ACCUEIL     RENCONTRES     DONATION     FORUM

En Algérie, l’école produit du chômage

 
Le chômage des jeunes en Algérie trouve l’une de ses causes à l’école, dont les programmes et les formations sont jugés inadaptés au marché algérien du travail.
vendredi 27 janvier 2006.

Une part importante du chômage en Algérie trouve sa solution dans un meilleur rendement de l'école.La population la plus touchée par le chômage, en Algérie, est celle des jeunes. 75% des jeunes âgés entre 16 et 29 ans sont au chômage, soit 3 jeunes sur 4 ! Le chômage touche 62% de ceux âgés entre 16 et 24 ans et 49% de ceux âgés entre 16 et 19 ans (1 jeune sur 2 !). Or les jeunes de la classe d’âge 16-24 ans sont censés être au lycée ou à l’université.

Dans notre pays, ils sont sur le marché du travail et gonflent considérablement les chiffres du chômage. L’une des principales sources du chômage (l’origine de la fuite d’eau dans notre exemple) est donc en Algérie, l’école (et l’université). Les déperditions scolaires sont considérables : 500.000 exclus du système scolaire chaque année. En 2001, près de 2 millions de jeunes, âgés entre 6 et 18 ans, n’étaient pas insérés dans le système scolaire, si l’on en croit les chiffres repris par le Conseil national économique et social dans sa session de juillet 2005. 75% des jeunes âgés de 18 ans se trouvent en dehors du système scolaire.

Le rendement interne de notre système éducatif est tout simplement catastrophique et ne cesse de régresser ! Le taux de réussite au bac était de 43% en 1963, 59% en 1969. Il atteint aujourd’hui difficilement et lors des meilleures moissons 30%. Ainsi, chaque année l’école algérienne « libère » des colonnes de jeunes en échec scolaire qui viennent « encombrer » le marché du travail et envoient à l’économie, des demandeurs d’emploi sans qualification que celle-ci est bien évidemment incapable d’absorber.

Au plan qualitatif, on sait que la formation dispensée à nos jeunes par notre système scolaire et universitaire n’est pas qualifiable. Notre école délivre des diplômes mais pas des qualifications. Elle fonctionne dans un système d’offre et non pas de demande et bien évidemment nos entreprises et nos administrations ne trouvent pas sur le marché du travail, les ouvriers, ni les employés qualifiés dont elles ont besoin. En Algérie, l’école est sans connexion avec l’économie. C’est une machine qui fonctionne pour elle-même. De son côté, le système de la formation professionnelle est totalement inefficient du point de vue du marché de l’emploi.

Le gouvernement doit rapidement lancer une réflexion nationale sur le rôle de l’école en Algérie et des moyens à mettre en place pour réduire l’échec scolaire et le chômage des jeunes.

Synthèse de Souad
D’après le Quotidien d’Oran