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Le Maroc et l’Égypte se disputent le marché de la torture

 
Le Maroc et l’Égypte sont soupçonnés d’avoir tolérés sur leur sols des activités illégales de la CIA accusée d’avoir pratiquée la torture sur de présumés terroristes.
samedi 21 janvier 2006.

La CIA aurait pratiqué la torture sur des suspects dans des pays comme le Maroc et l'Egypte.Le Parlement européen a installé une commission d’enquête sur “l’existence de centres de détention secrets en Europe et l’utilisation d’aéroports de l’Union pour le transport de présumés terroristes et d’éventuelles complicités de pays tiers”. Ils seront donc 46 eurodéputés à travailler durement, minutieusement et de façon à éviter les parasitages, les faux tuyaux, les pistes toutes désignées et, surtout, les informations de nature à les mener vers des labyrinthes d’où il leur sera impossible de sortir.

Le Maroc, l’Egypte, la Syrie et la Jordanie sont, en tout cas, souvent cités dans cette sale affaire. D’où la gêne des officiels par rapport à cette mission d’enquête. Pour rappel, Amnesty International a révélé lundi dernier que la CIA a affrété six avions qui ont effectué 800 vols dans et hors espace européen. Ces vols relevant d’un “droit” qui n’existe pas encore sur la planète Terre, celui de l’abus de pouvoir à l’échelle la plus élevée dans la chaîne de commandement de la puissance la plus terrifiante des temps modernes, les USA, sont identifiés par les polices européennes et par les principales organisations de défense des droits de l’homme.

Les aéronefs de l’enlèvement et de la torture sont un Boeing 733- Jet qui a effectué six vols avec 32 sièges, un Gulfstream V a servi à “transférer” Ahmed Agiza de Suède vers l’Egypte ; un Gulfstream III a “proposé” le voyage pour le Syro-Canadien Maher Ararde des Etats- Unis vers la Syrie où il a été détenu et torturé pendant 13 mois. Un Gulfstream IV a “promené” Abou Omar d’Allemagne jusqu’à la lointaine Egypte après avoir été kidnappé en Italie. Dans les plans de vol de ce Gulfstream IV figurent Dubaï, la Jordanie, l’Italie, le Japon, la Suisse, l’Azerbaïdjan et, surtout, le Maroc. Ici, le récit par lequel la machine répressive et d’un autre âge marocaine a “livré” du terroriste à la CIA.

Début décembre 2005, les preuves américaines contre José Padilla, accusé d’avoir voulu actionner une bombe radioactive à Washington, semblaient indiscutables, infaillibles. Le malheureux Padilla risquait, tout simplement, la peine de mort. Pourtant, quelques semaines plus tard, et grâce à Amnesty International, l’opinion publique européenne est retournée, complètement abasourdie. Les Américains n’avaient aucune preuve contre José Padilla. Seuls des aveux arrachés sous la torture au Maroc auquel a été confié Padilla figurent dans ce dossier.

Les exactions, les mensonges, les contrevérités et les atteintes corporelles commises par le Makhzen sur le corps de José Padilla ont obligé, sous la pression des médias, dont certains Américains, à ne plus accuser José Padilla de crime de “combattant ennemi”. Aujourd’hui, il est détenu mais sans aucune accusation contre lui. Quelque temps après, Dick Marty, sénateur suisse, en charge des investigations sur les sites dits noirs (lieux de détention secrets en Europe et gérés par la CIA), révèle que la plupart des prisonniers avaient été soit transférés, soit transités par le Maroc.

D’où le désarroi des “soutiens européens” du Maroc. Cependant, ces affaires ne sont pas de nature à être classées ou mises aux oubliettes. Les tensions à l’intérieur du Makhzen et la lutte féroce que se livrent autour de Mohammed VI pro-Français et pro- Américains, ont permis, sans doute, à Ali El Himma et Ahmed Harrari, deux “étoiles montantes” de l’appareil répressif marocain, d’accepter que le Maroc fasse la sale besogne que l’Administration Bush juge utile.

Synthèse de Rayane
D’après Le Soir d’Algérie