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Ali Benflis : "Le dispositif de la fraude est en place"

 
Le dispositif de la fraude est en place », a dénoncé mardi l’ancien Premier ministre algérien et secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Ali Benflis, candidat à l’élection présidentielle du 8 avril, scrutin le plus disputé depuis l’indépendance en 1962.
mardi 6 avril 2004.

« Je fais confiance au peuple algérien pour déjouer un hold-up électoral », ajoute Ali Benflis, principal opposant au président sortant Abdelaziz Bouteflika, dans un entretien accordé à l’Associated Press. « La fraude électorale, érigée en système par le président-candidat se prépare depuis des mois », a-t-il jugé, dénonçant par ailleurs « une vassalisation » de la justice et de l’administration, pour favoriser le chef de l’Etat.

Pour le candidat du FLN (ex-parti unique), publiquement soutenu par des officiers à la retraite de la toute-puissante armée algérienne et principal rival du président sortant, « le peuple algérien n’est pas dupe et il n’acceptera pas la culture du complot ». Après avoir sillonné, en trois semaines de campagne électorale, quelque 47 wilayas (départements) sur les 48 que compte le pays, Ali Benflis se dit convaincu que « majoritairement, les Algériens le soutiennent ». Et d’assurer, se présentant une nouvelle fois comme le candidat du changement : « Je suis le futur. Bouteflika est arrivé par un train des années 70, moi, je prends le TGV ». Symboliquement reçu samedi par « son ami » le général Liamine Zeroual, président de 1995 à 1999, Ali Benflis ajoute : « l’Armée nationale populaire, qui a sauvé la République, a pris la décision de se retirer du champ politique, de laisser la politique aux politiques. « Les militaires, quelque soit leur grade, ont décidé d’être des citoyens comme les autres, c’est un pas de géant », a-t-il souligné, en se félicitant de l’abandon des opérations de vote dans les casernes, prévu par le nouveau code électoral.

Désireux de « réconcilier les citoyens algériens avec leur Etat », l’ancien Premier ministre, qui avait été révoqué par le président Bouteflika en avril 2003, dénonce « la conception autoritariste du pouvoir » du chef de l’Etat, qu’il qualifie de « vendeur de vent ». « On parle d’amélioration de l’image internationale de l’Algérie, mais les investissements n’arrivent pas, le chômage est là, les plages sont polluées, c’est ça la réalité. Le concret aujourd’hui, c’est la pauvreté, la misère, la marginalisation... » constate Ali Benflis. S’abritant derrière un programme en 100 propositions, notamment économiques (lutte contre la « bureaucratie » pour favoriser l’investissement étranger,réforme du secteur bancaire, aides à la création de PME, ouverture au tourisme international...), le candidat assure enfin « solennellement » que le règlement de la crise de Kabylie, région berbère montagneuse en rébellion larvée depuis 2001 contre le pouvoir central, sera la « priorité des priorités » de son mandat.

Contacté par l’Associated Press, l’entourage d’Abdelaziz Bouteflika ne souhaitait pas accorder d’entretien, au lendemain de la clôture officielle de la campagne électorale.

Source : AP