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Journée à la permanence de Bouteflika : Le triomphe

 
Jusque tard dans la soirée, la cellule d’information et de communication de la permanence électorale du candidat Abdelaziz Bouteflika, installée à Hydra, n’a pas désempli.
samedi 10 avril 2004.

Une ambiance bon enfant et une grande animation y ont régné. Des militants anonymes et des figures connues, à l’image de Abdelkader Hadjar, Abdelkader Messahel, Abdelmadjid Sidi Saïd, Zahia Benarous... n’ont pas cessé d’y défiler. À l’optimisme mesuré de la journée, a succédé un sentiment de triomphe, quelque peu contenu, après la fermeture des bureaux de vote. Dans toutes les bouches, ce verdict : Bouteflika l’emportera ! Euphoriques, la mine réjouie, ses partisans savourent, sans grand bruit, il faut le dire, sa “victoire” par anticipation puisqu’elle n’est pas encore officielle. Il est vrai que tout au long de la journée, ils ont affiché sérénité et confiance. Ils étaient presque sûrs qu’il surclassera tous ses adversaires. À 15 heures déjà, le coordinateur de la cellule, M. Abdeslam Bouchouareb a eu sa petite idée sur l’issue de l’élection. Il nous a indiqué que “selon des sondages faits à l’extérieur auprès des électeurs, et avec la vérification des bulletins jetés dans les poubelles, la grande tendance est à la victoire de notre candidat”.

M. Bouchouareb s’est montré, lui aussi, très satisfait des taux de participation enregistrés à 9 heures (18,44%) et 13 heures (33,35%), comparés à ceux de 1995. Abondant dans le même sens, M. Kheladi, chargé des relations avec la presse, a estimé que “l’enjeu principal est le taux de participation”. À un moment donné, M. Bouchouareb nous donne une information : à Batna, Benflis est classé troisième. On a aussi appris aux journalistes qu’à Bir-Meqadem (Tébessa), dans un bureau de 1 200 inscrits, le vote s’est achevé dès... 17 heures. Les inscrits ont tous accordé leur voix à Bouteflika. Au siège de la permanence électorale de Abdelaziz Bouteflika (à quelques centaines de mètres de la cellule), l’affluence est moins grande. Abdelmalek Sellal, directeur de campagne, recevant continuellement des invités, n’a plus de temps à consacrer aux journalistes. Dans une cour à l’intérieur, les chanteurs Mohamed Lamari et Cheb Toufik, le comédien Hamid Achouri et d’autres personnes ont pris place. En artiste et non en politique, l’inénarrable Hamid dira de Boutef qu’il est “l’homme de l’espoir”. Le bruyant Lamari téléphone à son ami Saïd Barkat pour le rassurer que tout marche bien à Alger. Il est 20 heures passées. C’est l’heure du dépouillement.

À l’école primaire Mohamed-Kaddour, sise à quelques mètres de la cellule de communication de la permanence de Bouteflika, des agents triaient les bulletins de vote. C’est ici qu’Ali Benflis a accompli son devoir électoral. À la fin du dépouillement, Bouteflika l’a largement emporté. Dans le siège de la cellule, des informations donnant Bouteflika gagnant tombent de toutes parts. Idir Benyounès, directeur de publication de la Dépêche de Kabylie s’amène pour annoncer la nouvelle. En Kabylie, Bouteflika est en tête dans 7 daïras sur 8. Pour sa part, M. Bouchouareb a bien voulu nous faire un topo. “Nous notons un fort taux de participation de 60% à 70%. Dans 40% des wilayas, notre candidat a largement devancé ses concurrents. Même tendance en France, en Belgique. C’est là la traduction concrète de la grande affluence des citoyens aux meetings de notre candidat lors de la campagne électorale”. Aux environs de 22 heures, le patron de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, fait irruption.

Souriant, il s’est rendu directement en direction des journalistes. Commentant les résultats, il a indiqué : “Le peuple a choisi ; son verdict doit être accepté par les uns et les autres.” Et d’ajouter : “L’élection de Bouteflika a montré que notre choix était judicieux. Les travailleurs ont suivi les consignes données par la direction de l’UGTA, contrairement à ce qui s’était dit çà et là. Ce qui veut dire que nous sommes toujours forts. C’est une belle victoire.” Pour lui, cette élection présidentielle “est celle du développement et de la remise sur les rails de la démocratie, celle de la consolidation de la paix et de la stabilité”.

Une heure plus tard, aux environs de 23 heures, c’est au tour de Abdelmalek Sellal de faire son entrée au siège de la cellule et de rejoindre le “barbu” (Sidi Saïd). Très décontracté, il a affirmé que “les premiers résultats que nous avons donnent notre candidat largement devant”. Comment explique-t-il cette victoire ? “Notre candidat a déjà fait ses preuves lors de son premier mandat. Durant la campagne, il a choisi un slogan simple : l’Algérie de la fierté et de la dignité. Les Algériens ont choisi la continuité pour éviter de nouvelles périodes de transition. Nous ne sommes jamais allés dans les caniveaux. Notre candidat a mené une bonne, forte et nette campagne. Malheureusement, certains adversaires n’ont pas été corrects en versant dans l’invective.” Interpellés sur les critiques acerbes de Bouteflika contre la presse indépendante, Sellal a rassuré qu’“il n’a rien contre la presse. Mais le moment est venu pour qu’on se respecte mutuellement”.

Pour ce qui est du soutien de certaines figures de proue de l’ex-FIS et de l’AIS, Sellal a indiqué qu’“il n’y a aucun engagement avec ces gens-là. Ils ont fait confiance à la politique de réconciliation nationale”. Explicitant le concept de réconciliation nationale, il a indiqué qu’il s’agit de “réconcilier l’Algérie avec elle-même, la minijupe avec le tchador”.

Aux alentours de minuit, on parle de l’arrivée de Bouteflika au siège de la cellule. On s’affaire à nettoyer les lieux. Finalement, il n’est pas venu. Ses partisans sont toujours aux nues. Une dame d’un certain âge, travaillant dans la cellule de communication, s’est dite - quoiqu’elle s’y attendait - franchement surprise par une victoire aussi éclatante.

A. C., Liberté