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Evènements de Sfax : « Nous allons internationaliser l’affaire »

Comité national pour la vérité sur les évènements de Sfax
 
Le comité national pour la vérité sur les évènements de Sfax, né le 25 février dernier, revient à la charge et demande que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Et pour cause, un mois après les incidents survenus à Sfax en marge de la coupe d’Afrique des nations à l’issue du match Algérie-Maroc, aucun élément nouveau n’est venu apporter des clarifications sur ce dossier.
dimanche 7 mars 2004.

Aussi aucune réaction réconfortante n’a-t-elle émané des dirigeants algériens. Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a juste qualifié d’irresponsables les agissements de la police tunisienne alors que les parents des victimes de ces tragiques évènements attendaient beaucoup plus.

Devant ce mutisme, le comité national, créé à l’initiative de Smaïl Lalmas, a décidé de prendre les choses en main en entamant certaines démarches. Dans un premier temps, le comité a mis en place un collectif d’avocats en vue de constituer un dossier juridique, avant de passer dans une seconde étape « à l’internationalisation de l’affaire », pour reprendre l’expression de M. Lalmas. « Nous avons déjà contacté un avocat français », a confié M. Lalmas en rappelant que de nombreux jeunes Algériens partis suivre l’aventure africaine de l’équipe nationale ne sont pas encore revenus de Tunisie, selon les témoignages des animateurs du comité.

A en croire ces derniers, les chiffres (1 521 blessés et 1 226 voitures endommagées) révélés par le ministre algérien de la Jeunesse et des Sports, Boudjemâa Haïchour, ne concordent pas avec la réalité. « Ils sont loin de refléter la vérité », note M. Lalmas dans un communiqué adressé à notre rédaction hier. « Nous sommes submergés par les appels téléphoniques émanant de différentes régions. Le nombre de blessés serait plus important. Il y a même une quatrième victime originaire de Souk Ahras. Il s’agit de Sofiane Amamra âgé de 25 ans, alors que son jeune frère de 21 ans est rentré au pays sur une chaise roulante », a-t-il avancé. Et de fustiger dans sa déclaration les dirigeants algériens qui, selon lui, « dans le souci de ne pas choquer le président Ben Ali, ont tenu à minimiser l’affaire par des déclarations irresponsables ».

Devant cette situation, le comité exige le nombre exact des Algériens qui sont encore en Tunisie et la libération immédiate de tous ceux qui sont encore en prison. L’autre doléance consiste à bouder la Tunisie durant les vacances d’été. Le comité demande en effet aux Algériens de boycotter la destination tunisienne pendant les périodes de congé jusqu’à ce que les revendications soient prises en considération. Même les consommateurs sont appelés à se détourner des produits tunisiens ou ceux fabriqués sous licence tunisienne, recommande le Comité national pour la vérité sur les évènements de Sfax.

Samira Imadalou, Le Matin