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“L’élection algérienne conforme aux normes européennes”

 
À peine les résultats officiels de l’élection présidentielle annoncés par le ministre de l’Intérieur que les premières réactions internationales fusaient pour donner une estimation du scrutin du 8 avril qui a vu le président sortant, Abdelaziz Bouteflika, reconduit avec 83,49% des suffrages. “Cette élection s’est déroulée selon des standards européens”, a affirmé, hier, Anne-Marie Lizin, sénatrice belge.
samedi 10 avril 2004.

Cette dernière qui a sillonné des bureaux de vote à Alger, notamment à Bab El-Oued a déclaré tout de go : “Pour nous, c’est clair. Ce que nous avons vu lors de cette élection correspond, au niveau des procédures, aux standards européens.”

Membre du groupe de quelque 120 observateurs internationaux venus surveiller l’élection, Mme Lizin a estimé que “le taux réalisé par M. Bouteflika est très lourd mais je suis obligée de constater qu’il reflète totalement, pour Bab El-Oued le dépouillement que nous avons constaté”, affirmant que “parler de fraude importante et significative n’est pas crédible”. Mme Lizin, déjà présente en Algérie lors d’autres scrutins nationaux, a indiqué qu’elle avait constaté “d’énormes progrès en quelques années” en Algérie.

Pour sa part, le chef de la délégation des observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Bruce George, a indiqué que la procédure électorale durant le scrutin présidentiel du 8 avril a été “positive”.

Dans une déclaration au Centre international de presse, Bruce George a affirmé que “la procédure électorale a été à un niveau de standard que nous considérons parfait et qu’au niveau des bureaux de vote, chacun connaissait le rôle qui lui a été dévolu. Aucun élément critique ne nous a été formulé durant la visite de la délégation à travers 125 bureaux de vote qui ont été choisis au hasard et en toute liberté. Aussi, nous avons constaté une parfaite adéquation de la procédure et son grand niveau de qualité”. Établissant un tableau comparatif, il dira : “Nous pensons qu’entre les élections des années 1995, 1999 et 2004, il y a eu un progrès réel et une amélioration de la fonction démocratique en Algérie, par rapport à ce que nous avons vu dans d’autres pays”. Avouant l’amélioration de “la fonction démocratique”, Bruce George a précisé que la délégation d’observateurs qu’il conduit n’a pas à formuler de commentaire sur l’issue du scrutin. La mission de la délégation est strictement limitée à observer la procédure électorale.

Par ailleurs, le président français Jacques Chirac a adressé ses félicitations à Bouteflika, qui vient d’être réélu, en l’assurant que “la France se tient à ses côtés sur la voie des réformes”. Aux yeux de l’Élysée, le scrutin du 8 avril et la campagne qui l’a précédé ont permis au peuple algérien “de démontrer sa volonté d’aller de l’avant sur le chemin du pluralisme démocratique et de la modernisation économique et sociale”.

Jacques Chirac qui se réjouit de la réélection de Bouteflika pour un second quinquennat indiquera, en outre, que “dans cette entreprise, la France se tient à vos côtés. Soyez convaincu de ma détermination et de celle du gouvernement français à accompagner les réformes conduites sous votre autorité par une coopération approfondie dans tous les domaines”. Troisième réaction immédiate, celle du roi du Maroc Mohammed VI.

Ce dernier, qui a adressé un message de félicitations à Bouteflika, pour avoir brigué un second mandat, a qualifié le président algérien “de grand homme d’État”. Pour le royaume chérifien, “le choix porté sur M. Bouteflika par le peuple algérien est l’expression du renouvellement de sa confiance en lui en tant que grand homme d’État et de sa considération pour les acquis importants obtenus lors du premier mandat du président algérien”.

À l’instar de l’Élysée, le souverain marocain souligne sa ferme détermination à œuvrer de concert avec Bouteflika pour le renforcement des relations entre les deux pays et sur tous les plans.

F. B, Liberté