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Bush face au péril chiite

 
Le dernier bilan faisant état de 105 morts et plus de 500 blessés côté irakien, et 19 morts parmi les soldats de la coalition, depuis dimanche, date du déclenchement des hostilités par les chiites, montre que Moqtada Sadr, le jeune imam chiite de Bagdad, a mis le feu aux poudres en appelant à l’insurrection contre l’occupant.
mercredi 7 avril 2004.

Déclaré hors la loi par la coalition, ce dirigeant radical ne recule pas. Ses partisans passent à l’offensive dans de nombreuses villes irakiennes. Hier, c’est à Nassiriyah, située à 375 km de la capitale irakienne, que de violents accrochages ont été enregistrés entre les hommes de Moqtada Sadr et les soldats italiens. Le dernier bilan fait état de 15 morts côté irakien et 12 blessés dans le camp italien, selon l’agence de presse italienne Ansa.

Ces affrontements s’inscrivent dans le cadre du soulèvement général de la communauté chiite contre la coalition auquel a appelé Moqtada Sadr. Malgré l’appel au calme lancé par le grand ayatollah Ali Sistani, l’Irak vit depuis 48 heures au rythme des insurrections, qui ont fait 57 morts et plus de 230 blessés à Bagdad seulement, selon les chiffres fournis par les directeurs des quatre hôpitaux situés dans le quartier de Sadr-City. Durant la même période, 12 Irakiens ont été tués et 27 autres blessés à Amara au sud-est de l’Irak, dans des événements similaires, a indiqué, hier, une source hospitalière. Acculées, les forces américaines ont répliqué par de nombreuses opérations de répression, notamment dans la capitale irakienne et à Falloudjah, dans le but évident de venger les 4 civils américains lynchés par la foule dans les rues de la seconde ville la semaine précédente.

Elles cherchent également à contrôler la situation pour éviter le chaos, qui se profile à l’horizon. En effet, tous les analystes de la scène irakienne s’accordent à dire qu’avec le soulèvement chiite qui s’ajoute aux attaques et attentats quotidiens de la résistance, tous les ingrédients sont réunis pour un embrasement généralisé. Devant l’insécurité grandissante, le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés a annoncé, hier, sa décision de suspendre toutes les opérations de rapatriement par convois des réfugiés installés en Iran vers le sud de l’Irak. De son côté, le ministère iranien des Affaires étrangères a demandé à ses ressortissants de ne pas se rendre en Irak en raison “des conditions critiques et le manque de sécurité”.

En dépit de cette situation chaotique, George Bush s’accroche toujours à son discours triomphaliste en affirmant que le transfert de la souveraineté aux Irakiens se fera le 30 juin prochain, et ce, quelles que soient les circonstances. Il n’a pas hésité à menacer l’imam Moqtada Sadr, contre lequel l’administrateur civil américain de l’Irak, Paul Bremer, a délivré un mandat d’arrêt, tout en sachant que son arrestation équivaut à jeter de l’huile sur le feu du brasier irakien. En référence aux affrontements sanglants, il dira : “Plus nous nous rapprocherons de l’échéance du 30 juin, plus ils nous attaqueront.”

Bush n’a pas manqué de réagir aux attaques dont il fait l’objet concernant sa gestion du dossier irakien. Il estime que “l’Irak a été grossi sur l’écran radar des présidentielles”. Enfin, il est à noter que, selon les résultats du sondage réalisé par le Pew Research Center, 53% des Américains n’approuvent plus la politique de George Bush en Irak et 57% estiment qu’il n’a pas de “plan clair” pour régler cette crise.

K. A, Liberté