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Belaïd Abrika appelle au calme

 
« Le calme, le calme, le calme, la vigilance et résistance. » L’appel est lancé par Belaïd Abrika, tête de pont du mouvement citoyen, à l’adresse des animateurs de la contestation de Kabylie et aux citoyens venus nombreux, hier, se recueillir devant la dépouille mortelle de Hakim Allouache, à la morgue de l’hôpital universitaire de Tizi Ouzou.
jeudi 8 avril 2004.

Hakim, âgé de 24 ans, est le frère de Rachid Allouache, une autre figure emblématique du mouvement des aârouch. Il est mort asphyxié dans son magasin dans la matinée à Fréha, 30 km à l’est de la ville de Tizi Ouzou. Ses proches parlent d’un incendie criminel.

L’annonce de la nouvelle a jeté l’émoi parmi la population de cette partie du pays qui parle « d’un assassinat politique qui vise à engager la région dans une nouvelle spirale de violence à la veille de la tenue de l’élection présidentielle ». A qui profite le crime ? Face aux accusations des uns qui affirment que « ce sont les nervis du RCD qui sont à l’origine de ce meurtre » et aux conclusions des autres qui indiquent que « ce sont les partisans de Bouteflika qui veulent enflammer la région pour empêcher le vote sanction de la Kabylie », Belaïd Abrika exhorte les présents « à ne pas tomber dans le piège et à garder l’esprit serein pour voir mieux ». En intervenant de la sorte, Abrika met ainsi un terme aux spéculations et aux tentatives de manipulation « établissant un raccourci facile pour désigner les responsables du crime ».

« Le mouvement citoyen, implanté dans la région, n’a pas besoin de verser dans de telles pratiques pour se faire valoir, mais une chose est sûre : les auteurs des invectives et des appels au meurtre lancés durant les meetings électoraux à notre encontre doivent répondre de leurs actes », s’indigne-t-il. Le reproche est même formulé par Rachid Allouache qui fait état « de menaces de mort proférées contre lui, il y a quelques jours, par des personnes hostiles aux mots d’ordre de boycott de l’élection présidentielle » qu’il a tenu lui et ses proches à en faire la promotion dans sa localité. A la veille du rendez-vous électoral, plusieurs dépassements ont été signalés dans la ville des Genêts : usage de coups de feu des partisans de Bouteflika durant la nuit contre les supporters de Benflis, agressions à l’arme blanche des colleurs d’affiches du RCD et du mouvement citoyen. Des citoyens parlent aussi « d’une volonté des élus du FFS de ne pas remettre les urnes aux responsables de centres de vote ». Certains accusent même le parti d’Aït Ahmed d’avoir fomenté l’opération de destruction des bulletins de vote dans la circonscription de Timizart. Il est 17 h lorsque le cortège funèbre quitte l’hôpital de Tizi Ouzou pour improviser une marche silencieuse. La procession se dirige au centre-ville pour exposer le cercueil de la victime devant le siège de la Fédération des fils de chouhada pour observer une minute de silence.

Avant cela, les présents exigent des préposés à la sécurité de l’enceinte d’arracher le portrait de Bouteflika. L’hommage rendu à la victime, la foule quitte dans le silence les lieux pour se diriger vers la localité de Fréha.

Nadine Benseba, Le Matin