes sont maintenus en détention. Bezza Benmansour estime que le pouvoir a peur de la mobilisation car celle-ci démontrera que les citoyens rejettent entièrement le vote de jeudi prochain. « Le recours du pouvoir aux arrestations et à la répression sont une preuve que Bouteflika veut toujours maintenir le pourrissement dans la région », expliquera notre interlocuteur.

Rappelons au passage que durant les déplacements des candidats à Béjaïa lors de la campagne électorale, les délégués sont arrêtés puis relâchés à la fin de chaque activité électorale. Mohamed Bedjou, Yazid Mehdi, Hanafi Semmar ont été de nombreuses fois interpellés puis libérés. Par ailleurs, la grève à laquelle a appelé la coordination intercommunale a été massivement suivie hier. De Tazmalt en passant par Akbou, Sidi Aïch et El Kseur, au sud de Béjaïa, jusqu’à Souk El Ténine, à l’est, les commerçants ont baissé rideau dès les premières heures de la journée d’hier. Des secteurs publics ont été totalement paralysés. La circulation automobile était presque nulle sur les RN9 et 26.

Dans la ville de Béjaïa, la grève a été partiellement suivie. Elle affichait le décor d’une cité morte. L’avenue de la Liberté, très passante habituellement, était déserte.

Mourad Bektache, Le Matin